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Paléo Festival

Jeudi 23 et vendredi 24 juillet

Plaine de l'Asse, Nyon


Double chronique pour les journées du jeudi et vendredi au Paléo Festival. Averses et bottes invitées à l’honneur, les concerts n’ont pas manqué entre artistes confirmés, beautiful losers, belles demoiselles. L’occasion aussi de voir à l’ouvrage une belle flopée de groupes helvétiques, entre Heidi Happy, Josef of the Fountain ou encore Toboggan…

 

        TV On The Radio

 

Hier, vendredi 24 juillet, se profilaient deux noms fort attendus par des publics tout distincts qu’ils sont: ferveur candide du côté de Peter Doherty et connaisseurs pointilleux pour TV On The Radio. Ces deux publics se sont sans doute parfois croisés aux concerts des prometteurs – et locaux – Josef of the Fountain, des lausannois Toboggan ou se sont retrouvés par hasard devant l’erreur conjuguée d’être allé voir Fatboy Slim en action sur la Grande Scène. Son DJ-set a semblé être limité à un piteux best-of d’une oeuvre ayant mal passé les années. Dommage, on l’aimait bien Norman Cook. Dans un registre plus intimiste mais pas dénué de rage, Toboggan jouait au Détour. Les spectateurs avertis ne s’y sont pas trompés: ce trio joue un rock subtil sans concession pour un ensemble au son colossal. Du côté de Josef of the Fountain, force est de constater que leurs malchanceux problèmes techniques ne les ont pas empêché de livrer une bien belle prestation, le corps et l’esprit de front pour un rock déterminé, naviguant entre Buzzcocks – pour la référence historique – et Foals. Ils tiennent la bonne formule, c’est certain.

 

TV On The Radio est un putain de groupe sur scène

 

David Sitek a peut-être lui aussi assisté au concert des Nyonnais. Membre de TV On The Radio et accessoirement grand sorcier-producteur (Telepathe, Liars, Yeah Yeah Yeahs, Scarlett Johansson ou encore Foals justement), le geek New-Yorkais a livré avec son groupe un concert – tard au Chapiteau – dans leur plus pure tradition, c’est-à-dire d’une brillance extraordinaire. On regrettera toutefois un son limite limite… Pas grave, Tunde Adebimpe s’égosille sur un “Wolf Like Me” fracassant, alors que Kyp Malone déroule ses parties guitares stratosphériques. Les trois albums – plus leur EP OK CALCULATOR – de TV On The Radio est au service d’une prestation brute de décoffrage. Jamais leur étiquette de “soul futuriste” n’a aussi bien porté son nom. Ayant déçu les amoureux du groupe, leur récent DEAR SCIENCE prend ici une tournure crasseuse bienvenue. Ces New-Yorkais sont un putain de groupe sur scène. Passionnant sur disque, leur concert est d’une valeur inestimable. Avant-gardistes après tout…

 

 

Trois heures avants se produisant sous ce même Chapiteau Peter Doherty. Et, franchement, il faut être très indulgent pour ne pas le voir actuellement comme un énorme gâchis. “What A Waster” comme il ne pensant pas si bien prédire lors de la naissance foutraque des Libertines… D’ailleurs, et puisque que Pete désire se faire appeler Peter, les observateurs ricânent en se voyant offrir le plus joli – et facile – jeu de mot qu’il soit pour sa personne en le nommant “Pété Doherty”. Pathétiquement vrai… Triste sort, car son concert à Paléo ne peut contre-indiquer ce sobriquet: solos ratés, couplets oubliés, transitions hasardeuses. Tout y est, du grand art Monsieur Doherty, roi de l’approximation scénique. Autant dire que sa prestation solo a frisé le ridicule. Dans ce contexte, on aurait presque honte d’avouer avoir été grand fan des Libertines… Et pourtant, les grands morceaux de ces derniers sont largement à l’honneur (et librement interprétés), mais personne n’y croit vraiment. Où est donc passé le Doherty convaincant de l’album GRACE/WASTELANDS? Mais pourquoi donc s’entêter à tout gâcher et ne pas s’entourer – enfin – de bons musiciens? Par chance, ses compositions vivent désormais par elles-mêmes et le portent. Même égratinés, des titres tels que “To The Man Who Would Be King”, “Back From The Dead” ou encore “Up The Bracket” gardent leur magie. Loin d’être cliniquement mort, Doherty devrait logiquement rebondir sous peu, souhaitons-le.

 

What a Waster!

 

        Heidi Happy

 

La veille, pour un jeudi tempétueux, le ton était tout autre, mais Sophie n’a pas perdu sa soirée: celle-ci fut entamée dans le Club Tent ou plutôt dans le chalet de
Heidi Happy, une jolie lucernoise à la voix envoûtante, un peu fofolle. Jouant de la guitare , elle est accompagnée d’un petit orchestre composé de deux
violonistes, un contrebassiste, un pianiste et un batteur. Malgré le public
dispersé, un rappel se fait à la fin de son concert, Heidi Happy reviendra pour une
chanson suisse-allemande notamment.
Plus tard, nous revenons en sautillant au concert de Hugh Coltman qui se passe au même endroit donc. Cet Anglais qui squatte la France depuis plus de neuf ans nous
avait déjà montré son talent au Jazz Café la semaine dernière. Il a un
timbre de voix ressemblant à celui de James Morrison. Son folk-blues jazzy nous
fait fondre, sa présence sur scène est exceptionnelle et il se donne à font
pour nous divertir. Il a invité une photographe chanceuse à danser avec lui, piqué le chapeau d’un gars au premier rang. C’est tout sourire que nous
partons voir Amy Mcdonald.
Le vent dans les cheveux, cette brunette revient d’un relooking ; la voilà
blonde vétue d’une robette aux imprimés marins. Devant un public surbondé,
elle ne se laisse pas intimider et, pour nous faire plaisir, reprend trois
fois le titre qui a fait son succès. Que d’originalité…
Pour terminer,  Moby a lui logiquement cartonné sur la Grande Scène en interprétant tous ses tubes les plus connus.

 

Dans le chalet de
Heidi Happy, le public est conquis

 

Photos: Lionel Flusin, Boris Soula et Anne Furblur pour le Paléo Festival


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