mercredi , 26 septembre 2018
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Wye Oak

The Knot

Merge Records – Munich


Tiens tiens. Encore une petite perle folk-pop pour cette année 2009 avec la sortie du deuxième album de Wye Oak, intitulé THE KNOT.

 

L’an passé, le duo de Baltimore avait sorti son premier LP, IF CHILDREN, qu’on plaçait aux côtés des influents – à raison – Yo La Tengo. Pas mal pour le premier essai d’un groupe au nom d’un chêne, emblème de l’Etat du Maryland… A l’origine, une quête désespérée de musiciens pour renforcer le groupe, et puis, finalement, on se contente de ce que l’on a. Et ça leur va très bien : « en terme d’enregistrement, être un duo n’est pas vraiment limitant car en studio tout est possible » explique simplement Andy Stack, le batteur. Le résultat est lui aussi satisfaisant, tant les pistes explorées sont multiples. Une sorte de longue route à parcourir des centaines de fois, avec un thème différent à chaque fois. A ce propos, on apprécie par exemple “That I Do”, en mode lévitation avec 2-3 excellents plans de guitare joués sobrement et quelques échos vocaux.

 

L’approche est souvent folk, mais la rugosité blues n’est jamais loin, ceci même quand les violons s’en mêlent (le superbe “Sight, Flight” ou encore “I Want For Nothing”). La mort rôde, le danger du précipice persiste. On n’est pas vraiment dans les naiseries de leurs compatriotes Band Of Horses, pour résumer le truc. “Tatoo” part lui à toute allure, supporté au chant par Andy pour former une chorale intime du plus bel effet où tout va crescendo à faire s’envoler un semi-remorque. Il y aussi de superbes pop songs ténébreuses, comme ce “Mary Is Mary” intemporel. On a les Etats-Unis devant les yeux pour le coup, en mode panoramique. De même, “For A Prayer” convaincra les plus réticents, où la voix de Jenn Wasner bouleverse avant de trancher tout sentimentalisme par des riffs brutaux de guitare, à se demander si une fille est vraiment capable de tant de hargne. Pour le coup, le batteur Andy sait se faire discret, se contentant d’accompagner la vive demoiselle.

 

 

La rugosité blues n’est jamais loin

 

 

“Take It In” part en mid-tempo avant de relâcher quelques piques de guitare assassine. Cela dit, on n’y voit pas forcément le bout du chemin, le propos restant ici plus convenu, les répétitions parties atmosphériques violées par des brusques riffs commençant à lasser. Ou quand le crescendo ne prend pas… Pas grave, “Siamese” renoue avec un format plus convenu, où orgue, violons et guitare aigrelette se côtoient tout en laissant libre interprétation vocale à Jenn. “Talking About Money” tient aussi bien la comparaison avec le titre précédent, même si l’instrumentation est ici plus légère.

 

 

 

 

Ici donc, pas de prétentions à atteindre des sommets, Wye Oak fait très bien son travail dans une ambiance mélancolique et contemplative. Un fok-pop maîtrisé, ancré dans une certaine tradition américaine. Du pur indie US, pour résumer la chose : sans surprise, mais toujours avec cette patte experte qui rend la chose intéressante. Pour info, le groupe est en tournée mondiale actuellement, ouvrant pour The Dodos, Blitzen Trapper (chronique), les géniaux Okkervil River (chronique), The Walkmen (chronique) ou encore Herman Düne, qu’on ne présente plus. Que des gens de bons goûts donc. En attendant de les apercevoir sur scène, on refile écouter le splendide titre “Siamese”…


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