vendredi , 21 septembre 2018
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Keith Richards

Life

Edition: Robert Laffont


ROCK N’ROLL Sortons de nos chemins balisés et intéressons-nous
pour une fois à un livre. Et quel livre ! Le pavé de Keith Richards, 644
pages retraçant la vie et la carrière d’un des guitaristes les plus célèbre au
monde. Keith Richards a traversé et survécu aux époques, aux modes, aux excès
en tout genre et il nous livre à l’approche de la septantaine le récit de sa
vie : Life…

Pour le petit gars de
Dartford qu’était Keith Richards, la musique, l’essence même de la musique se
retrouvait dans ces 5 lettres : BLUES. Tout vient de là. Sans le blues,
sans cette génération de musiciens américains des années 50 qui inventèrent le
rhythm n’blues, les plus belles pages du rock n’roll ne seraient sans doute
jamais été ce qu’elles ont été. Et lorsque Keith âgé de 18 ans rencontre un
certain Mick Jagger à la gare de Dartford tenant en main des disques de Muddy
Waters et Chuck Berry, ça ne pouvait que marcher.

« Est-ce que Mick et
moi ça a collé ? Quand on monte en voiture avec un type qui se balade avec
ROCKIN’ AT THE HOPS de Chuck Berry et THE BEST OF MUDDY WATERS sous le bras,
c’est obligé. C’est comme s’il possédait de l’or en barre. Un putain de
magot. »

Keith Richards nous raconte
avec précision la création et le succès assez rapide des Rolling Stones. Sans
langue de bois à priori, Keith énumère nombre d’anecdotes rocambolesques et
sulfureuses qui font découvrir ou replonger le lecteur dans ces folles années.
Les premières tournées américaines et européennes, les nombreuses rencontres
sur la route, les femmes, la drogue, le succès, la déchéance, la justice, tout
y passe. Le style littéraire de Richards est assez cash et direct comme vous
pouvez vous en douter, on sent beaucoup d’humour et parfois une certaine dose
de fatalisme. « C’est que ça devait arriver ».

La vie de Keith Richards est
naturellement faite de nombreuses rencontres. Il prend un malin plaisir à
narrer certaines scènes mythiques qui sont vaguement dans le fond embrumé de sa
mémoire, lorsque par exemple il passe 2 ou 3 jours avec John Lennon sous acide.
Il y a William Burrough qui apparaît plusieurs fois, toujours dans des
contextes particuliers liés à la dope. Beaucoup de musiciens et de noms sont
cités, parfois on s’y perd un peu, on n’arrive plus vraiment replacé tout le
monde. Mais ce n’est pas très important, on suit facilement l’évolution du
personnage réel et du groupe. A la fin du livre, on a un peu l’impression d’être
le pote de Keith Richards.

Il y a les passages assez
terribles, de nombreux décès comme Brian Jones, son fils Tara, ses compagnons
de défonce et à la fin ses parents. Les moments où Keith aborde sa dépendance
aux drogues dures n’est pas tout rose non plus. Voilà ce qu’il dit de ses
périodes de manque :

“Les gens n’ont aucune idée
de ce qu’on ressent quand on est en manque. C’est épouvantable, vraiment
horrible. Pour donner une idée, c’est un peu mieux que de perdre une jambe dans
les tranchées ».

La route, les voyages, les
différents domiciles, Keith a beaucoup bourlingué. L’Angleterre, les USA, La Jamaïque, La France (Exile on the Main
Street) et la Suisse,
tous ces pays où il a vécu, où il a fuit. Et tellement d’aventures avec ou sans
son groupe. Il parle naturellement des autres musiciens, on sent un profond
respect pour Charlie Watts, une belle complicité avec Ronnie Wood et une
relation tellement particulière avec Mick Jagger. C’est indescriptible, il y a
des pages et des pages où tous les sentiments se mélangent, évoluent pour
arriver au final à une relation qui dure depuis 50 ans et qui lie les Glimmer
Twins à tout jamais.

« Mick et moi on n’est
peut-être pas des amis – trop de frottement et d’usure pour ça – mais on est
proche comme des frères et c’est quelque chose qui ne peut pas être brisé.
Comment peut-on décrire une relation qui remonte si loin ? Les meilleurs
amis restent des amis. Mais les frères se battent entres eux. Je me suis senti
trahi, Mick le sait très bien, même s’il ne mesure pas bien la profondeur de ce
sentiment. Mais c’est du passé, tout ça c’est passé il y a très longtemps. Je
peux dire cela, parce que ça vient du cœur. En même temps, je ne laisserai jamais
personne dire quoi que ce soit contre Mick en ma présence. Je lui trancherais
la gorge. »

Le dernier chapitre du livre
tire un peu en longueur, il y a beaucoup de détails sur certaines anecdotes qui
auraient pu ne pas figurer. Mais Keith est comme ça, entier, intègre, il nous
raconte ce qui lui passe par la tête. Vous pourrez ainsi apprendre à cuisiner le
repas préféré du musicien grâce aux secrets révélés dans sa recette.  On ne sait pas si cette recette saucisse et
purée est vraiment bonne, mais ce que l’on sait en revanche c’est que ce livre
se dévore. Les heures passées en sa compagnie donnent véritablement envie de se
replonger dans la discographie des Stones et permettent de comprendre pourquoi
ce personnage est si mythique.


Un commentaire

  1. keith richrds
    j’aime ce livre, j’ai connu un homme donc j’avais des mauvaises préjugés.En fait, des ” Rolling Stones”, c’est mick qui me dérangeait.
    J’aime ce mec, keith Richards..quel numéro!

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