mercredi , 14 novembre 2018
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Swiss Rocks 2015


CHRONIQUES – Vous y êtes maintenant habitués, nous regroupons plusieurs fois par années une série de mini-chroniques 100% from Switzerland. Un tour d’horizon, d’un canton à l’autre pour apprécier autant de diversité qui fait la richesse de notre pays.

Comme vous pouvez le voir su la pochette, départ pour le Jura à Delémont avec le trio Ølten. Nous avions présenté leur premier EP dans un précédant Swiss Rocks, voici l’heure du premier album : MODE. On reste naturellement dans du post-rock assez costaud et toujours instrumental. Enfin… presque, il y a un guest en la personne de Tomas Liljedals (Breach, The Old Wind) sur "Gloom" qui vient poser quelques hurlements au passage. Sympa. On trouve sur MODE seulement 5 titres différents ainsi que la version de "Gloom" 100% instrumentale en 6ème plage. Le groupe fait toutefois largement le boulot sur ces quelques morceaux. Pas besoin de calibrer des titres de 3 minutes pour la radio, Ølten s’éclate avec de longs morceaux, de longs passages atmosphériques qui vont puiser leur énergie dans la communion des trois musiciens. Tout ce qu’on aime dans le post-rock avec ses alternances de rythmes et d’ambiances dans une même chanson. Un premier album plus qu’intéressant et un groupe à suivre. Et pour l’anecdote, l’excellente photo de la pochette n’a pas été prise en Afrique, ni à Delémont… mais à Berlin.

Label : Hummus Records / Division Records

 

Encore un premier album, cette fois pour les Zurichois d’Arka Div. Les musiciens nous proposent une musique qui rendra peut-être un peu nostalgique les fans de new-wave et post-punk des années 80. Encore que… A l’écoute de cet album éponyme, on retrouve quand même des sonorités modernes, un enregistrement ultra propre et tout ce qu’il faut pour attirer un public actuel. Néanmoins, il n’est pas donné à tout le monde de rentrer dans l’univers du groupe. Les mélodies ne sont pas évidentes, mais c’est clair que le style choisi, proche du shoegaze, veut aussi ça. L’émotion passe par ailleurs, par l’intensité parfois (Golden), par les passages là-aussi atmosphériques ou par cette énorme basse qui nous fait vibrer souvent en intro des morceaux. On ne peut que féliciter le travail accompli, c’est vraiment remarquable, mais on voit mal le groupe jouer dans des grands stades. Ce n’est sans doute pas le but des Zurichois, on espère néanmoins qu’ils arrivent à se faire connaître un peu plus, car ils le méritent.

Label : Autoproduction / Irascible

 

Et si on allait du côté de Bulle pour voir ce qu’il se passe ? Il paraît que les gars de Darius viennent de sortir leur premier album, GRAIN. Un groupe instrumental à 3 guitares qui s’éclate entre post-rock, post-metal et post-hardcore. Tout ce qui est « post » en gros… Et un peu stoner pour rajouter encore une couche. Est-ce que post-stoner, ça existe ? Bref, vous voyez un peu le genre, on revient encore une fois dans quelque chose de très atmosphérique, avec plusieurs passages et des belles montées en puissance au sein d’un même morceau. Surtout pour les quelques morceaux assez longs. Encore une fois, ce n’est pas à mettre dans n’importe quel main, si vous avez apprécié Ølten, nul doute que Darius vous titille les esgourdes. L’harmonie des instruments, la rigueur, la précision, tout ce qu’il faut pour bien réussir un album de post-etc… instrumental. Il y a de la douceur (Quasar), il y a du plus lourd (Spärm), mais jamais dans l’excès. Il y en a pour tous les goûts et c’est vraiment réussi. Précisons enfin qu’on retrouver Christoph Noth et Marucs Lindberg entre l’enregistrement, le mixage et le mastering, ce qui est déjà gage de qualité. Et pour le reste, les musiciens Fribourgeois font le boulot.

Label : Hummus Records

 

Partons dans notre capitale pour retrouver un son plus gras, plus rocailleux avec le quintet de Call Me Ramsey. Les Bernois ont sorti fin en de l’année dernière TOO STUBBORN TO PLEASE. Un album résolument rock, aux relents parfois bluesy, parfois stoner (Sun May Rise in the West), parfois alternatif. Un bon cocktail explosif qui donne la pêche, un album chaleureux qui ne cherche pas à être lisse. Au contraire, l’accent a été mis sur certaines sonorités, qui varient d’un titre à l’autre. Cela peut être très prononcé comme sur "Charlie Wilson" et "Too Stubborn to Please" avec des gros effets sur la voix et les guitares ou alors de manière plus discrète comme sur "Go Get Some". L’écoute est agréable en compagnie de Call Me Ramsey, on passe un bon moment. On aurait presque souhaité que quelques titres se démarquent un peu plus du lot pour nous emporter complétement dans leur trip. On reste toutefois convaincu de l’excellent potentiel de ce groupe.

Label : Autoproduction / Irascible

 

On aurait presque pu faire un spécial « Hummus Records », merci encore au label Chauds-de-Fonnier de nous faire découvrir toutes ces pépites. Vous vous attendez à découvrir encore un groupe de post-qqch et ben oui ! Du post-hardcore qui décape le fond de la culotte avec le groupe neuchâtelois de NevBorn. Après des changements de line-up, quelques démos, voici enfin le premier disque avec FIVE HORIZONS. On apprécie en premier lieu l’objet, un bel album digipac, très graphique et très bien présenté. Pour le contenu, on tape dans du costaud avec des voix hurlées sur des nappes de guitares saturées. Mais pas que, soyez rassurés, NevBorn alterne aussi des passages plus mélancoliques avec des voix claires. Après une première chanson en intro, les choses sérieuses commencent direct avec "From The Edge of The Universe". Dès lors, on suit le combo dans les méandres schizophréniques que provoquent ces alternances entre passage heavy, hachés et aériens. Encore une belle découverte qui réjouira sans doute les fans du genre.

Label : Hummus Records

 

On termine cette petite sélection par un EP, le duo lausanno-genevois Random God sort donc 4 titres efficaces et résolument rock n’roll.  "Call My Head" et ses riffs percutants donnent tout de suite le ton de cet EP.  Avec cette bonne énergie, on a envie de tout casser et de laisser éclater notre fougue. "Highway Hypnosis" nous recentre un peu avec une atmosphère plus légère, plus ballade, avec des jolis chœurs. On retourne dans quelque chose de coriace avec "My Holy Ghost". Avec son refrain qui nous transporte, on est toujours bien en compagnie du groupe. Et pour terminer "Paper Plane" en mid-tempo qui résume assez bien ce qu’est capable de faire Random God, à savoir allier douceur, profondeur et moment plus intense. Un groupe vraiment intéressant à découvrir. Vivement la suite.

Label : Autoproduction / Irascible


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