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Static Frames

Black Sand

Label: Autoproduction / Irascible

FOLK-POP - L'histoire de Static Frames s’écrit en noir sur blanc. Après leur EP, Vivarium, sorti en 2011, les Bâlois reviennent avec BLACK SAND. Un premier album qui fleure bon l’hiver et la mélancolie.

Un accord de piano, seul et résonnant. C’est ainsi que commence BLACK SAND. Une batterie, un clavier et une voix suffisent au morceau numéro 1 de l’album éponyme. Une ouverture simple et humble en guise d’apéritif. On comprend vite que la muse du trio n’est pas un clown affublé de son nez rouge. A l’écoute de "Window Sill", cela ressemble plus à un cadre de photo vide où, doucement, un sable noir s’écoule à l’intérieur. Il émane cette sensation d’immobilité, du temps qui passe et d’impuissance. Nick Broadhurst, le chanteur Néo-zélandais du trio, porte chaque composition avec la grâce et le lyrisme de sa voix. Sur "Circles" et "At the Water’s Edge", on entendrait presque Ben Bridwell des Band of Horses ou Hayden Thorpe des Wild Beasts. Le chanteur nous transporte dans ce monde blanc et nostalgique avec une agilité déconcertante.

Si la voix est ensorcelante, rien n’est laissé au hasard du côté instrumental et les arrangements sont très convaincants. Les trois garçons puisent dans leur virtuosité pour mêler piano, batterie, guitare, cordes, basse et choeurs. "The Fence" résonne au son de violons graves et d’une guitare acoustique légère. Une symphonie bien orchestrée comme c’est le cas sur "Fired Pier" ou "Pollard Park". L’esthétique est réfléchie, peut-être même à l'excès, car le pendant instinctif, si efficace du début d’album, retombe petit à petit. Le charme opère à nouveau avec les excellent "Tired Traveller" et "Cadastre" qui laissent un goût délicieux en clôture du CD.

 

 

Dans la lignée de groupes tels que Real Estate, Midlake ou Fleet Foxes, on se dit que les Suisses on tout pour réussir. Car excepté une originalité évidente dans l’écriture, Static Frames affirme de plus en plus en plus son identité. Les Bâlois ne tombent jamais dans le piège de la mauvaise imitation et on a le plaisir d’aller de surprise en surprise. BLACK SAND marque cette empreinte à l’encre noir car les mélodies bouleversées ne s’effacent pas après l’écoute de ce premier album bourré d’émotions. Avec ses airs bien sentis et une touche d’originalité, Static Frames réussit un très bel alliage entre Pop, Folk et Rock. Trois Bâlois plus dans le froid que dans le vent en quête d’une reconnaissance bien méritée.

 


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