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tUnE-yArDs

Bad Bonn

Bad Bonn, Düdingen (CH), lundi 20 février 2012

REVIEW - Non, ce qui va être conté là, ce n'est pas l'histoire d'un mec. Il s'agit plutôt de l'histoire de deux mecs, d'une femme et de ses acolytes de scène. Deux types qui par une fraîche soirée de février décidèrent inconsciemment de prendre la route et de se rendre en terre fribourgeoise. Une escapade du lundi soir bienvenue pour couper une semaine tout juste entamée dans l'unique but d'assister à la prestation d'une jeune femme qui avait un beau jour d’avril illuminé de WHO KILL l'année musicale 2011.

 

L'escapade ne devait toutefois pas être prise à la légère, car le rendez-vous donné par celle qui avait initialement pensé nommer son second opus "Women who kill" pouvait s'avérer plus dangereux qu'il n'y paraissait. Mais ne craignant rien des lieux, bravant le danger qui les attendaient, portés par ce disque qu'ils avaient tant apprécié à sa sortie, nos deux personnages prirent leur courage à deux mains et franchirent la porte de cette bâtisse isolée qu'est le Bad Bonn de Düdingen. Sans doute encore un peu craintifs, une bière à la main pour l'un et un thé froid pour l'autre, les compères ne succombèrent pas à l'univers expérimental des Caterpillarmen et il fallu attendre les deux derniers morceaux de cette première partie pour que leurs angoisses s’envolent. Alors qu'ils ne savaient toujours pas s'il était préférable de passer leurs commandes de rafraichissements en français ou en allemand, Merrill Garbus fit son apparition, seule et fragile au moment de mettre en place les boucles rythmiques et les harmonies vocales de son premier titre. Rejointe successivement par son bassiste et ses deux saxophoniste, celle que l'on voyait de prime abord comme innocente et presque gênée d'être là, était, en fait, en train de sournoisement tisser sa toile et de capturer le public présent. Il ne suffira dès lors qu’elle n’enchaîne avec "Gangsta" pour que toute la salle se retrouve médusée devant l’aisance technique et l’énergie déployée sur cette petite scène. Nos deux acolytes comprirent alors que leurs craintes initiales étaient avérées et que s'en était fini de leur espoirs de repartir sain et sauf de l'hypnotisant set produit par tUnE yArDs. Que se soit au travers des morceaux de son second opus ou de ceux de BIRD BRAINS, ils savaient déjà qu'ils en resteraient marqués à jamais. À ce moment là, il était déjà trop tard et ils ne purent que constater que les autres membres du public avaient également succombés. La maîtrise et la précision des enchaînements de "Bizness" les ayant complètement désorientés, ils se firent sans peine happer par la désarçonnante puissance de "Riotriot" et troubler par la virtuosité de "My Country". Si le pouvoir de l’américaine ne sera probablement jamais suffisamment puissant pour contaminer un stade entier, son aura s’avère toutefois bien assez développée pour enchanter des salles de taille au combien plus importante.

 

 

Finalement, l'histoire ne dira pas si les deux mecs auront retrouvé toutes leurs facultés au lendemain de ce lundi soir, mais une chose est sûre, l'inclassable musique et l'incroyable prestation de tUnE yArDs les auras envoutés. Et le théâtre de ce phénomène mystique n'aura été rien d'autre que le mythique Bad Bonn…   

 


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