vendredi , 21 septembre 2018
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The Rolling Stones

Exile On Main Street - Déchronologie

Label: Universal


Rock’n’Roll Tout ou
presque a déjà été dit sur EXILE ON MAIN STREET. Cette réédition n’apporte rien
de plus à la gigantesque carrière des Stones. Ce ne sont pas ces 10 titres
bonus qui vont changer quelque chose. Par contre ce disque permet de nous
replonger dans l’histoire et de découvrir ou redécouvrir un album mythique.

Pour bien comprendre l’envergure de cet album,
il faut déjà se replacer dans le contexte de l’époque qui est bien particulier.
Eté 1971 les Stones sont sur la côte d’azur pour enregistrer cet album. Leur
carrière est à l’apogée, les gros tubes cartonnent dans le monde entier, ils
sont ultra médiatisés, les événements d’Altamont se sont passés il y a deux ans
et ils se retrouvent avec une équipe de musiciens et de fêtards dans cette
villa de Villefranche-sur-Mer pour enregistrer un double album. Alors bien
évidemment, entre l’excès de drogue, d’alcool et de sexe, les rumeurs et les
anecdotes vont bon train. Certaines démenties, d’autres pas, bref, on devine
aisément l’ambiance festive qu’il pouvait y avoir. Festive certes, mais parfois
électrique, car les divergences entre Jagger et Richards se font sentir par
moments. Les coups de gueule, les disputes et les casses se font entendre à des
km à la ronde. Finalement les enregistrements se font et 18 titres font leur
sortie en 1972 sur l’unique double album du groupe à ce jour EXILE ON MAIN
STREET.

C’est grave Docteur?

Particularité de cet
album : Pas d’énormes tubes qui caractérisent les Stones. Par exemple sur
le best of de 2002 FORTY LICKS  on
retrouve 2 morceaux d’EXILE: “Happy” (chanté par Keith Richards) et “Tumbling
Dice”. Mais ce ne sont pas des titres majeurs de la discographie du groupe.
Sinon ce qui frappe véritablement à l’écoute de cet album c’est l’influence US
qui plane sur tous les morceaux. On n’a vraiment pas l’impression que le groupe
s’est formé à Londres. On a le sentiment d’entendre un groupe de blues rock
accompagné de chanteurs gospel (Let It Loose). On sait bien que le blues a
toujours été une influence chez les Stones, mais c’est vraiment dans cet album
que l’on s’en rend compte. Les cuivres et le piano n’ont jamais sonné aussi
juste que sur ce disque, c’est du pur bonheur (Casino Boogie). On ne va pas
décortiquer les 18 titres de ce disque, car des gens sans doute plus qualifiés
l’on fait 38 ans avant nous, mais écoutez juste “Rip This Joint” le morceau le
plus court de l’album ou encore “Rocks Off” (vidéo en dessous) et si vous ne ressentez rien, c’est très grave Docteur…

Bon super ce disque, mais
pourquoi une réédition ? Et que valent les 10 bonus du deuxième CD ?
Ben les rééditions ça marche toujours… surtout quand on est le plus grand
groupe de rock de tous les temps. Et il fallait bien dépoussiérer et
remasteriser cet album pour les générations futures. En ce qui concerne le
deuxième disque composé d’inédits, il s’agit de morceaux instrumentaux de
l’époque avec des voix et des instruments rajoutés l’année dernière. Rien de
jubilatoire, mais toujours des « nouvelles » chansons pour les
inconditionnels fans et collectionneurs. On est resté dans cette ambiance
américaine populaire où le swing et le blues règnent en maître. Et pour des
inédits retrouvés au fond d’un vieux tiroir (c’est ce qu’on nous fait croire à
chaque fois, on imagine un mec qui ouvre un vieux tiroir et qui tombe sur des
bandes cachées derrière de la paperasse), c’est de la bonne qualité. On prend
beaucoup de plaisir à écouter ces inédits, même si ce n’est pas du 100%
original d’époque. EXILE ON MAIN STREET est
donc devenu un album de légende qui transpire tout ce que les Rolling Stones
ont pu faire de meilleur. Chef d’œuvre parmi une carrière dantesque, il
symbolise tout le talent des musiciens et toute la décadence de cette époque.


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