dimanche , 23 septembre 2018
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Merzhin

Des heures à la seconde

Label: Adrenaline Prod

ROCK-FRANCAIS - Merzhin est typiquement un groupe de rock qui n’a pas oublié ses origines bretonnes. Bien qu’on le classe sans discussion dans le rock français, ce groupe a employé de nombreux instruments traditionnels comme la bombarde. Le précédent album PLUS LOIN VERS L’OUEST (2008) différait avec une section de cuivres et un regard porté vers le rock et la pop américaine. Qu’en est-il pour ce retour sur disque ?

Selon leurs propres mots, les hostilités musicales s’ouvrent avec « Je suis l’homme ». Du vrai rock français, comme on aimait dans les années 90. Le titre suivant « Dans ma peau » flirte davantage avec le rock américain, bien que le refrain laisse planer l’ombre musicale d’un Noir Désir. Le duo avec Manu (Ex-Dolly) « L’Eclaireur » diffère avec ce son plus pop et radiophonique. Cette invitation à courir accuse d’une petite baisse de niveau, bien qu’il soit soutenu par un solo de bombarde. Fini les sons saturés pour une « Bande passante » en acoustique, calmant le jeu. Ce n’est pas le seul passage plus acoustique, et le plus réussi reste « Les Heures vagabondes », avec un très bon riff, une ambiance bien rendue par la composition comme l’arrangement.
La seconde partie du disque est tout de même plus faible, sans être mauvaise. On retrouve un peu tous ces styles, mélange d’un rock français, accompagné si besoin de cuivres, soutenu par un solo de bombarde, mais des titres comme « Quand vient le silence » trahissent d’une petite baisse de niveau. L’album se termine dignement sur le dynamique « Indignés » qui, avec son coté pop-rock, cloture le disque sur un titre bien mélodique, fait pour la scène ou la radio, et répété pour qu’on s’en souvienne. Le fade-out se termine sur le bruit d’une horloge, rappelant le titre de l’album.

Pourtant, s’il y a un reproche global à faire à cet album, c’est la perte de leur sonorité originale. Plus lisse, plus formaté (malgré ici et là de très bons points), le groupe délaisse globalement les sections cuivres ou le coté celtique qui leur donnait un son plus particulier. Ce changement n’est pas forcement négatif, et peut être vu comme une évolution. Mais, face aux nombreux disques de rock français parus et leur identité qui leur permettait de se démarquer, c’est tout simplement dommage de lisser ses caractéristiques musicales.

Avec quelques titres plus faibles et une évolution discutable dans leur sonorité, Merzhin ne nous livre pas son meilleur opus. Pourtant, particulièrement dans la première partie du disque, le groupe réussit à nous transporter grâce à un rock made in France. Alors ne boudons pas notre plaisir et profitons de titres vraiment réussis comme « Viens dans ma peau » ou le plus acoustique « Heures vagabondes ».


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