mardi , 25 septembre 2018
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Jeremy Jay

Slow Dance

K Records / Irascible


Retour sur un ouvrage peu médiatisé il y a quelques mois. Natif de Los Angeles, Jeremy Jay signe avec son deuxième album un disque nochalant camouflant une légère timidité.

 

Sorti ce printemps, SLOW DANCE annonce un artiste ô combien attachant, l’élégant Jeremy Jay. Dans une pop bricolée mais tenant la route, renvoyant à Neil Young parfois, à la new wave aussi, ce «charming man» se profile comme le parfait outsider de l’année. Car il sait tout faire. Il y a par exemple cette parfaite ritournelle, “Gallop“, tout en écho faussement glacial et en rythmique entêtante à coup de claquement de doigts et d’une batterie sommaire. Bien joué Jeremy, on lève une première fois le pouce. Voici avec ce titre une entrée en matière idéale pour entamer une danse illusoire, comme si l’on se complaisait dans une situation rêvée. En effet, SLOW DANCE semble être en lévitation, sans date ni destination. En déclinant une recette personnelle et toute en agilité, cet album possède une homogénéité dépossédée de répétition : tous frères et sœurs, les dix morceaux ont chacun leur propre histoire, leur propre caractère, leurs petites idées. Pas de remplissage donc… Dans cette unité de corps et d’esprit, on retiendra les deux extrémités. “We Were There“ pour débuter et “Where Could We Go Tonight ?“ pour terminer : électriques, accompagnés d’un clavier, ils donnent un cadre à ce SLOW DANCE, sans quoi on pourrait parfois être désabusé. Ce continuum n’inspirera en effet pas les esprits pressés et amoureux des singles évidents.

 

Le parfait outsider de l’année

 

Sorti chez K Records (Kimya Dawson, Modest Mouse, Tender Forever pour les plus connus) cet album succède au premier essai paru en 2008 PLACE WHERE WE COULD GO ainsi qu’ au EP AIRWALKER qui avait connu son petit succès en 2007. Le pillage des bons plans des années 80 est fatiguant. SLOW DANCE est l’exception qui confirme cette cruelle constatation. Oui, il est encore possible d’être intéressant, musicalement parlant en 2009, sans forcément coller à son époque. Petit artisan d’une pop qui ne vend que très peu, Jeremy Jay mérite notre attention. Arrêtons-donc une fois nos montres et apprécions l’ouvrage de cet américano-suisse.


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