lundi , 24 septembre 2018
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Slipknot

Slipknot

Label: Roadrunner Records


Pour fêter les 10 ans de la sortie du disque le plus vendu à ce jour de leur
carrière, Slipknot nous offre, en plus de l’album réédité, les versions
démos des titres ayant contribués à leur succès.

 

1998. Le groupe enregistre quelques démos. Celles-ci seront suffisamment
concluantes pour que le groupe enregistre un album en studio. Slipknot sort cet
album éponyme en 1999, après un premier disque autoproduit et très rare. Le
groupe est inconnu à cette période. Sorti chez Roadrunner, ce double disque
de platine aux USA reste le disque qui a lancé le groupe, principalement par
bouche à oreille, pour en faire un groupe leader du néo métal.
Déjà, on constate qu’en dix ans, ce disque garde son agressivité. Certains
disques choquants vieillissent mal. Ici, ce n’est pas le cas. Au contraire.
Son son est vraiment typique des disques de métal bien lourds et durs. On
pourrait même parler de « classique » dans le sens typique de ce qui se fait
dans le métal. Sans être un adepte du groupe, ni un super métaleux en
général, il faut reconnaitre a ce disque certaines qualités.
D’emblé, le coté violent, vulgaire, brutal vient nous frapper. Le chant est
hurlé, les batteries cognent sans cesses, les guitares accompagnent ce super
massacre, mais, en écoutant bien, c’est finalement plus subtil qu’il n’y
parait.

 

Super
massacre

 

L’introduction “742617000027” évoque Kraftwerk, un genre très différent, bien
plus électronique. Le coté bruitage mélodique, et finalement assez calme va
très vite laisser place à un “[Sic]” qui déménage et qui va donner les
couleurs du disque. “Wait And Bled”, enfin le début, rappelle un peu le grunge
de Nirvana, puis revient rapidement à l’esprit agressif du disque.
L’introduction de “Surfacing” me rappelle l’idée de couleur musicale comme
chez Debussy (dans l’esprit, pas dans la sonorité), qui plutôt que
d’évoquer un riff ici, évoque un sentiment, une couleur, une impression. Les
titres s’enchainent, évoquant ici et la les nuances par une voix plus chantée
ou plus proche du rap. Les rythmes, parfois assez subtils et complexes, sont
parfaitement mis en place. Mais bon, disons le franchement, ce disque est quand
même là pour déranger, avec de nombreux f*** lancés par une voix hurlée, et
pour faire le plus de bruit possible. Mais la musique est un bruit, et ce
disque reste de la musique.

 

 

 

 

Coté inédits ou raretés présents sur cette édition, les démos rajoutés
restent dans le même genre. Du rab, pour ceux qui ont adorés ! Comme une
suite pour un film, mais enregistrés dans la même période. Comme le titre
“Despite” (démo de “Purity”) par exemple, qui s’intègre parfaitement à l’esprit
du disque par l’esprit agressif, mais frôle la limite du supportable.
“Interloper” (démo du titre “Diluted”) par exemple est plus nuancé dans son
arrangement. Mais l’impression que laisse ce disque, c’est celle d’une
voiture lancée à 250 km/h sur une autoroute, bravant toute les règles,
lâchant légèrement l’accélérateur par moment pour reprendre de la
vitesse. Ce disque cherche l’interdit, provoque et reste quasiment toujours
dans la grosse agressivité tout en cherchant ses propres limites.
Cet album ne manque pas d’idées, reste très actuel pour son agressivité, et
la réédition se justifie avec les démos présentes sur ce disque. Mais il
reste à conseiller avant tout aux fans du genre. Les autres, comme moi,
risquent par moment de décrocher devant ce bolide fonçant tête baissée, en
relevant à peine la tête ici et la, pour mieux refoncer dans le gros métal
bien brutal.


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