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Paléo, un jeudi comme si vous êtiez


Paléo Festival, Nyon (CH), jeudi 25 juillet 2013

REVIEW - L'aventure Paléo continue pour notre trio de choc. D'une scène à l'autre, nous parcourons des kilomètres à la recherche du son, du solo de guitare et du moment inoubliable.

Chaque année à Paléo, il faut faire un tour au Village du monde (et pas seulement pour y manger).  Et nous sommes donc aller voir Régis Gizavo. Alors non, Régis Gizavo, accordéoniste et chanteur malgache, n'est pas rock mais sa musique bien rythmée ne ressemble en rien à celle d'Yvette Horner. Fort de nombreuses collaborations sur la scène des musiques du monde, notamment avec Mano Solo, Régis Gizavo a su réveiller le village du monde avec des rythmes bien relevés, accompagné à merveille par un piano expressif et une batterie pas endormie. Plus tard dans la soirée, nous avons pu danser sur la Dubstep boostée de Skip and Die. La chanteuse Cata Pirana en petit short et basket a donné une leçon d'aérobic à toute une foule en délire.

Après avoir écouté quelques morceaux très affutés d'Alvin Zealot au Club Tent, nous avons grimpé jusqu'au Détour pour voir les barjots de Crystal Fighters. Leur premier album STAR OF LOVE regorge de titres plus incroyables les uns que les autres. Un mélange des genres (électro, psyché, pop) qui se combine à merveille avec l'ambiance "festivale". Le groupe emmené par l'excentrique Sebastian Pringle enchaine ses tubes. "Solar System", "Follow", "I Love London", "Plage", "At Home", tout y passe. Le public a l'air d'apprécier la musique délirante des anglo-espagnols.

Passage obligé par la Grande Scène, le maître Santana est dans la PL'Asse. Une foule impressionnante assiste à ce spectacle. Les quelques derniers dinosaures vivants et encore en activité de Woodstock se comptent désormais sur les doigts d'une main. Mais pourtant lorsqu'on entend ce toucher de guitare, le poids des années disparait comme par magie. Il n'y a pas de grande surprise dans ce concert, Santana fait du Santana, mais le public (plus âgés que pour Crystal Fighters) ne demande que ça. En début de concert, la reprise de Cream "Sunshine of your Love" et le "Black Magic Woman" qui suit, sont de toute beauté.

Pendant que Santana monopolisait l'attention sur la Grande Scène, Kadebostany (autrefois connu sous le nom de The National Fanfare of Kadebostany) lui piquait suffisamment de spectateurs pour remplir le Club Tent et les emmener dans leur merveilleux pays imaginaire où les trompettes se dévergondent et les tambours se déchaînent dans une salve électro. Car si les influences des musiques de l'est existent, il faut aller les chercher sous les beats appuyés et sous la voix faussement suave mais terriblement punchy de la Diva Amina. Leur style indéfinissable mais tellement addictif se retrouve dans leur show où les néons froids côtoient des vidéos de drapeaux et de guépards tandis que le chanteur (et président) Kadebostan harangue la foule en uniforme. Lorsqu'on part en Kadebostany, on est vraiment ailleurs.

Ils n'étaient pas annoncés au programme, mais ils sont incontournables, Klaxons et Müller (de Sainte-Croix) sont venus sur la scène du Détour pour interprêter quelques chansons. Entre humour et chanson (à texte…), on ne présente plus le duo de Vincent de Couleur 3 que le monde entier nous envie. Merci les gars.

Plus tard dans la soirée, Les Arches accueillaient Sigur Rós. Le public averti (et nous avec) se réjouissait de voir ce que leur musique planante, céleste donnerait en festival. Car la musique minimaliste des Islandais est plus une ode à la lenteur qu'un combo dansant.  Pourtant, Sigur Rós ne fait pas que des berceuses. Si certains titres, aidés par un lightshow exceptionnel et chargés d'émotions, nous emmenaient dans de douces rêveries, d'autres plus audacieux voir explosifs nous ramenaient sur la Plaine de l'Asse pour admirer le ballet des onze musiciens sur scène. Sigur Rós s'affranchit des codes, jouant de la guitare avec un archet, tapant sur une foule de percussions, chantant d'une voix aiguë et lancinante et proposant leur traditionnel final de quinze minutes avec le troublant titre sans titre mais surnommé "Popplagið" qui nous laisse le cœur battant à tout rompre, prêt à exploser.

Et pour clore cette longue journée de festivité, le concert de Tryo nous a apporté son lot de bonne humeur en mode reggae-acoustique. Ils sont toujours sympas les mecs de Tryo. Depuis le temps qu'on les croise dans les festivals et à l'époque dans des petites salles, on a un peu l'impression de faire partie de leur famille. Ils militent toujours sans trop en faire non plus (Frigide Barjot, en prend pour son grade). Le concert est naturellement bien rodé, et les plus vieux titres font toujours plaisir à entendre. On a d'ailleurs droit à un vieux medley "La Main Verte / France Telecom / J'ai rien prévu pour Demain / La Crise / C'est du Roots" qui est fort apprécie. En fin de concert "L'Hymne de nos Campagnes" fait son effet.


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