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Morrissey

Years Of Refusal


Depuis toujours, il y a deux types de fans de Morrissey, ceux qui vivent dans la perpétuelle mélancolie de son ancien groupe les Smiths (et qui ont vomi sur pratiquement toute sa carrière solo) et ceux, plus ouverts, qui se disent que les Smiths c’était bien mais que certains des albums qu’il a faits ensuite (VIVA HATE, YOUR ARSENAL et YOU ARE THE QUARRY notamment) ne sont pas mal non plus. C’est bien sûr à eux, en premier lieu, que s’adresse ce YEARS OF REFUSAL.

Trois ans presque jour pour jour après la sortie de son album précédent (le très critiqué et pourtant assez réussi RINGLDEADER OF THE TORMENTORS), Morrissey a décidé de nous réserver une petite surprise avec ce YEARS OF REFUSAL qui est certainement son disque le plus rock depuis SOUTHPAW GRAMMAR, voire carrément YOUR ARSENAL. "Something Is Squeezing My Soul", la chanson d’ouverture de ce CD est même carrément l’un des morceaux les plus violents de sa carrière (bon, ça n’est pas Nine Inch Nails ou Queens Of The Stone Age non plus, hein…), et "Black Cloud" ou "I’m OK With Myself" ne sont pas très loin derrière. Ensuite, même si Morrissey conserve quasiment tout du long une simple formule basse / guitare / batterie, les choses se calment quand même un peu. Il y a des morceaux assez classiques ("I’m Throwing My Arms Around Paris", "All You Need Is Me" ou le très kitsch "When Last I Spoke To Carol" et ses trompettes mariachi), de superbes pop songs ("Mama Lay Softly On The Riverbed") ou une jolie ballade mélancolique ("You Were Good In Your Time"). Mais le sommet de l’album est sans aucun doute l’excellent enchaînement "That’s How People Grow Up" / "One Day Goodbye Will Be Farewell" (sur lequel Momo chante « When I die I want to go to Hell ») /" It’s Not Your Birthday Anymore". Là, le temps de tout juste onze minutes de très haut niveau, Morrissey nous rappelle à quel point il est un artiste unique, possédant une vraie identité et un vrai style totalement inimitables (chose encore plus précieuse dans notre rock moderne où 90% des groupes se ressemblent).

Au final, YEARS OF REFUSAL est un bon Morrissey, qui certes ne révolutionne rien du tout, qui certes a peu de chances de lui amener un quelconque nouveau public, mais qui est un réel bonheur pour les aficionados. Ne reste maintenant plus qu’à attendre le nouveau Jarvis Cocker (autre grand artiste anglais totalement atypique dont le prochain disque est annoncé pour très bientôt).


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