jeudi , 20 septembre 2018
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These New Puritans

Hidden

Label: Domino (distr. Musikvertrieb)


Comment allier rock, électronique, classique, dub-step, jazzy en un seul album ? Rien de plus simple, demandez à These New Puritans. Ou plutôt à Jack Barnett, tête pensante du groupe. Ce projet fascinant ouvre 2010 en beauté. Mes voisins en savent quelque chose.

 

Le premier opus de These New Puritans, BEAT PYRAMID avait bien été bien reçu par la critique. On se rappellera du single “Elvis”, de sa guitare enragée, insoumise. Plaisant à l’écoute sans pourtant révolutionner la sphère musicale. En tous les cas, il ne présageait pas de cette suite fulgurante : HIDDEN. Le nouveau venu, lui, déchaîne les passions: le jugement tranche, soit dithyrambique soit assassin. Pas d’entre-deux. Car là, révolution il y a. Un revirement aussi notable et imprévisible que celui des Horrors l’an dernier. On aime ou on déteste, mais l’important réside dans le fait que l’on ne ressorte pas indemne de l’expérience.
Inévitable de les comparer à Liars, autres malheureux incompris du
bataillon. Connexité avec les chœurs, les guitares en arrière-plan et
les percussions omniprésentes. On trouve en prime chez TNPS un
orchestre de treize musiciens (cuivres et instruments à vent), des
tambours traditionnels japonais, sabres et autres mitraillettes, la
voix paranoïde de Jack Barnett, des incantations d’outre-tombe.

 

Militaire

 

La première écoute s’avère déstabilisante mais on se rend compte de suite avoir affaire à une vision unique, sortie tout droit d’un esprit habité. Là réside l’intensité de ce concept unique. « La plupart de mes idées viennent de mes rêves, éveillés ou non », Jack Barnett. On s’en serait douté, tiens. L’album ne restera peut-être pas dans les annales mais il marque sans conteste l’auditeur…profondément. Selon le chanteur, « c’est juste un album pop ». De la pop intersidérale dans ce cas. A l’heure où la tendance est aux groupes pop-folk mielleux avec pour porteurs de flambeau Noah and The Whale, Mumfords & Sons, The Leisure Society, The Dodos ou encore Le Loup, comment classer cette guerre au mainstream, à la médiocrité, hymne à l’Apocalypse ?

 

 

 

 

HIDDEN ferait office de BO parfaite pour accompagner une œuvre épique, militaire ou chaotique ; un film de série Z certainement. Le single “We Want War” annonce le ton. Porte ouverte à un univers obscur. Et on reste dans cette lancée avec des titres comme “Three Thousand”, “Fire-Power” ou “Drum courts-Where corals lie”. “Attack Music” en est une apogée fulgurante; “Hologram”, quant à lui, aux influences jazz, semble perdu au milieu. Presque trop humain dans cette succession de rythmes effrénés et angoissants. Il permet néanmoins de souffler avant la reprise de la tempête. Enfin, “5” clôt l’aventure de façon idéale. Le dénouement approche, la paix après la guerre. Et puis, c’est reparti pour un tour, l’auditeur étant devenu friand du genre. Se laisser ensorceler : clé unique pour comprendre la finesse de ce son nouveau. HIDDEN est clairement expérimental mais sans le côté prétentieux que cela implique. Parlons plutôt d’un aboutissement. Celui de l’expression d’un chaos intérieur que seul Jack Barnett peut entendre. Psychotique en un mot. Une métaphore convaincante de la société actuelle.
A retrouver le 3 avril au Palladium (Electron festival)


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