mercredi , 26 septembre 2018
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Rectangle: la dégommeuse

Scotch Test

Label: Saïko


ROCK Amateur-trice-s de gentillet récital propret s’abstenir. Pour les autres, jetez-vous sur le nouvel album de la clique la plus cradingue du fonds de commerce musicale veveysan. Voici venir les enfants terribles du rock qui n’hésitent pas à balancer leurs compositions lourdes de sons sans crier garde. Cela risque d’en effrayer plus d’un-e, mais votre bravoure en sera récompensée.


Pour la petite histoire: cela fait depuis 2006 que la fine équipe hante les caves de la Romandie, mais aussi les festivals les plus éclairés d’ici et d’un peu plus loin. Je pense notamment à la prestation remarquée de Rectangle au Pully For Noise grand crû 2008 où présence scénique imposante et bordélique s’accompagnait d’un volume résolument poussé à fond. Souvent composé de quatre compères aux surnoms plus que douteux, Rectangle s’offre aussi le doigté marginal de Marc Méan pour agrémenter quelque peu mélodiquement ses compositions style brut de décoffrage. Et pour l’enregistrement de leur premier album, la ligne rythmique s’est même éprise de deux pairs de bras pour lester encore un peu le tout. C’est qu’ils font dans le « dégomm’rock », comme ils le disent si bien eux-mêmes.
Ainsi est né SCOTCH TEST, un concentré de brutalité instrumentale qui se déploie dès les premiers riffs agressifs de “Valsemütze”, où cette voix caverneuse n’arrange rien à l’affaire : on a retrouvé les fils cachés de David Yow, de The Jesus Lizard. L’auditeur-trice s’en prend plein la poire de ce rock acéré : le safari hurlant de l’artwork avait déjà donné le ton.

 

Vieille connaissance

 

En piste numéro 2, on trouve la fameuse “Milkshake”, titre longtemps manié et remanié en live et qui confirme sur galette son efficacité directe, le refrain ayant quelques ressemblances avec les morceaux choisis de System of a Down. Mais le long intermède purement instrumental donne un son de cloche plus alternatif. C’est que ces compositions, malgré leur patte empressée, s’étendent sur de bonnes minutes, voyant plusieurs parties mélodiques s’enchaîner avec brio. “Robotnik”, essentiellement instrumentale également, se laisse parfois prendre dans des élans psychédéliques avant qu’une pléthore de riffs bordéliques ne lui donne des airs de grand final. Mais on n’en est pas même à la moitié de ce SCOTCH TEST. D’ailleurs, c’est le tour du morceau qui donne son titre à l’album : deux voix se renvoient la réplique sur un enchaînement haletant et démonstratif de cordes criardes. Les préposés aux guitares doivent bien s’éclater. Plus loin, on retrouve une vieille connaissance, “Pimp My Ride”, et cette introduction effarouchée, avant que s’ensuivent plusieurs titres aux patronymes loufoques, tels “La Baramine (Part 1)” ou “Le Puepuepute”, cette dernière exploitant le delirium de guitares comme personne. Un bon nombre des morceaux de SCOTCH TEST sont des chansons de final sur scène, où toute retenue est balayée. Mais pour en voir le bout, soyez patient-e-s : Les coups de cœur dissimulent même un titre, simple et monstrueusement entêtant.
En voilà un album qui suinte l’énergie.


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