vendredi , 21 septembre 2018
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Sebastien Grainger

... And The Mountains

Saddle Creek Records


Sebastien Grainger vient des Death From Above 1979. Avec Jesse F. Keeler, à la basse et au synthé, Sebastien Grainger (chant et batterie) formait un duo atypique et foutrement dégomme. En deux ans de courte entité, ils avaient juste eu le temps dans leur rush de vernir le bien nommé YOU’RE A WOMAN, I’M A MACHINE. Alors qu’au début de leur péripétie le duo prétendaient s’être rencontrés en prison, sur un bateau pirate, ou encore dans un bar gay, 2006 voit le terme de leur acoquinement, son alter ego ayant tout misé sur MSTRKRFT. Trop vieux pour remonter un groupe sans avenir (pour l’anecdote, le 1979 des Death From Above semblerait être sa date de naissance, rumeur à confirmer par l’intéressé évidemment), ce cher Canadien a donc créé sa petite entreprise en s’entourant de The Mountains sur scène.

Si Jack White trompait l’assistance en affirmant que tourner à deux était un choix avant tout économique, Sebastien Grainger fait lui tout seul en studio – à noter qu’il est tout de même accompagné sur scène par trois de ses compatriotes nord-américains. Remarquez, cet excellent batteur aurait tort de se priver de ses propres services rythmiques et d’opter pour une godiche vendeuse (ou pas). Et le résultat dans tout cela ? Concrètement, si, d’humeur matinale, vous abuseriez sur Soap & Skin, Bohren Und Der Club Of Gore ou encore des morceaux de Deerhunter, ce SEBASTIEN GRAINGER AND THE MOUNTAINS opérera dans le même registre que des Hot Hot Heat (en plus intéressant, est-il utile de le rappeler), ceci pour se remplumer, cicatriser l’erreur de s’être laissé piégé par le mélancolique. Sans M. Grainger, vous auriez presque terminé par aller dépoussiérer OK COMPUTER de Radiohead, c’est dire l’empleur de la catastrophe qui s’ouvrait devant vous.

… AND THE MOUNTAINS n’offrira donc pas d’eau de rose, de bons (ou mauvais) sentiments, de sons « intelligents » ou de déclaration qui font se sentir anticapitaliste (oh le mot), à force d’entendre “Fitter Happier“ ou “Karma Police“. Il vous permettra par ailleurs d’éviter à vos conjoints et proches le supplice du refrain « karma police, i’ve given all I can, it’s not enough etc ». Pour cela il suffit d’amorcer ces 44 minutes de tendre bonheur par le premier morceau, pardi. J’en connais un, au hasard, moi, sur la liste des fans de l’ancien des Death From Above 1979, qui n’a pas souvent dépassé cette fameuse première piste, intitulée “Love Can Be So Mean“, incitative à ressortir son vieux T-Shirt The Smiths ou Pulp, pour l’occasion. Voici le parfait hymne 2009 des soirées drôllissimes pour qui y a déjà assisté du New Musical Express.

A l’image du disque, Grainger ne laisse de répit à quiconque et relaye le contentement par le plus vigoureux “Who Do We Care For ?“ ou le génial “I Hate My Friends“ (certains adoreront). Sorti à la fin de l’an 2008, cet album n’a eu que peu de résonance. Puisse cet écrit légitimer l’achat d’un disque chic mais pas fourbe d’un type loyal et encenseur, lui qui espère voir venir ses quelques fans à ses concerts « pendant que je suis encore relativement jeune ».


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