mardi , 18 septembre 2018
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Local Native

Hummingbird

Label: Frenchkiss Records / Infectious Records

INIDE-ROCK - Après la sortie de leur premier album, GORILLA MANOR, en 2009, les Local Natives signent un retour brillant, illuminé par une collaboration inédite avec Aaron Dessner. Marquée de l’empreinte du guitariste et claviériste de The National, HUMMINGBIRD s’inscrit comme l’une des meilleurs productions indie rock de l’année 2012. Une envolée suave et mystérieuse dans l’univers intimiste des garçons de Los Angeles.

HUMMINGBIRD était fortement attendu après le succès de GORILLA MANOR, premier opus instinctif mais convaincant des natifs de la cité des Anges. Ce deuxième album s’inscrit dans la continuité du premier mais dispose en supplément d’une esthétique renforcée, de mélodies sacrément chiadées et d’arrangements orchestrés à la note près. Il faut dire que les Californiens ont fait du chemin, et à ce propos une tournée bien entourée, aux côtés de The Arcade Fire et de The National. Rien que ça! Les Américains ont donc beaucoup appris, réfléchi et travaillé pour donner naissance à ce HUMMINGBIRD. La traduction «colibri» est substantielle, car symbolique pour les membres du groupe qui viennent à nouveau de vivre une expérience fondatrice de leur identité avec cette tournée et l’enregistrement, du toujours difficile, deuxième album.

 

 

Un sentiment de fragilité, une mélancolie bienveillante, plane en filigranes de l’album, que ce soit sur "Black Spot", "Three Months" ou "Colombia", tous marqués par autant de vulnérabilité, une musique riche et épurée à la fois. La patte d’Aaron Dessner n’y est pas innocente tant la méthode abyssale de The National transparait sur HUMMINGBIRD. Dans un style bouillonnant de références, les influences sont si nombreuses qu’il est impossible, et surtout bien inutile, de caser Local Natives dans une catégorie définie. Sur "Ceilings", la guitare, la voix et les choeurs rappellent la virtuosité tranquille des Fleet Foxes. "Heavy Feet", plus électrique, a des airs inquiétants de ressemblance avec… The National. Mais c’est surtout cette folk vaporeuse émanant de l’album qui marque le plus. Notamment la sublime «Mt Washington», colorée par la voix cristalline de Taylor Rice.

Quelque part entre Other Lives, Band of Horses et Cold War Kids, Local Natives se fraie fièrement son chemin. Rarement un groupe n’a suggéré autant de comparaisons par la variété de ses arrangements et son approche mélodique. Paradoxalement, Local Natives trace à l’encre noire sa propre silhouette, singulière, de plus en plus définie au coeur d’une scène indie pop/rock parfois en manque d’inspiration.


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