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Muse

Live sous la Tour Eiffel

Tour Eiffel, Paris (FR), mardi 28 juin 2016

REVIEW - Euro 2016 en France oblige, une énorme fanzone a été mise en place aux pieds de la Tour Eiffel. Après un David Guetta qui ne nous intéresse guère sur Lords of Rock, voilà que du rock se présentait à nous : Muse. L'occasion idéale de nous rendre dans ce décor de rêve pour un concert d'exception. Résumé de la soirée.

Les hostilités sont lancées par les X Ambassadors ! Première partie relativement convenue contrairement à ce que leur nom pourrait laisser imaginer. Le public est réceptif, mais la flamme a bien du mal à être entretenue. Cette flamme d’ailleurs, qui tire son oxygène de sa relation presque exclusive avec Muse, risque d’être menacée par les éléments qui semblent vouloir se déchaîner sur la capitale. Le ciel est noir, le vent se lève, et les policiers… ont contraint les gens à jeter leurs parapluies à l’entrée de la fan zone, sécurité oblige. L’atmosphère régnante nous confirme dans l’idée que les spectateurs, face à un déchaînement climatique, sauront faire preuve de Resistance. A l’opposé de la reprise anglaise de Gérard de Palmas par ces Ambassadors, le public ne laissera pas tomber ses idoles, même si ces dernières ont récemment laissé tomber l’Union Européenne.

Au diable la politique, la première partie se termine ! Les techniciens mettent en place la scène pour LE groupe de la soirée. L’atmosphère est lourde, électrique. Des odeurs d’herbe émanent. Sûrement celle foulée par les dizaines de milliers de fans présents sur le Champ-de-Mars… Des cris invoquant désespérément Matthew résonnent. Au moindre son laissant croire le démarrage du concert, le public s’emballe, mais il ne s’agit que de tests, éprouvant les nerfs de chacun. Les malaises s’enchainent, et les personnes qui en sont victimes sont évacuées par les services de secours, bien organisés. Si près du but, après toute cette attente. Dommage.

Fracassante ! Telle fut l’entrée sur scène des artistes. La foule, qui attendait cet instant depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines, jubile ! La mise en scène, explosive, est soignée, et les visuels sont très travaillés. Mention spéciale aux jeux d’écrans mouvants, avec en particulier les mains géantes connectées aux musiciens par des fils numériques, les manipulant comme des marionnettes. Comme attendu, ils ont mis le paquet. L’alternance entre les titres les plus connus, sur lesquels la foule s’extasie dès les premières notes, et d’autres plus paisibles, rythme astucieusement le concert. « Uprising », « Supermassive Black Hole » et « Resistance » font le plus mouche dans l’assistance, à tel point qu’une véritable fusion s’opère lorsqu’est entamée « Starlight », et que l’on se demande si c’est le public que le groupe veut hold in his arms.

Chris et Dom’ s’affrontent dans des duels instrumentaux sans fin, puis Matthew prend le public par les sentiments au piano. La terrible intro entamée par Chris à l’harmonica, annonçant « Knights of Cydonia », fait frissonner la foule. Il ne pouvait y avoir de meilleur cadre que le Champ-de-Mars pour jouer le thème récurrent de Il était une fois dans l’ouest, ouest plus que jamais parisien pour le coup.

Toutes les bonnes (meilleures) choses ont fin, et l’on n’a pas vu le temps passer. Après un peu plus d’une heure et demie de show effréné, les virtuoses déposent leurs armes devant la foule, qu’ils n’ont pas réussi à vaincre, car celle-ci est inexpugnable, et en réclame davantage. Pour des raisons de sécurité, et de proximité du voisinage, le groupe n’a sans doute pas eu l’autorisation de prolonger sa prestation, ne lui permettant pas de combler davantage un public qui lui sera toujours acquis. Bienheureux celui ou celle qui a récupéré les baguettes de Dom’, lancées dans la foule.

Tout événement de ce type mérite une conclusion à sa hauteur. En cherchant l’inspiration, en quête d’une muse guidant ma plume, j’ai fini par tomber dessus à l’improviste, sur le chemin retour. Une demoiselle, s’extasiant de la soirée, reconnaissait avoir « fait une descente d’organe sur "Knights of Cydonia ». Qu’ajouter d’autre ? Poésie, quand tu nous tiens !


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