mercredi , 26 septembre 2018
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The Cure

4:13 Dream

Universal


Robert Smith, l’éternel mélancolique de Crawley est de retour. Voilà 4 ans déjà que le dernier album de The Cure sortait et nous laissait un goût mitigé dans les oreilles; effectivement c’était un album inconsistant. Après une tournée chaotique où Fat Bob renvoya tout d’abord l’organiste et le guitariste pour tourner à trois, faisant peur aux fans des années Disintegration, et rappela ensuite son vieil ami le guitariste Porl Thompson, voilà que The Cure retourne en studio. Après des rumeurs comme quoi l’album serait double, plusieurs retards sur la sortie, 4:13 Dream se retrouve enfin dans les bacs (mais en simple).

Cette fois en faisant tourner la galette, on se fait accueillir de la meilleure des façons avec “Underneath The Stars”, une intro digne des plus grands albums de The Cure, avec une musique qui se fait mystérieuse, lancinante et sombre. Soudain la voix de Robert apparaît voguant de phrases en phrases, l’ensemble nous souhaite la bienvenue dans le monde étrange et poétique que représente si bien The Cure. Après une courte intro de batterie nous voilà lancés dans une chanson digne de “In Between Days”, ou “Just Like Heaven”, de la pop joyeuse soutenue par la basse omniprésente et si carrée de Simon Gallup. Le timbre de Robert Smith n’a rien perdu de sa jeunesse. “The Only One” est le single «Curesque » par excellence. “The Reasons Why” et sa mélodie de basse, nous fait penser un peu à New Order (on pense spécialement à “60Miles An Hour”), mais le comble après toutes ces années c’est que Smith nous dit encore « I Won’t Try To Bring You Down About My Suicide », toujours triste notre ami Rob ? “Freakshow” déboule, cette chanson est en effet «Freaky », avec The Cure s’essayant à un style dans lequel on les connaît peu… et on comprend pourquoi… “Siren Song” est une chanson douce portée par la guitare slide de Porl, agréable. “The Real Snow White” est introduite par plusieurs « You got what I want », des guitares bruitistes et une batterie plus présente se font entendre sur le refrain qui est simplement magnifique.

A la moitié de l’album, on a l’impression d’en avoir déjà entendu plus que sur leur dernier. Une nappe de guitare électrique, une batterie entraînante se fait entendre et le duo Smith-Gallup apparaît, “The Hungry Ghost” est une chanson qui risque de devenir un classique des shows longue durée de The Cure, facilement l’une des meilleures compositions de l’album. Porl Thompson nous fait découvrir ses expérimentations guitaristes dans lesquelles il excelle tant. Soudain une batterie mécanique et une guitare distordue, des accords de piano et la lourde basse de Simon, “Switch”, la voix bourrée d’effets de Robert n’arrange pas une chanson un peu trop bordélique. “The Perfect Boy” se révèle plus douce, avec une voix rassurante et limpide. La fin de l’album est un mélange du meilleur comme du pire. “This, Here And Now, With You” est très agréable, Rob semble être heureux de chanter sur les arpèges de basse toujours si bien sentis de Gallup, plus de 25 ans que l’affaire marche entre eux. “Sleep When I’m Dead” dispose d’une intro impressionnante mais dès que la batterie rentre en jeu, la chanson s’écrase, malgré cela le refrain sauve le single de la noyade. “The Scream” et son intro inquiétante nous rappelle que The Cure est avant tout un groupe sombre, le morceau est original, la batterie très complexe maintient le rythme de cette complainte gothique que seul Robert Smith est capable de nous délivrer. Un cri planant de Fat Bob se fait entendre, pour finir sur une explosion de guitares saturées, de cris et de cymbales… Le chaos final? Non… “It’s Over” sera la dernière chanson (en même temps cela peut paraître logique non ?). Voilà que pour nous achever The Cure s’énerve. Simon Gallup sort son côté punk, et les guitares sales apparaissent sur une longue introduction musicale. Mis à part une véritable différence avec les autres chansons de cet album et la superbe ligne de basse, ce morceau est à oublier.

4:13 Dream est un album qui nous prouve que The Cure est bien vivant (la voix de Robert est vraiment impressionnante) et qu’ils sont encore capables de sortir de bons albums (pour ceux qui ont doutés avec Wild Mood Swings, Bloodflower et The Cure). Un bon album certes, mais cependant on est encore bien loin de l’époque de gloire du groupe. Comment égaler des pièces maîtresses comme Pornography, Kiss Me Kiss Me Kiss Me ou Disintegration ? Il n’y a surement pas de réponses à cette question, mais entendre un album autant frais après trente ans d’existence du groupe, nous démontre à quel point Robert Smith est un compositeur de génie. Eh oui, combien de groupes peuvent se vanter d’une carrière autant prolifique et réussie ?


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