mercredi , 21 novembre 2018
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Within Temptation

Let Us Burn

Label: BMG

DVD - En 2012, Within Temptation avait décidé de fêter ses 15 ans de carrière lors d'un concert au Sportpaleis d'Anvers qui était censé être LE concert de sa carrière. Le groupe avait fait une promo d'enfer avec teasers, annonçant la présence d'un orchestre, d'un choeur, de nombreux guests, d'effets et autres surprises. Mais surtout, logiquement pour un si grand événement, la sortie d'un DVD.

Le concert passe et les fans qui n'ont pu s'y rendre n'en peuvent déjà plus d'attendre les images. Puis on apprend que finalement il n'y en aura pas, alors que la soirée a bel et bien été filmée. L'incompréhension totale. Le groupe ne donne pas d'explication officielle et reste très vague à ce sujet, déclarant une fois qu'il n'était pas vraiment question de sortir un DVD, ou une autre fois que le résultat n'était pas assez satisfaisant. Mouais…

Deux ans après, les fans avaient donc fini par accepter que ce foutu DVD ne sortirait pas et c'étaient même liés sur YouTube pour créer leur propre concert avec les vidéos amateurs du public. Puis, il y a quelques semaines, Within Temptation annonce comme une biche unijambiste sur une route verglacée la sortie de "Let Us Burn" comprenant une partie de "Elements", et "Hydra", un concert plus récent enregistré à Amsterdam. What the heck?! Bon, on le prend volontiers, mais le regarde avec à la fois de l'enthousiasme et une petite inquiétude en se demandant quand même ce qui a bien pu se passer dans leurs têtes.

Etrange ce concert. Une entrée spectaculaire avec Sharon qui débarque sur scène dans une espèce de boîte de pandore immense – enfin, censée débarquer : on la voit monter sur scène et entrer furtivement dans la boîte lorsque celle-ci se trouve déjà en place (merci au monteur pour ce manque de professionnalisme). Un orchestre moins performant que celui de "Black Symphony". Des effets mal utilisés (sur le refrain de "Stand My Ground" c'est juste n'importe quoi). Une réalisation et un montage bâclés : la fin de "Mother Earth" est marquée par un effet pyrotechnique que l'on aurait aimé voir de face et non de biais ; certains éclats n'apparaissent même pas à l'écran alors qu'on les entend, comme à la toute fin du concert. Sharon est muette entre les chansons pour une raison que l'on ignore : les titres s'enchaînent sans un seul mot, alors qu'on lui connait une sympathie naturelle. Entre "Iron" et "In The Middle Of The Night" elle aurait par exemple eu le temps de prendre la parole au lieu d'attendre que la musique reprenne.

Il faut quand même que je parle de Robert. En 2011, le groupe avait annoncé que Robert se retirait du groupe lors de performances lives pour des raisons d'éducation, laissant ainsi la place à Stefan Helleblad. Etant donné que Sharon est indispensable à une tournée, c'est Robert qui reste à la maison pour changer les couches des enfants. Mais pour un événement tel que les 15 ans du groupe, il était obligé d'être présent. Résultat ? Trois guitares sur scène. Intérêt ? Aucun. Notez également son entrée tout en finesse : il débarque comme une star en plein milieu de "In The Middle Of The Night". Un peu too much.

De manière générale, il y a une mauvaise utilisation de l'espace. D'accord la scène est grande, mais Sharon coure dans les tous sens rendant le jeu de scène assez chaotique. La proximité avec le public se fait difficile. Pour moi une chanson essentielle manque à la setlist : "Shot In The Dark". Je ne comprends pas pourquoi elle n'y figure pas. D'autant plus qu'il s'agit d'un single de "The Unforgiving", dernier album en date à ce moment-là. Mention spéciale pour "The Last Dance" avec ces percussionnistes aux allures tribales. L'ambiance du morceau est très réussie. On peut tout de même s'interroger sur l'utilisation du playback sur le refrain, alors que Sharon chante déjà la voix principale. Cela casse tout le charme de la chanson qui est pourtant magnifique. "Candles", c'est la chanson de trop. Ces envolées lyriques qui n'en finissent plus et le grunt de George Oosthoek, ils nous l'ont fait une fois avec "The Other Half Of Me", ça ne passe pas une seconde fois. La piste à avancer lors de l'écoute de l'album.

Finalement, des guests il n'y en a pas eu tant que ça. Notons la présence de Martijn Westerholt, le frère à Robert, et d'un guitariste inconnu sur "Candles". Ça ce sont des guests, dis-donc ! Désolé de le dire, mais ils ne servent absolument à rien – surtout que l'autre Martijn est déjà au piano. S'ils avaient eu un solo à un moment de la chanson, d'accord, mais là, on n'entend même pas ce qu'ils jouent. Remarquez aussi lors du salut final une chanteuse qui n'est apparue sur aucune chanson du concert – elle avait en fait chanté sur "Our Farewell" qui a été coupée. Sympa.

Parmi les « surprises » se trouvent des danseuses aguicheuses agitant leurs corps de bombasses sur "Sinéad", et les échasses, qui apparaissent cette fois-ci sur "The Last Dance". Pour "Angels", Sharon revêt des ailes d'anges blanches gigantesques. Elles font penser à la performance de je ne sais plus quel pays lors de l'Eurovision il y a quelques années, où les chanteurs avaient activé des ailes de papillons dans leur dos à un moment de la chanson. Un brin ridicule.

Certains choix sont vraiment étranges. Les tenues de Sharon sont particulières – pour ne pas dire affligeantes. Elle apparait d'abord en robe noire satinée, une espèce de robe de chambre marquant des arceaux. Puis lorsqu'elle enlève cette couche, elle réincarne une Wonder Woman métalleuse avec cette espèce de diadème de super-héros doré qui en plus n'est même pas droit ! La petite culotte noire sous les arceaux surprend, mais les bottes couleur or sauvent la tenue. Elle se vêt ensuite d'une robe bleue en parfait non-rapport avec la soirée. La robe pailletée style disco passe plutôt bien sur "Sinéad". Puis la robe blanche de "Mother Earth" refait sont apparition un court instant. Enfin, la dernière tenue est la plus plaisante. Autrement, c'est plutôt de mauvais goût.

Beaucoup de points négatifs, donc. Mais il reste tout de même une chose qu'on ne peut leur enlever : c'est la voix de Sharon qui est juste du début à la fin, et précise malgré sa course constante. Seules quelques notes non tenues seraient à lui reprocher. Mais Sharon est une Wonder Woman qui assure. Pour finir sur une note amère : je n'ai rien compris au petit film du début, avec cet homme-robot qui se fait injecter je ne sais quelle substance dans le coeur. Lien avec "The Unforgiving" ? Je n'en vois pas. "Elements" reste flou, en tout point. Reste à espérer que "Hydra" sauve le DVD.

 

Et il le sauve effectivement ! Ce concert enregistré cette année à Amsterdam et qui clôt la tournée européenne de "Hydra" est bien meilleur que "Elements", bien que le groupe ne soit pas accompagné par un orchestre. Sharon semble peut-être moins à l'aise dans son chant, en raison des notes assez basses des plus récentes chansons. Le tout est relativement bien filmé et monté, hormis sur "Faster" où Sharon se trouve à un moment au milieu de la scène puis l'instant d'après téléportée sur le côté (le concert a été filmé sur deux soirs). Il y a également quelques beaux ralentis. Et les nouveaux morceaux passent vraiment bien en live ; du coup les anciens font un peu tâche à côté ("Stand My Ground", "Mother Earth"). Les versions acoustiques de "Whole World Is Watching" et "Sinéad" donnent un avant-goût de ce que pourrait être le prochain "Theater Tour" au printemps 2015.

J'ai peut-être été dur pour "Elements", mais je pense que l'événement les a un peu dépassés. Malgré les incompréhensions concernant ce concert, il faut quand même reconnaître que rares sont les groupes de métal qui offrent de tels shows !

 


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