mercredi , 14 novembre 2018
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Noah And The Whale

The First Day of Spring

Label: Mercury / Universal


Deuxième album pour le prometteur quartet Noah And The Whale, sous forme de projet vainement ambitieux. Pouvaient mieux faire, beaucoup mieux faire. Reste un début flamboyant.

 

Sorti alors que les beaux jours s’en allaient, ce petit exercice de style mélancolique avait retenu toute notre attention. D’autant plus qu’il comportait en son morceau d’ouverture, “The First Day of Spring”, un joyau de classe et de maturité bon à faire s’asseoir les membres de Wilco, Elbow et Calexico réunis. On jette un coup d’œil au livret – lui aussi très beau – pour s’apercevoir qu’ici ça respire la sérénité. Comme d’une autre époque, avec cette orchestration mesurée, concentrée, pour mieux faire exploser son crescendo en une émouvante détonation. Un choc ce morceau, tout simplement. “Our Window” garde le niveau, en fonctionnant cette fois-ci sur une diptique piano-percussions. L’occasion aussi pour le chanteur Charlie Fink de mettre en évidence ses qualités vocales. Sans transition, le groupe enchaîne sur la molle ballade “I Have Nothing”. Malgré quelques belles prétentions – une orchestration toujours réussie, des chœurs somptueux – le titre passe inaperçu. Toujours dans la même atmosphère, “My Broken Heart” reste lui aussi en deça du potentiel évoqué lors des deux premiers titres. On se prend déjà à vouloir revenir en arrière. Soudain, les trompettes réhaussent l’ensemble et le tout finit par prendre forme, dans des airs de Springsteen.

 

Ce n’était pas faute d’essayer

 

On aurait pu s’arrêter là, mais ç’aurait été dommage de rater le triptique “Instrumental 1” – “Love of an Orchestra” – “Instrumental 2” marchant sur les plattes bande d’un Sufjan Stevens, la chorale classique en plus, la folie en moins. Que font ces deux titres ici ? Etrange… cela dit, il faut savoir que le groupe originaire du Sud-Est de Londres a garni cet album d’un moyen métrage, ceci expliquant cela. Un « chef-d’œuvre » selon le Sunday Times, une « ambition à couper le souffle » selon le magazine Mojo, etc. Les critiques sont unanimes, cet album fait partie des « must have » de l’année 2009. De notre côté plane ce sentiment de malaise, entre des choses absoluments géniales (“Blues Skies” y compris) et d’autres vraiment passables voire poussives. Que dire de ce “Stranger” qui semble copier les bons plans de la première moitié de l’album, outre sa tentative de medley trop timide pour marcher… Et qui veut payer pour entendre du simili-Coldplay sur le final “My Door Is Always Open” ? Constat mitigé donc, à notre grand regret. Et ce n’était pas faute d’essayer. Toutefois, précipitez-vous sur les titres “The First Day of Spring” et “Our Window”, on y aperçoit du talent démesuré. Un tiers d’album de bonne tenue: certains signeraient tout de suite, à l’heure actuelle.


Blue Skies -'The First Days Of Spring' by Noah and The Whale from Julian Eguiguren on Vimeo.

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