samedi , 22 septembre 2018
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Karnivool

Asymmetry

Label: Cymatic / Sony Music

ROCK PROGRESSIF - De l'asymétrie naît la beauté ou la laideur, l'équilibre est subtil mais fragile, très fragile...

Inspirés par les maîtres de Tool ainsi que par Meshuggah, les cinq australiens de Perth ont débuté en 1997. Après trois albums, Karnivool est un groupe consacré dans son pays d'origine et qu'on a aussi pu voir en tournée européenne, la nouvelle débutant tout prochainement.

Leur philosophie étant d'explorer d'autres bases à chaque nouvel album (selon le chanteur Ian Kenny), ASYMMETRY est plutôt torturé grâce à des arrangements cassant les schémas traditionnels et au mixage « apocalyptique » du producteur Nick DiDia (Rage Against The Machine, Mastodon). Certains fans qui auraient trouvé excellent – à juste titre – le second opus Sound Awake, pourraient donc se sentir ainsi déstabilisés, voir déçus…

Passons sur l'intro « atmosphérique » baptisée "Aum" de 2'22 pour entrer dans le vif du sujet avec le titre "Nachash"… Batterie syncopée (comme il sera de mise sur pas mal de morceaux), harmonies presque dissonantes, mélodies tout en demi-tons, une touche de sons électro, beaucoup de nuances pour un résultat percutant ! Du math metal réussi mais dérangeant à la fois, ce morceau synthétise le concept de l'asymétrie. Chose surprenante, "A.M. War", le titre suivant, se colle parfaitement à "Nachash", si bien qu'on ne les distingue par vraiment… Vient ensuite "We Are" qui possède un groove intéressant… Pas mal.

En cinquième position, "The Refusal" interpelle : c'est le seul titre qui contient des paroles « hurlées » alternées au chant. Ce virage plus « trash » est déroutant et laisse dubitatif. Débutant sur un bon duo rythmique basse-batterie, "Aeons", très atmosphérique, se déroule calmement et possède de belles harmonies de guitares malgré des refrains plutôt bateau. Ensuite, le septième morceau, "Asymmetry", peut être qualifié d'inter-titre car il est plutôt constitué de « bruitages » électro et n'est ici que pour illustrer le concept… un peu long.

Un bon morceau, "Eidolon", efficace et harmonieux, quoique prévisible, met la barre haute pour la suite de l'album… Du coup, le neuvième, "Sky Machine", paraît mou au commencement mais cette impression change dès que l'on est pris dans son ambiance très progressive et intimiste. On revient à fond dans l'asymétrie avec encore un inter-titre, "Amusia"… Bref, avec "The Last Few", ça se déséquilibre un peu, batterie lancinante contre voix plutôt répétitive et du « remplissage » à la guitare derrière tout ça… Bof.

L'antépénultième morceau, "Float", est une berceuse, jolie et sombre, surprenante dans cet album qui a quand même tendance à se ramollir sur la fin ! "Alpha Omega" commence comme une ballade mélancolique… Le problème est que ce titre change de style au bout de 3'40 pour quelque-chose de plus metal, mais on aurait tendance à zapper avant d'en arriver là, donc patience… Cette fin de titre est très torturée, prenante, malheureusement pas assez aboutie. Finalement on clôt le chapitre par "Om" qui n'est que du piano, très lent avec peu de notes et accompagné d'un discours enregistré. Mystérieux…

L'influence de Tool est ici vraiment très présente, jusque dans la longueur de certains morceaux, leurs différents mouvements, les ambiances et même les trois dernières lettres de leur nom… Ce n'est pas de la copie non plus et heureusement ! Pas mal et plutôt riche, cet album s'apprécie mieux après plusieurs écoutes.


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