mercredi , 14 novembre 2018
Vous êtes ici : Accueil » Chroniques CDs » John Frusciante

John Frusciante

The Empyrean

?


John Frusciante et Josh Klinghoffer sont de retour. C’est déjà loin 2004 et leurs pléiades d’albums, sans parler de 1994 et NIANDRA LADES AND USUALLY JUST A T-SHIRT, premier essai sombre, acoustique, drogué et expérimental du guitariste génie des Red Hot Chili Peppers. John va mieux, ne se drogue plus, compose et participe à de nombreux albums, bref…. Il vit seulement pour la musique aujourd’hui. THE EMPYREAN fut enregistré il y a déjà un an, avec l’aide de Josh. Flea (bassiste des Red Hot), Johnny Marr (guitariste des Smiths), Lawrence Young et le Sonus Quartet pour les cordes, s’invitent discrètement sur plusieurs morceaux. John l’a annoncé comme un concept album expérimental racontant l’histoire d’un personnage. Il a longuement publié sur un blog des poèmes et des idées afin de nous faire comprendre le scénario. Puis soudain, a regretté puis a expliqué qu’il s’en voulait de nous avoir influencés. L’album se veut un ensemble mais n’as pas été composé en tant que tel. Bref c’est déjà très confus et compliqué.

La magnifique pochette de l’album laisse songeur, le personnage meurt et renaît ? Est-ce que celle-ci est vraiment en rapport avec l’album ? Tant de questions sans réponses…. En appuyant sur le bouton Play nous sommes emportés  par une longue chanson instrumentale et douce, “Before The Begging” qui nous rappelle directement “Maggot Brain” du Funkadelic, groupe si important pour John. Plus qu’un clin d’œil, cette fois John reprend le classique de Tim Buckley “Song To The Siren” déjà repris par Robert Plant, Susheela Raman et d’autres, mais sa version est agréable, planante avec ses nappes d’orgues et la voix forte et fragile de Frusciante. La prochaine chanson “Unreachable” est plus classique, on retrouve le son du formidable Shadows Collide With People, pendant 6 minutes, John mélange passage rythmé et calme, avec l’aide de la basse groovy de Flea, pour finir avec  un de ses solos wah wah dont lui seul a le secret.

Mais une chose est déjà sûre, les instruments principaux de cet album seront électroniques. “God” est une chanson moins marquante mais laisse place à sa voix la plus aiguë et fait entrer les cordes du Sonus Quartet. “Dark/Light” est en fait deux chansons en une. « Dark », la première partie est au piano, la voix trafiquée de John fait penser à un esprit qui n’aurait pas trouvé la paix, puis, lorsque la chanson devient « Light », une batterie mécanique apparait, John partage le chant avec Lawrence Young, puis la basse jouée par Frusciante entre et se fait entendre fortement en répétant la même partie pendant plusieurs minutes. Comme souvent avec John : on adore ou on déteste. “Heaven” est la chanson la plus traditionnelle de l’album se finissant sur des sons électroniques et le retour des cordes. Johnny Marr se fait entendre pour la première fois sur “Enough Of Me”, une chanson expérimentale vite oubliée car sans véritable mélodie.

Mais Johnny peut se rattraper sur “Central”, qui est LA chanson de THE EMPYREAN. Plus accessible, elle reste quand même originale avec un piano virevoltant et son formidable bridge si pur et léger, aidé par les violons. La chanson finit dans un déluge de guitares, d’orgues, de violons et d’une lourde basse, accompagnant la voix de John qui crie sans se lasser « You Got To Feel Your Line ». La voix de Frusciante sur “One More Of Me” est basse et différente. Les cordes du Quartet suivent élégamment l’orgue qui est définitivement l’instrument clef de cet album. On retiendra également la belle phrase « Whatever you create from love is a gift from place which some calls above », Frusciante croit toujours en ces âmes cosmiques et ses esprits protecteurs. « After The Ending » clos calmement l’album avec son piano un peu mou.

En résumé THE EMPYREAN est un album déroutant qui demande beaucoup d’attention et plusieurs écoutes, mais malgré cela, il laisse songeur. On se demande ce que John a bien voulu nous raconter, et on regrette parfois le manque de guitares et de mélodies accrocheuses. Un album qui ravira les fans de John période 2004 sans pour autant  faire oublier les fabuleux albums qu’il avait sorti à cette époque.


Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page