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Michael Jackson (1958-2009)

1958-2009

Epic-Sony Music


En 1994, j’avais deux idoles de jeunesse. Ayrton Senna et Michael Jackson. Si l’un est décédé abruptement dans ce foutu accident à Imola le 1er mai de cette année-ci, en direct sous mes yeux alors que je n’avais même pas 10 ans, Michael Jackson n’était déjà plus intouchable. Reste que deux ans après l’avoir vu au vénérable stade de la Pontaise (en 1992) lors du Dangerous World Tour, le choc était toujours là, comme une révélation qui allait sûrement orienter toute ma vie future. Deux virtuoses, deux privilégiés, mais aussi deux personnes hors normes à qui on avait enlevé jeunesse et refuge.

 

Paradoxalement, il aura fallu le coup de marteau du mouvement punk et tout le nihilisme consubstantiel pour voir arriver au lendemain du mouvement les plus grandes célébrités de la pop music, entre Jackson donc, mais aussi Prince, Madonna et j’en passe. L’explosion médiatique, la bulle spéculative, la ruée de fans, Pepsi ou Coca Cola se payant des artistes mastodontes ; tout cela a entouré ces noms devenus entreprises multinationales. Mais Jackson est allé plus loin : un parc d’attraction pour celui qui s’était auto-proclamé, comme tout le monde le sait, « le Roi de la pop », des belles paroles démago (« Heal the world, make it a better place… »), des shows coûtant plus de CO2 que le total annuel du Gabon, un corps devenu caméléon…

 

C’en était sans doute trop pour le grand public. En 1991, Jackson lance DANGEROUS, produit par Teddy Riley pour un album appelé comme une pièce maîtresse de la fondation du R&B moderne, mélangeant hip-hop et new-jack. Résolument différent des précédents, cet album, sans être son plus grand succès, permet au natif d’Indiana de survivre artificiellement, moins artistiquement que commercialement. En effet, on recensera la présence de : Michael Jordan (Jam), Naomi Campbell (“In The Closet)”, Eddie Murphy, Magic Johnson et (“Remember The Time”), Macaulay Culkin (“Black Or White”) et même Slash de Guns’n Roses ou encore Tyra Banks sur Black or White. Encore un nom ? Stéphanie de Monaco sur “Mistery Girl”. Arg.

 

Lu sur Internet : « Michael Jackson était artistiquement mort depuis 1987 ». 1987, c’est la sortie de BAD, qui effectivement entamait une transformation tant corporelle que musicale, où des guitares hideuses hard-rock accompagnaient de plus en plus ses compositions ; encore produit par Quicy Jones, l’homme-enfant ne faisait plus danser, si ce n’est sur “Smooth Criminal” et son clip de circonstance.

On retiendra donc deux albums essentiels : OFF THE WALL en 1978 et surtout THRILLER en 1982. Outre le clip du titre éponyme devenu référence et outrageusement pompé depuis 27 ans, ce chef-d’œuvre livrait aussi ses plus grands morceaux, tels que le définitif “Billie Jean”, “PYT” ou “Wanna Be Starting Something”. Jackson frappait fort, difficile de ne pas se tromper. D’autant plus qu’OFF THE WALL avait déjà bien préparé le terrain : a peine âgé de 21 ans et fraîchement délesté de l’emprise familiale (dont le sujet vaudrait à lui seul une longue analyse comparée) et cessant sa période Tamla-Motown, Michael Jackson entamait sa collaboration avec Quincy Jones tout en gardant quelques recettes qui avaient déjà fait le succès des Jacksons Five : funk, disco, pop et soul emmenés par une qualité vocale hors-norme. “Don’t Stop ‘Til You Get Enough”, “Rock With You” ou encore “Off The Wall” furent les titres-clés de cet album.

 

Et maintenant? Mort à 50 ans d’une crise cardiaque, Michael Joseph Jackson laisse derrière lui une empreinte brute et donc ambiguë, des histoires que seules des stars comme lui peuvent se voir affubler, mais aussi des artistes devenus orphelins d’un chanteur immensément talentueux. Ce matin, j’ai pleuré. Après le décès d’Alain Bashung, 2009 est une année maudite, qui nous enlève peut-être un peu de notre enfance. Etres mortels malgré tout, les idoles de jeunesse s’effacent elles-aussi…


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