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Peter Kernel en interview


Le Bourg, Lausanne (CH), mercredi 04 mars 2015.

INTERVIEW : Peter Kernel est passé au Bourg pour vernir leur troisième album. Le duo tessinois a incendié la salle avec les morceaux de THRILL ADDICT et leur son hypnotique et intense. Ce groupe est capable de tout brûler sur son passage en gardant un mystère qui le rend unique grâce à une musique à la fois minimaliste et complexe. À découvrir, absolument.

Peter Kernel est un groupe unique en Suisse (voire au-delà). Leurs chansons évoluent autour de thèmes très minimalistes, ce qui crée une transe hypnotique puissante qui ensorcèle l’auditeur. Cependant, les mélodies utilisées par ce duo établi près de Lugano, au Tessin, rendent compte d’une complexité émotionnelle qui va bien plus loin que trois accords punks joués dans une gamme majeure. Voilà pourquoi ce projet est souvent défini plutôt comme du « art-punk » ou du « art-rock », ce qui dénote un style expérimental certain qui joue avec la répétition et la dissonance pour créer certains états d’esprit subliminaux.

Le tessinois Aris Bassetti (voix, guitare, design) et la canadienne Barbara Lehnhoff (voix, basse, réalisation audiovisuelle) élaborent une pop tordue, imprégnée de rock, de punk et, surtout, d’obsessions. Le réalisateur Raoul Ruiz prêchait d’exploiter à fond les fixations personnelles dans le processus créatif artistique. Cela est totalement applicable à Peter Kernel, dont les clips (tournés par Lehnhoff) témoignent d’une atmosphère souvent malsaine, étouffante ou ridicule. Les morceaux du nouvel et troisième album du groupe, THRILL ADDICT, nagent dans un univers à la fois chaleureux et émotif (qui n’a rien d’émo, par ailleurs) mais tout aussi incommode et malaisé. ‘High fever’, ‘It’s gonna be great’ et ‘Your party sucks’ en sont de bons exemples.

Au Bourg, Peter Kernel sonne d’une façon intense et abrasive, avec de fortes nuances qui peuvent explorer des passages calmes ou d’une tension explicite. Au moment du concert, entre les décibels, les bières et les têtes qui tournent, il est facile d’entrer dans le jeu, d’atteindre une sensibilité où chaque note et chaque son créent un effet particulier qui s’écoule comme un fleuve déchainé.

Bassetti et Lehnhoff lancent des blagues entre les morceaux et ils invitent le public à danser sur scène pour le rappel. Cela pour révéler qu’en quelque sorte, ils y font également partie, à la manière de ces musiciens qui sont en même temps des mélomanes curieux et avides, comme Blonde Redhead, Sonic Youth ou Pixies. Il y a une volonté avant-garde et arty commune à ceux-là et à Peter Kernel : ils jouent avec des matériaux et s’amusent à les intervenir. La notion de « pop » en ressort sublimement pervertie. 

Nous avons croisé Barbara et Aris à la sortie du concert et nous leur avons posé quelques questions.

Lords of rock : Quelle est votre inspiration pour faire de la musique ?

Aris Bassetti : C’est tout ce qui se passe entre Barbara et moi. Mais ce ne sont pas toujours de belles choses. En général, je pense que ce sont plutôt les mauvaises choses que l’ont doit exorciser. Nous utilisons alors la musique pour canaliser et chasser tous les tourments du couple.

Jouez-vous ensemble depuis longtemps ?

Cela fait neuf ans et nous avons déjà eu six batteurs différents.

Quelles sont vos influences musicales ?

Je pense que j’ai trop écouté Quickspace et j’adore Ennio Morricone. Nous aimons également beaucoup Motorpsycho. Je suis un grand fan de la musique des années 1990, comme les groupes du label Touch and Go : Shellac et 90 Day Men. D’autre part, j’aime bien la noise japonaise, avec des choses comme Merzbow ou Ruins. Je suis aussi disc jockey et j’écoute plein de musiques différentes, parfois de la noise, parfois des choses plus pop. Je pense qu’on est assez ouverts musicalement. Nous faisons parfois des morceaux plus dansants.

Jouez-vous souvent à Lugano ?

Nous habitons dans une montagne à côté de Lugano, mais quoiqu’une scène underground se développe de nos jours avec des petites salles – comme le Domani –  et des groupes, nous ne jouons presque jamais là-bas. En fait, nous vivons de la musique et nous devons jouer beaucoup pour cela. Nous faisons surtout des tournées en France et en Belgique. Par exemple, nous avons déjà joué dix fois à Bruxelles.  


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