jeudi , 20 septembre 2018
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Scarlett Johansson

Anywhere I Lay My Head (2008) - Déchronologie

Atco Records


En ce temps printanier, retour du chaud et du soleil, ce qui conviendrait d’écouter c’est les Beach Boys. Effectivement quoi de mieux que la pop harmonieuse de Brian Wilson et ses acolytes pour accompagner ces chaudes journées. Pourtant ce n’est pas sur les Beach Boys que porte mon article, mais sur Scarlett Johansson. Ce n’est pas la même chose mais au moins je reste dans la blondeur. Car la donzelle a eu envie de faire de la musique. Or, à Hollywood, quand on veut faire de la musique et qu’en plus on est une jolie actrice, on sort un album, direct. Mais au-delà du cliché de la nunuche blonde qui décide de CHANTER –certainement ce qui a dû convaincre le label de signer les yeux fermés –, si on y regarde de plus près un nom apparaît : Tom Waits. Oui Tom Waits ! Il semblerait, après avoir jouée dans King Kong, que se confirme son faible pour les grands poilus. Ah ah. Oui je sais en plus ce n’est pas elle dans King Kong, mais presque.

Plus sérieusement, c’est quand même étonnant de voir une personne aussi célèbre, dans le sens ‘paillettes’ du terme, faire ce ANYWHERE I LAY MY HEAD, un premier album, des reprises de Tom Waits. Ce n’est pas que le grand bluesman aux allures de gangster – ou le contraire – ne le mérite pas, mais a priori ce n’est pas le même monde. Tom Waits c’est brut, une voix cassée mais puissante qui rend chaque morceau, des bijoux tout en rythme aux lancinantes ballades, bouleversant. Pas de compromis, pas d’esbroufe, Tom Waits est un génie de la musique qui souffre, le blues.

Mais soit, jetons les a priori aux chiottes et parlons de Scarlett. Bon et soyons direct, son album est loin d’être un chef d’œuvre. Comme l’a très justement dit quelqu’un à l’avis éclairé, « c’est trop enrobé ». Enrobé c’est vraiment le mot, chaque morceau est envahi de grandes nappes d’effets, d’échos, et le tout bourdonne. Peut-être que c’est la faute du producteur, on dirait qu’il a écouté le dernier album des Warlocks, qu’il s’est dit « Ouah c’est trop cool », et qu’il a voulu faire la même chose. Le problème c’est qu’il n’a pas le même talent.

Pour ce qui est de la voix, bon, ce n’est pas la meilleure chanteuse du monde, elle se contente de ne pas chanter trop faux, mais son timbre de voix est étonnant. Plus grave que ce que j’attendais, j’ai pensé à Nico sur THE VELVET UNDERGROUND AND NICO, qui était d’ailleurs pas une chanteuse à la base non plus. Après réflexion les deux voix ne se ressemblent pas vraiment, mais ça donne la même impression de grande dame à la voix imposante et distante. Après le problème reste l’accompagnement, qui étouffe non seulement la voix de Scarlett, mais aussi celle des chœurs assurés par… David Bowie, rien que ça.

Ce qu’il faut retenir, ce qui est intéressant c’est que même si, à mon avis, les reprises n’arrivent pas au niveau des originaux – ce n’était pas le but de toute façon –  on entre dans un univers. Scarlett a choisi les morceaux de Tom Waits qu’elle préférait, et ce disque est plus un hommage qui lui permet en bonus de s’essayer à la musique qu’une tentative d’entrer dans ce monde par la grande porte. Dernière remarque, j’ai menti, il n’y a pas que des reprises sur cet album. Il y a aussi un morceau écrit par l’actrice, le discret “Song For Jo” au milieu de la tracklist, et, dernière surprise, c’est le morceau le plus intéressant de l’album. Déjà, on sent que l’artiste s’est plus impliquée, donc moins de place à la production foireuse, et en plus y a de l’idée. Tout ça pour dire que si Scarlett Johansson sort un deuxième album, j’espère que ce sera ses compositions, ça vaudra mieux pour tout le monde.


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