dimanche , 23 septembre 2018
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Ratatat

LP4

Label: XL Recordings (distr. Musikvertieb)


ELECTRO Ratatat font toujours
la même musique qu’en 2004. Cette quête peut leur apporter une perfectionisation
mais au risque de l’embourbement…

Ceux qui connaissent déjà Ratatat ne seront pas surpris. Le
duo applique toujours la même formule, des boucles, des extraits de voix
enregistrées et du bidouillage électronique, un son reconnaissable entre tous.
Mais ce qui tapait en 2004, peut-il toujours séduire à un moment où le
mélange guitare et électro est presque omniprésent ? Car ce qui faisait la
valeur du premier album de Ratatat, c’était bien ce brouillage des genres, une
musique utilisant des guitares hyperoxydée sonnant comme des synthés, mélangés
à des sample au service d’une écriture au format pop mais à la prétention
baroque et aux sonorités house. Récemment, c’est plutôt par sa conquête du hip
hop que le groupe s’était fait remarquer. Ainsi Jay-Z, pour illustrer son éclectisme
en matière de musique, avait cité seulement deux noms : MGMT et Ratatat.
Kid Cudi le prit au mot et balança deux tubes monstrueux en featuring avec
Ratatat : “Alive” et “Pursuit of Happiness”, titre
auquel collabore également … MGMT. Et là, c’était clair que Ratatat n’était pas
encore ringard, tant leur apport à ces chansons étaient hype et ont agité les
dance floor une année durant. Mais ne sont-ils plus que (très) bons à faire des
featuring hip hop ? C’est à cette question qu’ils tâchent de répondre avec
ce quatrième album.

Du naze au sublime

Six années après leur premier album éponyme, Ratatat utilisent
désormais une gamme de sons beaucoup plus vaste tout en restant fidèles à leurs
fondamentaux, la guitare, les synthés et les gens qui parlent au début des
chansons. Le tout tient désormais beaucoup moins du bricolage pour devenir
quelque chose de plus prétentieux. Dans ces ajouts, il y a de l’affreux (le scat
de “Neckbrace”, qui fait penser à Scatman John et non pas au jazz).
A vrai dire, c’est l’ensemble des voix internes des chansons qui est vraiment
naze. Mais il y aussi du sublime : les instruments classiques de “Drugs” et surtout les balkans en fête sur “Bare
Feast”.  Au final, il n’est
pas aisé de juger un album aussi grandiloquent, c’est-à-dire à la fois raté et
ambitieux. LP4 oscille sans cesse
entre la soupe la plus ennuyeuse et les purs moments de grâce. On retiendra
notamment la bossa nova de “Party With Children” et le premier
titre très hip hop “Bilar”. Bref un disque qu’on écoute souvent
d’une seule oreille, mais qui souvent récupère notre attention à coup de
boucles mélodiques ou de rythmes barrés.


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