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Man Man

Live au Romandie

Le Romandie, Lausanne (CH), Mardi 20 septembre 2011

REVIEW - Mardi soir le Romandie accueillait la seule représentation en suisse de MAN MAN, combo originaire de Philadelphie à la musique inclassable, atypique et déjantée. Ne voulant rater ça pour rien au monde, on y a assisté et on n’est pas sûr d’en être revenu sans aucune séquelle.

 

Mais avant le passage des américains c'était à Pierre Omer que revenait la lourde tâche de chauffer le maigre public présent. Difficile de passer avant un groupe connu pour ces prestations scénique complètement cinglées. Mais le membre fondateur des Dead Brothers, venu en duo guitare-batterie, a fourni une prestation sobre et efficace dont l'évolution crescendo à su saisir l'assistance sans aucune peine. Une fois le set du genevois bouclé on pensait que tous les dérivés de son blues-rock nous avait chauffé à blanc pour l'attraction de la soirée. Que nenni, toute la classe de Pierre Omer est  malheureusement passée au second plan une fois la fougue des américains déployée sous les arches du Grand Pont.

Arrivé par le fond de la salle en file indienne orné de leur traditionnelle peinture de guerre, traversant un public plus dense que lors de la première partie au rythme d'un saxo donnant le pas. Man Man à surpris tous le monde par son entrée. À peine arrivé sur scène, c’est avec "Feathers" qu’ils entament la soirée. La balade d'ouverture de SIX DEMON BAG est interprétée proprement et sobrement devant un public encore médusé par les accoutrements du quintette. Mais le flegme esquissé par Honus Honus et ses compères lors de ce titre est totalement relatif. Dès l'entame de "Knuckle Down" on comprend alors vite ce à quoi va ressembler le reste de la soirée: un délire collectif d'une énergie rare.

 

 

Enchainant avec "Piranhas Club"  suivis principalement des titres du dernier album au milieu desquels sont glissés "Mister Jung Stuffed", "Doo Right" ou encore "Easy Eats" or "Dirty Doctor Galapagos". Peu importe le titre, le rythme ne baissera jamais d’intensité. Chaque membre est déchainé, ça bouge dans tous les sens, impossible de prendre une photo correcte avec notre appareil à 2 balles, leur seule limite se trouve être la taille de la scène, trop petite pour autant d'agitation. Des confettis, des plumes multicolores, des trousseaux de clé venu de nulle part, des costumes qui ne veulent rien dire, on aura droit à tout et dans tous les sens. Ce jusqu’à la folie xylophonesque de The Ballad of Butter Beans dont la mise en scène verra Pow Pow, Chang Wang, Turkey Moth, Jefferson et Honus Honus couchés par terre une bonne dizaine de seconde avant de repartir de plus belle pour la suite des hostilités. Une brève sortie de scène plus tard, le temps de reprendre son souffle et d’entamer un final époustouflant avec Life Fantastic, Engrish Bwudd  et pour clore, un "Van Helsing Boombox" d'anthologie.

 

Lausanne ne serait pas encore prêt à recevoir pareille prestation ?

 

Le seul bémol de la soirée vint non pas du groupe mais du public qui aura mis du temps à se mettre au niveau de la folie offerte et Man Man n'aura malheureusement pas eu autant de retour à ce qu'ils ont donné. La faute à quoi ? Une salle pas assez remplie ?  Mardi ? Ces hurluberlus n’étaient pas assez connus du public présent ? Lausanne ne serait pas encore prêt à recevoir pareille prestation ? La question reste ouverte. La seule certitude est que de se retrouver dans une salle non bondée pour un pareil spectacle relève presque du gâchis. On se permet donc de fustiger les absents qui ont vraiment eu tort de préférer leur canapé à la visualisation de ce bordel organisé.  Tant pis pour eux, ce qui est sûr c’est que nous, on en a pris plein la gueule.

 


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