lundi , 24 septembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Chroniques CDs » Lettre ouverte à Muse

Lettre ouverte à Muse

The 2nd Law

Label: Warner

Et voilà...

Très cher Muse,

Je viens de découvrir THE 2ND LAW en avant première sur leparisien.fr et mes attentes n’ont pas été troublées. Incontestable fan des premiers temps de Muse, je me retrouve face à cet album qui justifie mon accablement depuis quelques années. Que s’est-il passé ? Je ne te reconnais plus. J’ai toujours eu peur que les effets électroniques prennent le dessus sur le rock brut et criard qui faisait ta particularité. Je savais qu’il était question de s’inspirer de la mouvance dubstep et voilà où nous en sommes… THE 2ND LAW est globalement d’une médiocrité consternante. Il fut un temps ou certaines critiques pouvaient se permettre de te comparer à Radiohead. Au temps tu étais un groupe hors paire ou vous, Mr Bellamy, nous nouiez les trippes par vos mélodies à en couper le souffle et votre voix imparfaite qui vous sortait de l’estomac. Bien qu’il y ait dans cet album quelques pincées intéressantes, je reste sans voix en écoutant la votre. Votre lyrisme irréprochable l’est devenu, trop de manières à défaut d’un chant fort et sincère. C’était beau, jadis, de voir jusqu’où le trio pouvait aller, de voir cette énergie incomparable, ces sons saturés et électriques qui en faisaient vibrer plus d’un. A mon grand désarroi, tu t’es rangé dans une case propre, au chaud bien confortable. C’est bien beau d’être désigné pour la composition de l’hymne officiel des J-O… Voici le reflet de la corruption artistique. Est-ce un passage obligatoire pour tout groupe à succès ? Je ne comprends pas. On parle de Muse là, toi qui est à l’origine de morceaux gigantesques comme "Hysteria" ou "New Born". Toi qui a marqué toute une génération avec des albums remarquables tels qu’ORIGIN OF SYMMETRY et ABSOLUTION. C’est le « Showbiz » qui t’est monté à la tête… J’en ai bien peur. J’ai comme le sentiment que les trois musiciens bourrés de talents qui font ton entité ont succombé à la tentation de la nouvelle technologie par l’ajout incessant et démesuré de superflu : nappes de cordes en doublon de la guitare, effets de résonnances qui débordent… La mégalomanie est à prendre avec modération. Je mets un peu d’eau dans mon vin en t’accordant quelques points positifs. Il m’est arrivé d’entrevoir quelques lueurs d’espoir. Le disco-funk totalement hors contexte dans "Panic Station" et "Big Freeze" est surprenant. "Panic station" est un morceau digne d’un Red Hot des années 80, le slap à la basse est exquis. On aperçoit également certains breaks bien lourds qui me soulagent dans "Supremacy" ou "Animals"  Ouf ! Vous avez su garder quelques « pièces cassées de la vie que vous aviez avant».  Aah nostalgie… Les morceaux "Animals" et "Unsustunaible" témoignent d’une recherche de nouveauté très forte. Cet album commence avec une dynamique très riche mais retombe bien vite avec "Madness", morceau pop et maniéré à souhait. Puis tout bascule avec "Follow Me" qui m’a achevé ! Trop c’est trop ! Peux-tu m’expliquer comment tu es tombé si bas ? Quel est donc ce beat de boîte de nuit à la David Guetta et cet essai dubstep très (trop !) industriel ? Je ne peux te reprocher de te chercher et de vouloir toucher d’autres horizons et c’est là que je reste respectueuse envers toi.

En tant qu’ex-grande fan, voici donc mon premier ressenti sur le vif. Quelques morceaux me réjouissent et je continuerai à croire en toi et à m’intéresser à ce que tu fais car tu restes un groupe de talent, mais je t’en prie ne t’égare pas trop… 


2 commentaires

  1. Ca me rappelle la sortie du dernier album de Coldplay qui avait pondu des morceaux comme “Yellow” au début des années 2000 pour finalement faire un featuring avec Rihanna… Il faut croire que certains groupes n’hésitent pas à mettre de côté certaines valeurs et vont où le vent tourne. Rien de mieux qu’un comme Dave Grohl qui ne laissera jamais mourir le rock en enregistrant un album dans son Garage ! A l’ancienne ! (ça fait vieux con de dire ça non ?)

  2. Non ça ne fait pas vieux con, c’est même l’essence du rock!

    Jolie critique. une lettre que j’aurai pu écrire – sauf la fin puisque, Muse et moi c’est fini. Une rupture douloureuse mais vu la descente progressive du groupe, ça ne sert à rien de perdre son temps avec eux alors qu’il y a de très bons groupes qui savent composer et écrire sans pomper les autres…

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page