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Queens of the Stone Age à Bâle

Live in Bâle

Halle Saint-Jacques, Bâle (CH), mercredi 6 novembre 2013

REVIEW - Qui d'autre que Jonathan pour chroniquer ce concert des Queens of the Stone Age? Si il y a un mec chez Lords of Rock (et en Europe centrale) qui devait faire cet article, c'est bien lui. Mesdames, Messieurs, Queens of the Sone Age, comme si vous étiez.

Il y a trois ans, l’ami Josh Homme avait faillit y rester suite aux complications d’une opération à un genou. Alité plusieurs mois et stoppé dans sa création artistique pendant un bail (rappelons qu’il est peut-être l’un des musiciens rock les plus productifs de sa génération), il est récemment revenu avec le sixième album de QOTSA – son album le plus personnel, car si toute la clique du désert (membres de groupe et amis itinérants) a participé a l’enregistrement dudit album et y a apposé sa patte (on pense notamment à Dean Fertita), les thèmes qui y sont abordés reflètent les expériences récentes et personnels de Josh Homme. Ce mercredi soir, à la Halle Saint-Jacques de Bâle, on est donc heureux de le retrouver, et plutôt en bonne forme …LIKE CLOCKWORK. Après l’excellente prestation de Band of Skulls – une très belle affiche en première partie, hélas programmée un peu tôt, raison pour laquelle nous n’avons pas pu entièrement en profiter (on chantonne néanmoins encore l’excellent "Death by Diamonds and Pearls"), les cinq Californiens nous ont gratiné d’un show de deux heures à la hauteur des attentes.

La salle ne fait pas le plein, les Bâlois ayant peut-être préféré un match de Champions League se déroulant 300 cents mètres de là. Le coup d’envoi des hostilités est d’ailleurs donné à 20h45… Et QOTSA balance directement la sauce avec "You Think I Ain’t Worth a Dollar, but I Feel Like a Millionaire" et, surtout, "No One Knows" – rien de tel pour chauffer une salle déjà acquise aux Californiens. La prestation est propre et les cinq comparses bien réglés : le son (du moins là où nous sommes placés, à 10 mètres de la scène) est très bon, alors que le public a l’occasion de découvrir l’excellent jeu de la nouvelle recrue de QOTSA, Jon Theodore (ex-batteur de The Mars Volta), dont la frappe est claire et précise. Si l’on regrettera quelque peu l’absence de la voix criarde de Nick Oliveri sur le premier morceau précité, c’est surtout le passage de "No One Knows" (dont l’efficacité est toujours aussi redoutable) dans le giron des chansons populaires qui est chicanant : à la manière de la mélodie de "Seven Nation Army" (White Stripes), que des supporters de foot avinés entonneraient, le public de la Halle Saint-Jacques se cantonne à des « ta, ta, ta, ta.. » sur l’excellent riff de Josh Homme ; une sensation que l’on retrouvera un peu plus tard avec "Burn the Witch". Après cela, nos cinq lascars gardent le cap avec un "My God is the Sun" du plus bel effet (surtout avec ce petit final tortueux)… Renforcé par le jeu de lumière et le grand écran sis derrière la scène, sur lequel défilent notamment des clips concoctés par l’artiste Bonface pour …LIKE CLOCKWORK qui traduisent parfaitement l’univers sombre et ambivalent du groupe.

Replongeant encore dans le passé, QOTSA y puise aussi des pépites moins connues, à l’exemple du "Hangin’ Tree" (sans la voix caverneuse de Mark Lanegan, hélas) de SONGS FOR THE DEAF, de "In the Fade" figurant sur RATED R, mais surtout (plus tard) de l’excellent "Mexicola". Avec celui-ci, le public déguste la basse crasseuse de Michael Shuman et ce son plus « stoner », qui caractérisait les débuts de QOTSA, né à l’époque des cendres de Kyuss. En ce sens, on regrettera, sans aucune nostalgie, l’absence de "Regular John" (qui traversait pourtant les années et était toujours joué en live) ou de l’abyssal "You Can’t Quit me Baby", figurants sur l’album éponyme du groupe. Le corps du concert est ensuite principalement composé de morceaux issus de …LIKE CLOCKWORK, dont l’effet en live nous surprend pleinement : le groove de "If I Had a Tail" est très dansant – idem pour "Smooth Sailing", les sonorités de ce dernier étant néanmoins plus sombres, "Kalopsia" alterne à merveille moments de plénitude et tensions extrêmes, alors que "I Sat by the Ocean" et "Fairweather Friends" sont taillés, avec leur énergie, pour les salles. Au final, neuf des dix plages de …LIKE CLOCKWORK figureront sur la set-list du concert, ne manquant à l’appel que "Keep your Eyes Peeled". Au milieu de ce flot de nouveautés, on retrouve certains classiques, en particulier "Little Sister", qui fera bouger la salle dans son entier, le langoureux "Make it with Chu" (magnifiquement appuyé par ce qui passe à l’écran) ou encore "Misfit Love". Seul "Sick, Sick, Sick" nous laissera plutôt indifférent. Avec la petite vingtaine de chansons qui compose cette première partie du concert, l’ambiance est au beau fixe : les têtes hochent, les corps pogotent et l’on voit régulièrement passer des crowd-surfers. La chaleur monte d’ailleurs d’un degré lorsque Josh Homme, adepte de la polémique rappelons-le, invective un agent de sécurité afin que ce dernier cesse d’entraver l’amusement du public : « on fait ce que l’on veut ici ». Tout ceci se termine finalement par l’incontournable – l’incontournable par excellence –  "Go with the Flow".

Le rappel, il n’y en aura qu’un, sera une pure merveille. "The Vampyre of Time and Memory" est à la fois mélancolique, planant, mais aussi très intense, surtout lors du solo à la guitare de Dean Fertita (dans le même style, "…Like Clockwork" était déjà pas mal du tout). Le concert se termine en apothéose avec "I Appear Missing" et "Song for the Dead". Le premier est une véritable aventure, une fresque de presque dix minutes, avec ses envolées, ses descentes et un final de toute beauté – le film de Bonface dédié à cette chanson renforce la gifle que l’on prend à ce moment là. Quant au deuxième morceau, issu de SONGS FOR THE DEAF, c’est une tradition pour QOTSA de terminer leur concerts avec. En début des années 2000, "Song for the Dead" était peut être la quintessence même du son du groupe : répétitif, tortueux, puissant. Le temps est suspendu, le public est en transe, jusqu’à l’instant final, lorsque le rythme cardiaque s’emballe. Rideau tiré.

…LIKE CLOCKWORK avait divisé les fans de QOTSA leur de sa sortie, certains étant nostalgiques, limite réacs, vis-à-vis d’un glorieux passé, qui serait aujourd’hui perdu. Or, ce sixième opus est une réussite, notamment lorsqu’il est joué en live, car il ajoute de la diversité au palmarès déjà riche d’un groupe accompli. Les Californiens ont affirmé à plusieurs reprises qu’ils adoraient jouer leur nouvel album en concert et cela se voit. En fait, QOTSA en concert, c’est toujours la baffe ! Un petit bémol toutefois : avec la nouvelle composition et l’évolution de la musique du groupe, certains morceaux paraissent aujourd’hui trop léchés, pas assez crasseux. En cela, la bestialité et le jeu plus « punk » de Joey Castillo, le batteur licencié par Josh Homme lors de l’enregistrement de …LIKE CLOCKWORK, manque. Mais, mis-à-part ça…


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