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Paléo 2014 – Dimanche


Paléo Festival Nyon, dimanche 27 juillet juillet 2014

REVIEW - Dernier jour les pieds dans la boue à Paléo avec une soirée qui promettait pas mal d'émotions et de sensations.

On débute les pieds dans la boue mais la tête dans les dunes avec Tinariwen. Les six Touaregs nous envoûtent avec leurs blues des grands espaces désertiques. La guitare sèche et la basse marquent le rythme. Les voix s'alternent, tantôt légères, tantôt profondes. Au milieu du set, le groupe varie avec quelques couplets de rap et termine en beauté avec des morceaux plus énergiques.

Paléo offre toujours une parenthèse classique aux festivaliers et cette année c'est le Concert Européen qui a cet honneur. Dès les premières notes, un silence respectueux s'installe et le public des Arches s'assoit pour profiter de l'ouverture de « L’Italienne à Alger » de Rossini. Puis le violoncelliste Gauthier Capuçon fait son entrée et, accompagné de l'orchestre, il joue du Hayden. Tous les artistes ont des fans qui sont venus pour eux et Gauthier Capuçon n’échappe pas à la règle.

Bien avant l’entrée en scène de Détroit, le public se masse devant la scène des Arches et c’est une grande clameur qui accueille le groupe alors qu’il monte sobrement sur scène. Il faut le dire qu’on l’attendait le ‘’sombre héros de l’amer’’, sa poésie d’’’écorché’’ et son rock sombre. Et ils entrent directement dans le vif du sujet avec ‘’Dans le soleil’’ et s’en suivront autant de titres composés sous la bannière de Détroit que sous celle de Noir Désir. Si les premiers titres fonctionnent, c’est surtout les deuxièmes qui ont leur place en live. On citera en vrac ‘’Le vent l’emportera’’, ‘’Ma muse’’, ‘’Le Fleuve’’, ‘’Dans le creux de ta main’’ ou encore ‘’Sa Majesté’’. Le public reprend en cœur ‘’Lazy’’ ou encore se laisse emmener sur un ‘’Tostaky’’ de plus de 10 minutes. Le groupe finira sur ‘’Comme elle vient’’ lors du rappel. On a senti Cantat ému et il a su toucher le public. Au final, on grand moment pour tout le monde !

Après ce set riche en émotions, il est plutôt difficile d’entrer dans la musique de The National qui vient d’entrer sur scène. Les américains distillent leur rock tranquille avec souplesse et grâce alors que la nuit tombe sur le festival. S’ils ont principalement joué leur dernier album Trouble will find me, on a aussi eu droit à d’anciennes perles comme ‘’Fake Empire’’, ‘’Mr November’’, ‘’Abel’’ ou encore ‘’Bloodbuzz Ohio’’.

Pendant ce temps, HollySiz est venue défendre son album My name is au Détour et le passage à la scène se fait aisément. Sa formule electro pop eighties fonctionne de manière efficace et la pétillante jeune femme paie de sa personne sur scène : le public quant à lui suit et ils étaient nombreux à danser sous le chapiteau !

La scène des Arches se remplissait à nouveau pour Woodkid. Avec un pro de l'image comme lui (c’est un réalisateur de clips à succès, notamment ceux de Lana Del Rey), on attendait un gros visuel pour l'accompagner sur scène et on n'est pas déçus avec un show tout en noir et blanc avec des écrans et des spots qui balaient la foule. Percussions sur le devant, les cuivres juste après, et les cordes en embuscade comme on l'attendait, mieux que ce que l’on attendait. Woodkid est loin d'être seul, il y a une dizaine de musiciens avec lui. Chacun ajoute sa pierre à une musique imposante, déroutante. L’ouverture de « Volcano » au piano est magique (comme l’entier de ce morceau instrumental d’ailleur). Et c’est face à un public chauffé à bloc que Woodkid termine en enchaînant deux de ses plus grands tubes, « Iron » d’abord puis « Run Boy Run ». Et là, même les pieds du dernier rang se soulèvent et nous on se dit que cette scène est décidément trop petite pour lui.

Après le feu d’artifice, Placebo entre sur la grande scène et c’est parti pour 1h30 sans grande surprise au programme tubes, lumières aveuglantes, projections superflues et un Brian Molko haranguant le public en français. Oui il faut le dire, la recette ne change pas mais après tout pourquoi changer une recette qui marche… On a eu droit au concert auquel il fallait s’attendre et les fans en ont eu pour leur argent : un best of du groupe. Il est vrai que c’est un groupe qui fonctionne bien depuis 20 ans et les londoniens connaissent leur affaire. ‘’B3’’, ‘’Every You Every Me’’, ‘’Special K’’, ‘’The bitter end’’ sont toujours les succès que l’on connait – et que le public attend aussi – et à cela s’ajoutent des titres récents comme ‘’Rob the Bank’’, ‘’A million little pieces’’ ou encore ‘’Exit Wounds’’. Il n’y a pas à dire, la bande de Brian Molko fait sont taf et emmène gentiment les festivaliers à la fermeture de ce 39e Peleo Festival.

Bilan de Cédric :

A la clôture de cette édition 2014, force est de constater que le sentiment qui avait gagné certains lors de la parution du programme, à savoir une édition assez faible, s’est trouvée confirmée : peu de tête d’affiche ont marqué le public, mis à part Stromae qui pour le coup s’est emparé de cette édition. En effet, le belge a été le meilleur et haut la main – n’en déplaise à Sir Elton John qui, en grande forme, s’est vu ovationné de longues minutes jeudi soir. The Black Keys remportent la palme du concert le plus décevant par rapport aux attentes. Néanmoins, il y a eu de concerts très bons comme Grand Corps Malade, Détroit ou encore Cats on Trees. Le prix du public reviendrait à Seasick Steve qui, bien que passant très tôt sur la grande scène, a su charmer le public par sa simplicité et son humour ainsi que par son blues-rock énergique ! On saluera la programmation d’avoir invité Trombone Shorty ce qui sort des rails habituels. Cette année on retiendra surtout ‘’les petits’’ qui ont su mettre l’ambiance sur les scènes plus réduites et on se prépare pour l’année prochaine car c’est le 40e et, on l’espère, une programmation qui fera date !

Bilan de Julie:

Je ne peux que rejoindre Cédric sur une édition qui ne restera pas dans les annales, la faute à une programmation un peu plus faible que d'habitude. Pourtant, il y a eu du bon et du très bon même. Citons Girls In Hawaï, M.I.A (que je ne connaissais pas bien mais qui m'a clairement séduite), Grand Corps Malade, Skip The Use, Détroit et Woodkid. Des noms connus certes, mais qui ont assuré le travail. Rendez-vous l'année prochaine pour la 40ème édition avec, je l'espère, une bonne dose de groupes rock comme on les aime!


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