mercredi , 17 juillet 2019
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Mustang

A 71


Le grand retour des yéyés, des vieilles bagnoles, de la rock attitude version 50’s. Voilà l’univers proposé par Mustang, un jeune groupe français. A71, l’autoroute de Clermont à Paris et surtout un album qui a secoué le paysage musical actuel de ces derniers mois. Analyse.

Adulé par la presse, groupe français de l’année 2009, album révélation, chroniques dithyrambiques, le grand retour du rockabilly, voilà à peu près ce que l’on peut lire sur le groupe Mustang. Les jeunes musiciens de Clermont-Ferrand sont en effet sortis des sentiers battus pour pondre un album étonnant. Fini les mèches tombantes dans les yeux, on est bien loin des ambiances indie rock et shoegaze du moment. Avec Mustang, on ressort le gel à cheveux pour se faire la coupe la plus retro possible. Dignes représentants de la scène rockabilly, les Mustang ont grandi aux sons d’Elvis, de Bo Diddley, de Buddy Holly et autres légendes du rock 50’s.

C’est sûr que qu’en 2010, ce genre musical peut paraître ringard. Alors
que les kids se cherchent entre le rap, le rock, l’électro et d’autres
trucs modernes, voilà que les 3 gars de Clermont, âgés d’une vingtaine
d’années, débarquent avec de la musique d’un autre siècle.

 

 

 

 

Alors pourquoi tout le monde les place au rang d’idoles nationales suite à ce premier album ? Le débat sur l’identité nationale ? Non…

L’originalité et le style proposé sont peut-être une raison, mais si c’était du rockabilly pourri, la presse se serrait vite acharné sur eux, ou n’en aurait pas parlé.
Il faut donc bien se rendre à l’évidence, les p’tits gars ont du talent et ce qu’ils proposent est loin d’être ringard. C’est vrai qu’à la première écoute, on est un peu surpris, peut-être même un peu déçu, mais une oreille attentive et ouverte d’esprit ne peut qu’apprécier ce disque. Certains morceaux ressortent vite du lot comme les désormais célèbres “Le Pantalon” ou “En Arrière en avant”. Deux titres qui restent facilement en tête grâce à une mélodie efficace, un groove oldschool assez dansant et des paroles marrantes. Mustang utilise un synthé minimaliste avec quelques accords redoutables. Quelques sonorités sonnent tout de même actuel. Mise à part ces deux tubes, d’autres morceaux sont intéressants. Le très doux et tendre “Maman chérie” que l’on a envie d’offrir en cadeau à sa mère pour lui déclamer notre amour le plus sincère. Il y a le décalé “Anne-Sophie” que Jacques Dutronc aurait pu chanter il y a quelques années. Et dans le genre encore plus barré, “Pia Pia Pia” est pas mal. La force de cet album réside aussi dans le fait qu’il n’y a pas de mauvais titres.

Les Chats Sauvages ne vont pas miauler de si tôt

En fait, l’album s’apprécie au fil des écoutes. Il ne faut pas se fixer sur ce genre yéyé-rockabilly. N’ayez crainte, Dick Riverse n’est pas de retour et les Chats Sauvages ne vont pas miauler de si tôt.

Mustang apporte donc un peu de fraicheur au paysage musical français, mais sur le long terme, est-ce vraiment possible de durer ? Un groupe de rock classique va pouvoir plus facilement s’adapter aux modes ou évoluer tout simplement. Avec un style si particulier, ce n’est pas facile de durer. Le Buzz une fois passé, que va-t-il rester ? Dur à dire… C’est pourquoi, profitons simplement de l’instant présent, profitons d’A71 et attendons de voir la suite. En attendant, n’oubliez pas votre tube de gel pour la banane et comme le dit si bien Jean Falzine, n’oubliez pas de remettre votre chemise dans votre pantalon.


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