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Musée Mécanique: modernistes

Hold This Ghost

Label: Souterrain Transmissions


FOLK Le fantôme du musée, nous l’avons trouvé ! Dans son intimité, dans un folk
américain classique, il se présente à nous par l’intermédiaire de deux
jeunes auteurs compositeurs interprètes californiens. Un univers enchanteur,
doux, rêveur, nostalgique, mais avant tout musical.

Un vague fantôme des Tableaux d’une exposition de Moussorgski plane ici. Le
compositeur russe, décrit musicalement par le thème de la Promenade,
imaginait musicalement chaque tableau. Le procédé est différent ici et
devient même plus subtil. Si on dit de Moussorgski qu’il a fortement
influencé les musiciens impressionnistes comme Debussy ou Ravel, on est bien
d’avantage dans l’impressionnisme ici. Des impressions par un style musical,
une instrumentation. Un coté nostalgique et rétro sera présenté par exemple
par des sonorités de synthétiseurs très typées des années 70 comme le
Moog. Il n’y a pas d’histoire, de promeneur qui se ballade faisant la
transition entre chaque œuvre. Un peu comme un fantôme… et l’impression de
le distinguer ici et la sans qu’il s’affirme ! Les images restent floues,
laissant place à l’imagination. A l’impression…

Chasse aux fantômes

Parler de revenants est quand même justifié pour ce disque, assez rétro, dont
l’accent folk ne sera pas renié par Bob Dylan ou Simon & Garfunkel. En
même temps, l’objectif du disque est atteint : les machines du musée
mécaniques sont « des hybrides entre la modernité et l’humanité » pour
reprendre la présentation du producteur. En effet, malgré la sonorité folk,
les claviers rétros, les accompagnements assez classique, il s’agit bien
d’un disque des années 2000, avec une sonorité, une manière de chanter,
d’arranger, qui est bien de notre époque. On est bien loin d’un disque de
Bob Dylan par les arrangements « orchestraux » ou vocaux par exemple, tout en
reprenant sa manière de s’accompagner à la guitare. Et pour l’humanité,
c’est tout simplement par les sentiments qu’expriment les compositions et
leurs interprètes.

Si ce disque nous fait entrer dans un univers, celui d’un musée mécanique,
soulignons qu’il n’y a aucun figuralisme (mis en musique d’une manière
descriptive d’un élément non musical). Pas un aspect mécanique de la
musique par exemple. Au contraire, l’aspect harmonique est très subtil, la
pulsation peu marquée (peu de percussions). D’où parfois un aspect un peu
lassant si on n’entre pas dans leur univers. Les titres restent plutôt
calmes. On est à l’inverse d’un disque de métal, qui cherche à être le
plus mouvementé possible. Ici, c’est même parfois trop calme. Une petite
brise serait bienvenue. Les mécaniques devraient créer de l’animation, le
fantôme devrait bouger. Non, c’est comme si l’on visitait ce musée en
photographie…
La chasse aux fantômes est lancée. On l’attire avec des choses plus
anciennes, de son époque. On l’attrape avec une sonorité plus moderne. Par
un disque folk assez classique dans la forme, des sonorités rétros tout en
les utilisant d’une manière parfois plus « moderne » dans la sonorité, le
Musée Mécanique est intéressant à visiter.


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