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Lambert au Théâtre Benno Besson


Théâtre Benno Besson, Yverdon-lesBains (CH), jeudi 23 novembre 2017

PIANO ONIRIQUE - Ayant déjà par le passé collaboré notamment pour le concert de Nils Frahm en 2014 ou encore celui de Federico Albanese en 2016, l’Amalgame Club et le théâtre Benno Besson à Yverdon nous ont proposé une soirée assez exceptionnelle avec la venue de Lambert, pianiste allemand ayant la particularité de jouer le visage dissimulé sous un masque symbolisant un bœuf de Sardaigne. L’Allemand est en tournée pour son dernier album en date, Sweet Apocalypse. Ce soir-là se produisaient aussi les Grandbrothers, venant eux aussi d’Allemagne.

Lambert ouvre cette soirée. Il monte sur scène masqué ; il est accompagné sur cette tournée d’un batteur, lui aussi portant un masque aux cornes en forme de cercle évoquant lui aussi quelque bovin. L’ambiance est onirique ce soir lorsque les notes de piano résonnent dans le théâtre yverdonnois. On notera l’utilisation intelligente de la salle : en effet, les deux musiciens sont éclairés à contrejour si bien que les ombres de leur masque sont projetées sur les côtés de la salle sur les arcades des côtés de la salle.

Invitant à la promenade contemplative, la musique de Lambert mélange pop, musique classique et jazz minimaliste mais loin des clichés, elle offre tout un univers musical à l’oreille de l’auditeur. La présence d’un batteur ajoute encore à la rêverie, ce dernier sait ajouter juste ce qu’il faut pour relever les phrases du pianiste à l’aide des balais métalliques sur ses cymbales ou se servant de la grosse caisse pour donner le pouls de certains morceaux.

 

Lambert va prendre quelques pauses pour s’adresser au public. Une première fois pour souhaiter à tous la bienvenue et remercier le public d’être là ce soir et d’autres fois pour présenter certains des ses morceaux. Le public est bigarré ce soir : en effet, il est composé d’habitués du théâtre et d’autres têtes que l’on a plus l’habitude de croiser à la salle de concert yverdonnoise. On notera dans les interventions de l’Allemand que, sous cette musique cinématographique et la mélancolie dont elle se pare, il y a un personnage intelligent, sensible à l’humour germanique – les connaisseurs reconnaîtront.

 

Parmi les titres joués, on reconnaît beaucoup de morceaux de Sweet Apocalypse, son dernier album en date avec notamment ‘In the Dust of Our Days’ et ‘Sweet Apocalypse’, que Lambert qualifiera lui-même, dans une tentative d’humour toute teutonne, d’hommage à la chanson pop allemande de son enfance dans les années 60, ce qui, soit dit en passant, est totalement faux. Lambert joue aussi des morceaux plus anciens comme ‘H’, chanson assortie d’une anecdote sur le système de notation germanique de la musique. Chaque note est comme glissée directement dans l’oreille de l’auditeur. On ne voit pas le temps passer. D’ailleurs, l’heure que va durer le récital paraît trop courte quand bien même le temps eût semblé s’arrêter. Lorsque vient la fin du set, les musiciens saluent le public et devant l’insistance des applaudissements, Lambert reviendra pour jouer un brève pièce malgré le timing très serré imposé par la salle qu’il subit. Un très beau moment à vivre en live.

 

Changement radical d’ambiance lorsque Grandbrothers monte à son tour sur scène : en effet le duo Erol, au piano, et Lukas, aux consoles, mélangent electronica et motifs obsédants au piano, le tout en un ensemble expérimental très réussi, même si parfois leur musique sait se parer de juste ce qu’il faut de romantisme pour ne pas non plus trop détonner avec Lambert. La particularité du combo, c’est qu’ils jouent tous les deux sur le même piano. Le premier directement sur le clavier ou directement sur les cordes ou la table d’harmonie avec les doigts ou des mailloches et le deuxième au travers d’appareil customs ajoutées eux aussi dans le coffre du piano. Il s’agit soit de petits marteaux ou d’archets électroniques – des aimants en fait qui font vibrer les cordes à la manière d’un archet traditionnel – dont le son est directement envoyé dans la salle ou encore retravaillé en samples pour faire des boucles. Tous les sont proviennent du piano lui-même que ce soit au niveau des cordes, du coffre en bois ou du cadre en bronze !

Tous ces appareils sont bidouillés par Lukas lui-même et pilotés en temps réel si bien qu’ils jouent à 4 mains. Une partie des ces sons sont utilisés pour composer la base rythmique des morceaux ou d’autres fois en mélodies ou nappes sonores : les archets électroniques sont mis à contribution à cet effet. Il est à noter aussi l’ajout de LED sur chacun des supports de ces dispositifs additionnels afin de signaler au spectateur attentif quel dispositif est actif. Le groupe vient de sortir Open dont on ne peut que recommander l’écoute !


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