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We Have Band

Interview

Irascible


Certaines personnes, plus sages que d’autres, prennent la précaution de faire les choses en avance. C’est le cas avec le groupe anglais We Have Band qui nous livre en exclusivité avant le Montreux Jazz leurs impressions sur leur entrée remarquée sur la scène londonienne. Pour rappel, le trio joura en compagnie de Bloc Party et Sébastien Schuller le mercredi 8 juillet sur la scène du Miles Davis.

 

Lords of Rock: We Have Band. Un drôle de nom pour un groupe qui préfère faire parler la musique que se caractériser par un patronyme marquant. We Have Band : une métaphore ou bien ?
Darren Bancroft (Vocals/Drums/Percussion/Sampler): C’est un peu étrange pour nous cette attention portée à notre nom. Dede est venue instantanément avec ce nom au tout début. On n’avait même pas encore joué ensemble une seule note mais on le nom nous a paru parfait par sa simplicité. On n’a donc jamais considéré un autre nom. En fait la grammaire n’est pas correcte, ce qui donne ce côté un peu étrange mais pour nous c’est juste un état de fait. We Have Band. C’est de plus un joli sentiment de lumière et d’obscurité. Comme un jeune garçon qui le dirait avec innocence et sans peur d’une quelconque erreur de grammaire. Mais c’est aussi quelque peu primitif ou tribal. Tu peux imaginer une tribu en colère chanter ! On est donc surpris que personne n’y aie pensé avant nous pour être honnête. Il faut avouer qu’on est content que ce nom soit accrocheur. C’est chouette que les gens s’en souviennent. Un nom accrocheur n’aidera pas le public à aimer votre musique, mais si c’est le cas pour certains, tant mieux, et ils nous retrouveront plus facilement. Et, en fait, on a besoin de cela de par la nature de ce que l’on fait. Notre label n’a pas de plan marketing pour nous aider ou pour imprimer notre nom dans votre cerveau !

Vous venez de Londres, mais on n’en sait pas vraiment plus. Parlez de vous un petit peu…
Thomas et Dede sont marriés et nous avions l’habitude de travailler déjà bien avant. Dede est de Manchester, mais nous vivons tous à Londres maintenant.

Votre musique peut paraître dérivée de LCD Soundsystem. Pourtant, comme James Murphy, vous brouillez les pistes pour en faire quelque chose d’intéressant. Quelles sont donc vos influences ?
Yeah, nous aimons une tonne de choses et écoutons une grande diversité de choses qui nous excitent et rentrent dans nos compositions. Bien sûr que nous aimons LCD Soundsystem, les Rapture et !!! dont nous pensons être les plus proches. Mais nous aimons tout autant  Doves, Radiohead, Elbow, Portishead, Of Montreal, Sufjan Stevens, Bjork, Animal Collective, Grizzly Bear, Final Fantasy, Dirty Projectors. Des choses plus anciennes comme ESG, A Certain Ratio, Les Rita Mitsouko, Kate Bush, Tom Tom Club. Nous aimons aussi la première période de Michael Jackson, l’ère OFF THE WALL / THRILLER. Les choses qu’il a faites avec Quincy Jones est incroyable. C’est devenu tellement familier maintenant, bien sûr, avec tout ce succès, mais si vous écoutez attentivement cette musique, ça te retourne l’esprit.

Le NME a dit de votre single “Oh“ qu’il mixe tous les aspects les plus « adorables » d’Hot Chip et du New Young Pony Club. N’est-ce pas un peu réducteur ? Comment réagissez-vous aux propos parfois erronés des magazines anglais ?
Ca ne nous énerve pas. Nous avons appris à ne pas prêter trop d’attention sur la façon dont on nous décrit. La réalité est que les gens aiment la musique de tellement de manières différentes que si les gens nous écoutent, on s’en fiche de savoir ce qu’ils ont entendu de nous ou ce que ça leur rappelle. S’ils veulent savoir ce que sont nos vraies références ou ce à quoi nous pensons quand nous écrivons des morceaux, il y a toujours des moyens de le savoir, comme lire une interview par exemple. Mais quelqu’un peut aussi entendre une de nos chansons à 3 heures du matin dans un club et avoir les 4 plus belles minutes de sa vie, et cela tu ne le vivras pas de la même façon ! La seule chose qui nous énerve est quand les gens essaient de deviner ce que l’on dit ou pourquoi nous avons fait quelque chose. Quand c’est faux, c’est forcément ennuyant.

 

Un trio, composé de deux hommes et d’une fille : le meilleur chemin de l’entente et pour durer ?
Nous nous aimons juste tous, c’est notre façon de faire. Nous étions amis avant de faire de la musique et le serons encore après, nous n’avons rien à craindre.

 

Vous reprenez “West End Girls“ des Pet Shop Boys. Est-ce important pour vous de regarder le passé, de rendre hommage ?
On l’a fait car on nous l’avait demandé pour une collaboration à une compilation de reprises des années 80 et 90. Nous aimons jouer ce grand morceau, c’est très amusant. Cela dit, nous ne ressentons pas nécessairement le besoin de rendre hommage publiquement au passé. Je pense que tous les gens qui aiment la musique ont ce respect pour le passé, pour tous ces artistes et chansons fantastiques qui étaient là avant nous.

 

Dans votre artwork, on sent un amour du détail, d’une certaine stylisation. Sur scène, c’est 50% le visuel et 50% la musique ?
Nous n’avons pas vraiment de choses spécifiquement visuelles sur scènes. Pas de drapeaux, d’étendards ou autres ! Mais les spectateurs parlent souvent sur la manière dont nous avons de jouer sur scène, car nous sommes les trois en ligne, avec la batterie proche des gens. Cela a été fait originellement pour notre propre bénéfice parce que nous partagions les instruments mais aussi parce que nous nous sentions plus à l’aise d’être proches et de pouvoir se voir. Tout ceci est devenu quelque chose de singulier pour le public, nous en sommes contents. Par ailleurs, nous tendons tous à s’habiller dans une seule couleur, souvent en noir à l’époque et maintenant en blanc. Le style, c’est la simplicité, il n’y a pas de barrière intentionnelle entre le public et nous. Nous dansons, ils dansent : tous dans la même fête. C’est le genre de performance que nous aimons le mieux, quand tu oublies que tu joues sur scène, tu es comme tous les autres dans la salle, se rencontrant pour la première fois et devenant euphorique.

Vous ferez un DJ set d’afterparty au Montreux Jazz Festival. Comment abordez-vous cette facette de la musique ?
C’est vraiment différent. Nous recherchons intensément les morceaux que nous amenons pour un DJ set. Nous nous efforçons donc de n’avoir que des disques que nous aimons. Mais cela peut totalement varier sur le moment même, comment nous sentons les choses. C’est une façon plus fun pour nous de faire de la musique, nous pouvons réagir rapidement au public. Nous essayons de nous souvenir qu’un DJ set n’est pas juste une chose entre nous, c’est quelque chose avec des gens s’amusant sur des morceaux sur lesquels ils aiment danser. Nous regardons donc évidemment beaucoup les gens, leur attitude.

Nous, les journalistes, sommes toujours dépassés par la venue de groupes. Quels groupes nous recommeriez-vous ?
Nous étions tellement absorbés par notre album que nous n’avons presque rien écouté ces derniers temps. Mais on se réjouit de la saison des festivals pour voir quelques groupes !


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