mercredi , 14 novembre 2018
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Wallis Bird

Architect

Label: Rough Trade / Irascible

POP-FOLK - Jeune femme pétillante, Wallis Bird donne une énergie étonnante à son 4e album.

Cette gauchère a la particularité de jouer de la guitare en utilisant un instrument pour droitier à l'envers, comme le fît autrefois un célèbre américain prénommé Jimi… Etablie à Londres, Wallis Bird est d'origine irlandaise mais sa musique se veut très métissée. Folk aux accents rock ou teinté d'électro, elle ose le mélange des genres et a son univers bien à elle. Ce qui accroche, c'est sa magnifique voix, expressive et parfois rauque, dont elle sait jouer sans complexe.

Pour commencer, « Hardly Hardly » balance et interpèle ; tout se joue dans la rythmique et la progression. Avec une construction impeccable, ce titre très dynamique est une excellente entrée en matière. En second, « I Can Be Your Man » continue dans le même style grâce à un groove efficace. Les choeurs ont un côté soul, donnant ainsi une idée des multiples influences de l'artiste. Beaucoup plus folk, « Daze » contient du piano en support de la guitare acoustique et une ligne de basse que la chanteuse suit parfois comme pour accentuer la rythmique encore une fois bien présente. C'est punchy et entrainant.

En quatrième place, « Holding A Light » se veut plus calme et mélancolique, la voix est mise en avant par une instrumentation minimaliste au début, puis par une progression vraiment prenante. « The Cards » est un peu pareil avec pas mal de choeurs mais une autre orchestration : quelques violons et une basse synthétique saturée en fin de morceau.

« Girls » a une toute autre couleur, le groove reprend le dessus, la voix se fait très soul et le solo a un côté funky… Le titre suivant part dans le rock'n'roll au niveau de la rythmique puis sur quelque-chose de presque bluesy avant le refrain folk. C'est épatant comme Wallis Bird jongle avec les genres. Bon, la fin du morceau est plutôt brouillon, dommage. Très disco rapide et dotée de sons surprenants « Gloria » est très représentatif de l'univers de l'artiste et de son énergie.

L'avant-dernier morceau, « Hammering » commence sur un brouhaha d'instruments et de voix peu esthétique mais certainement en relation avec les paroles ainsi que l'ambiance saturée et expérimentale de cette chanson. Limite dissonant, cet titre est vraiment particulier, on adhère… ou pas. « River Of Paper » termine ce voyage dans le monde de Wallis d'une douce et poétique manière où sa belle voix nous accroche sur un seul fond de guitare. Enregistré en direct avec un seul micro, on l'entend claquer la porte à la fin, comme pour signifier : « voilà, je vous ai tout dit ».


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