samedi , 15 décembre 2018
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Muse

The Resistance

Warner


Le trio anglais est en passe
d’entrer dans la famille des « plus grand groupe de rock ». Cette fois,
ils prennent des risques avec leur nouvel album THE RESISTANCE.
Vont-ils faire un pas de plus pour entrer dans la légende ? Analyse du
phénomène.

 

Nous avions quittés Matthew Bellamy et ses compagnons en 2007 à la
suite de deux concerts exceptionnels dans le mythique stade de Wembley.
Environ 100’000 personnes par concert, c’est correct. Le CD / DVD de ce
show, HAARP est sans équivoque : Muse est un groupe monstrueux.
L’énergie dégagée sur scène par les trois musiciens est incroyable.
Talentueux, fous, mégalomanes, il y a tant de qualificatifs pour
décrire ces trois gars de Teignmouth. Jusqu’où iront-ils ?

 

11 septembre 2009, Muse
sort son 5ème album studio. Après avoir entendu les deux premiers
single sur les ondes, on peut déjà faire quelques observations.
“Uprising” est dans la lignée des derniers albums de Muse. C’est
rythmé, on sent l’influence classique au synthé et lors du solo
guitare. La mélodie cartonne et la voix de Bellamy est fidèle à
elle-même. C’est du pure Muse. Succès garanti pour les prochains
concerts.

Par contre, à l’écoute de “United
States of Eurasia” on découvre le Freddy Mercury qui sommeille en
Bellamy. Ce titre est teinté de “Bohemian Rhapsody” avec des décors
Egyptiens. Il y a encore ce final au piano qui nous plonge dans un
univers plus mélancolique. Ce titre à la capacité de nous envoyer des
photos mentales et on sent déjà qu’il s’accommode à merveille avec le
cinéma.

 

Ca,
on l’avait déjà entendu. Voyons maintenant ce que réserve le reste de
ce THE RESISTANCE. Ben justement, en piste 2, on découvre le titre
“Resistance”. Départ assez calme au synthé, couplet, puis passage un
peu plus pop avec la première partie du refrain (It could be wrong,
could be wrong). La suite du refrain est d’avantage rock. Mais cette
tendance à faire de la pop apparait dans le morceau suivant
“Undisclosed Desire”. On entre dans de l’électro pop tendance new wave.
Et là forcément, on pense à Depeche Mode. Encore une influence de plus
dans ce disque. Le résultat n’est pas incroyable. En plus la rythmique
sonne Rn’B. Muse est bien meilleur dans le rock progressif
classico-symphonique.

 

 

On découvre le Freddy Mercury qui sommeille en Bellamy

 

 

Cependant, il faut admettre qu’au niveau du rock, cet album s’en
éloigne. Au fil des disques, Muse a toujours plus accentué le côté
électro et classique des compos. Cette fois avec THE RESISTANCE Muse a
franchit une étape. A l’époque de SHOWBIZ, on les comparait (à tort ou
à raison) à Radiohead. Lorsque la bande à Thom Yorke a sorti en 2000
KID A, nous avons tous crié au scandale. Et finalement avec le recule,
ce disque est excellent, il fait partie intégrante de la discographie
et de l’évolution du groupe. Le saut entre KID A et OK COMPUTER et bien
plus large qu’entre THE RESISTANCE et BLACK HOLE. Les vieux fans de
Muse devront peut-être serrer les dents et avoir un regard plus méta
sur l’ensemble de l’œuvre.

 

Il
est vrai que THE RESISTANCE peut dérouter. La seconde partie de l’album
a de quoi surprendre. On retrouve tout de même des morceaux dans les
normes Musiennes (Unnatural Selection, MK Ultra), mais ensuite Bellamy
s’envole Dieu sait où. Il nous étonne d’abord sur I BELONG TO YOU (+
MON CŒUR S’OUVRE A TA VOIX). Une rythmique au piano très entraînante en
début du morceau, puis on chavire dans du néoromantisme avec des textes
en français et on retrouve cette bonne rythmique à la fin du titre.
Assez étonnant, mais agréable. Le terme de l’album est composé d’un
triptyque Exogenesis. C’est-à-dire trois morceaux qui sont purement
d’influence classique où notre ami Matthew met en exergue ses talents
de virtuose et de pianiste. Bien mais pas top. Ou alors il nous faut
quelques semaines d’adaptation, mais là, à chaud, cette fin nous laisse
quelque peu pantois.

 

Comme
vous l’aurez compris, cet album de Muse part un peu dans tous les sens.
L’évolution suit son cours, le groupe se permet de nouvelles
expérimentations et ils ont bien raison. Le succès de Muse reposait
principalement dans le fait qu’il n’y avait peu ou pas de remplissage
dans leurs albums. On avait eu quelques doutes sur BLACK HOLES AND
REVELATIONS et cette fois ça se précise sur ce 5ème opus : quelques
titres ne passent pas la rampe ! Muse avait cette classe de terminer
les albums en apothéose. Cette fois-ci, l’Exogenesis en trois parties
nous déçoit. Au final, la note reste positive car certains titres sont
incroyables. Bellamy est un artiste, un fou, un génie. On en a bien
besoin.



6 commentaires

  1. Commentaire sur l’Article
    Bel article !
    Ceci dit, il est maladroit de qualifier d’ “égyptienne” une mélodie dès qu’elle comporte des secondes augmentées. On dirait plutôt qu’elle est inspirée d’Orient.
    Par ailleurs, la fin de United States of Eurasia est un plagiat de Matt Bellamy sur l’un de ses compositeurs favoris : Chopin, pièce qu’il a enrichi d’un léger arrangement.

    Un Album qui comporte une recherche musicale poussée. On sent que les chansons n’ont pas été faites en une journée !

  2. Re: The Resistance
    c’est pas un plagiat, puisqu’il le signale dans les crédits de l’album, qu’il joue du chopin du United States.

    Sinon bel album, qui part un peu dans tous les sens c’est vrai.

    Et effectivement, exogenesis est une chanson sur laquelle bellamy travaillait depuis plusieurs années. Ce n’est pas une VRAIE symphonie (au sens classique, comme celles de Beethov ou Haydn par exemple), mais le travail de composition est énorme, vraiment.
    Ce type est un génie, et cet album fait bien plaisir.

  3. Re: The Resistance
    A croire que l’auteur de ces lignes n’aime pas la musique tout court. Il y a tellement d’émotions concentrées dans cet album que les ignorer est incompréhensible à mon avis.
    Est-ce si difficile d’apprécier des morceaux aussi beaux sans laisser son jugement être totalement biaisé par des attentes ?infondées? `?

  4. Re: The Resistance
    J’ai redécouvert Muse un peu tardivement mais ça me permet de ne pas être trop nostalgique.
    Cet album est totalement génial même s’il se différencie beaucoup des précédents.
    En effet, tellement d’émotions contenues dans chaque chanson et livrées avec tellement de talent et de maitrise…De quoi se plaint on exactement !?
    A l’heure où 90% de la production, aussi bien rock que pop ou r’n’b, est purement anecdotique, moi je crie au génie devant la puissance créatrice de Muse.
    Ils affirment une fois de plus leur position: un des meilleurs groupe de ces 20 dernières années, sans conteste.
    Bien sur, tout le coté brut de Origin Of Symmetry est ici totalement lissé…Mais cela donne à l’album un aspect futuriste que j’adore aussi.
    Quant au final, j’avoue, au début j’ai eu du mal. Mais après quelques écoutes je me laisse emporter par l’inspiration et je suis à nouveau bluffé, com dab.
    Rien à rajouter sauf : thank you Matt.

  5. Re: The Resistance 2
    Encore un com pour la route.
    Je vois partout de très mauvaises critiques de Guiding Light.
    Je tiens à défendre cette chanson !!
    Starlight était à mon sens une chanson TRES personnelle portée par une mélodie TRES universelle, c’est justement ça qui la rend géniale.
    Je retrouve un peu tout ça dans Guiding Light mais musicalement c’est tellement dépouillé qu’elle en devient presque banale.
    Que voulez vous, même la banalité chez Matt Bellamy peut etre réjouissante.
    C’est simple, chaque fois que j’écoute un album de Muse je bascule dans la 4ème dimension.

  6. De bonnes idées indéniablement, pour peu de débrancher temporairement son esprit critique et/ou artistique. Car en ouvrant ce fameux “troisième oeil” comme évoqué dans Uprising (la plus sympa), force est de constater l’impressionnante stérilité de l’ensemble. Chaque fin de titre étant plus médiocre que la précédente, il s’avère impossible de trouver un morceau réellement abouti sur un album qui se rêve une synthèse idéale de Queen et de Radiohead. Rock ? La présence de guitares électriques sans doute… Procurant un désir urgent de réecouter Pink Floyd et les solos Gilmouriens. A noter que dans un monde où les bons groupes cités n’existeraient pas, Muse passerait sûrement pour en être un. Une symphonie en trois parties ? Sur le papier ça a l’air chouette et tout ça mais au vu du triste résultat, se surprendre à se demander d’où provient la belle mélodie pianistique à la fin d’U.S.E. n’est pas anodin : car il s’agit de Frédéric Chopin. Sursaut d’honnêteté, à défaut d’originalité, quant à l’incompétence avouée. Nouveau ? “OK Computer” est dans les bacs depuis 1997 et des titres tels que “Bohemian Rhapsody” ou encore “We Are The Champions” existent respectivement depuis 1975 et 1977. En l’état Muse fait donc (pâle) figure de faux-prophète, borgne sacré roi par une génération d’ analphabètes incapables d’exprimer la moindre nuance spirituelle, acteurs d’une pauvreté culturelle depuis trop longtemps actuelle. Il est un point cependant sur lequel cet album et moi tenderons à nous accorder : l’heure de la résistance a sonné.

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