mardi , 25 septembre 2018
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Soap & Skin

Lovetune For Vacuum

Irascible


Comme une marche funèbre. A 18 ans, Anja Plaschg a tout d’une grande écorchée. Compositrice dès son enfance dans son village natal de Gnas, en Autriche. Ses parents sont fermiers. Son village, situé en Styrie orientale, non loin de la Hongrie, ne comporte pas plus de 2’000 habitants. A 14 ans, le label berlinois Shitkatapult (T.Raumschmiere, Warren Suicide notamment) la prend sous son aile. A 16 ans elle abandonne l’école, à 18 elle zappe les Beaux-Arts de Vienne.

Pendant ce temps-là, Anja enregistre ses morceaux, toute seule dans sa chambre, du bricolage fièrement arrangé. En 2009, LOVETUNE FOR VACUUM résume quatre ans de fragments de mélancolie, de cœur déchiré, de beauté mystérieuse. Où dès le premier morceau, “Sleep“, on flaire qu’une Cat Power n’est pas loin. Ces bruits épars, qui nous hantent, c’était comme si Coco Rosie faisait maintenant des morceaux intéressants, même si “DDMMYYYY“ (qui démontre son intérêt pour l’électro berlinoise) s’avère ici vain. “Turbine Womb“, joué au piano, prouve qu’Anja Plaschg n’a même pas besoin de sa voix parfaite pour nous couper le souffle. Et pourtant…

« Qu’elle hurle comme un chien, qu’elle se mette à rugir ou qu’elle mâche ses mots, elle se moque de l’idéal de beauté lisse » avise pertinemment Sonja Eismann, du Tageszeitung. Dans LOVETUNE FOR VACUUM, il y a de bien belles promesses. Bruts mais bourré d’idées, les treize titres de l’album planent, emplis de grâce et de mélancolie (“Cynthia“ et “The Sun“ sont les sommets de l’album). Sous ses traits sévères, Soap & Skin n’est déjà plus la commun des mortels. L’ « enfant prodige », comme aime la qualifier l’Allemagne, parvient même à nous rappeler l’austère WHITE CHALK de PJ Harvey. C’est dire son talent.


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