mercredi , 21 novembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Chroniques CDs » The Deadline Experience

The Deadline Experience

Kidder Minster

Label: Autoproduction

SHOEGAZE - Avec un discret « la chronique suivra bientôt » (voir le compte-rendu du concert de Kill it Kid et de The Deadline Experience à l’Amalgame d’Yverdon), le boss avait mis la pression. Mais la chronique d’un disque d’une telle qualité n’allait pas traîner bien longtemps. Voici les impressions d’un convaincu.

KIDDER MINSTER est le premier opus de The Deadline Experience, une formation valdo-vaudoise née des cendres brûlantes et vivaces d’un Thomas More Project initié antérieurement par deux de ses membres. Après avoir vu par hasard en live ce qui est maintenant devenu un trio, votre chroniqueur se réjouissait de découvrir cet album, censé repousser l’entendement du commun des mortels au-delà de ses propres limites.

Le rock shoegaze de The Deadline Experience ne tombe pas du ciel, bien au contraire. On pourrait ainsi passer des heures à en faire une minutieuse exégèse. Contentons-nous ici de souligner qu’avec ces trois lascars on a affaire à un rock psychédélique, tantôt style Jefferson Airplane, tantôt style Hawkwind, et à toutes sortes de ses déclinaisons modernes, souvent plus crasseuses et métalliques, un peu à la manière de Sonic Youth, de Black Rebel Motorcycle Club ou de certaines sonorités de rock stoner. Par moment, on croirait même entendre « Radiohead », le début de "74 Bars For Jo" n’est en tout cas pas là pour nous contredire. Ce qui est sûr, c’est qu’au milieu de cette grande famille de noms connus, The Deadline Experience n’est pas le poucet pâlot qui se contente de recopier bêtement ce qui a déjà été fait par ses ainés. Il y a quelque chose de l’ordre de la synthèse ou de l’originalité dans le son du trio qui ne laisse pas l’auditeur indifférent, notamment avec son petit côté folk. Voyons ceci un peu plus en détail.

 

 

Avec le "Face Down" introductif, KIDDER MINSTER commence sur les chapeaux de roue. Ce morceau a quelque chose d’aérien dans les voix et une rythmique entêtante qui mélange à merveille des passages lourds et crasseux, dans lesquels la basse est omniprésente, et des moments plus psyché. Le "Been a While" qui suit présente de prime abord la même structure, mais ne nous-y méprenons pas. On y trouve en effet une touche de succulente désuétude, notamment avec ce petit côté rock’n’roll, presque rockabilly, et quelques sonorités folk, voir country. Avec "Ten Words", le principe reste similaire, mais avec, ici, une génuflexion plus sombre, type Queens of the Stone Age. Dans la même trempe, "What Does Life Have to Offer", semble avoir été enregistré dans la Rancho de la Luna de ce cher Josh Homme dans le cadre d’une Desert Session. Le son est plus contemplatif, tout en restant très sombre. "Black Waves" porte ensuite bien son nom : le rouleau monte gentiment en puissance, jusqu’à la déferlante, mais néanmoins toujours en retenue. Histoire de donner une idée à notre cher lecteur, sans lui faire croire que l’on a affaire ici à une pâle copie (loin de là), on a l’impression d’être là dans une ambiance mi-Velvet Underground (gêne paternel de toute formation citée dans cette chronique), mi-Dandy Warhols, une ambiance que l’on retrouve sur le pastoral et magnifique "Stars and Cigarettes". Changement de cap avec "Today I’m Gone", car ici on ressort les grosses machines. The Deadline Experience trouve là encore une voie intéressante entre un rock lourd et des passages plus atmosphériques. Citons en outre un "You Never" moins convaincant, notamment au niveau du refrain (même si les puristes apprécieront la ligne de basse), mais surtout une brillante conclusion : "Velvet Soul".

S’il n’est pas forcément de notre acabit de citer moult et moult références lorsque nous chroniquons un album, il était important de souligner ici à quel type de trempe The Deadline Experience appartient. Cette trempe est celle du rock qui ne se laisse pas facilement dompter, nous n’étions ainsi franchement pas convaincu par KIDDER MINSTER à la première écoute, mais qui, une fois intégré, provoque une lente dépendance chez l’auditeur : l’expérience « deadline » s’apparente finalement à une sorte de toxicomanie jouissive. La boucle est donc bouclée…Que ce soit en live ou sur cd, le trio nous propose un truc qui tabasse.

 


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page