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Editors

En interview

Metropop Festival, samedi 14 novembre 2009


Quelques heures avant l’intervention de Editors au Métropop, Lords of Rock s’est entretenu avec 2 membres du groupe, Chris Urbanowicz (guitare) & Ed Lay (batterie), dans le lobby de l’hôtel Alpha Palmiers à Lausanne. L’occasion, enfin, de leur demander ce qui leur est passé par la tête pour cet album. Réponses intelligentes, humour, un scoop sur un prochain titre à paraître étoffent cet entretien.

 

 

” Redevenir créatif “

 

 

Lords of Rock : Russ (le bassiste – NdlA), m’a expliqué voilà 2 ans le processus d’écriture d’une chanson au sein d’Editors, à savoir : Tom fait une ébauche qu’il envoie à tout le monde, et lorsqu’il reçoit toutes les réinterprétations, il remodèle le tout à sa manière et le tour est joué ! Cela a-t-il changé ?

Chris : Sorry ! cela n’a pas changé du tout ! Nous fonctionnons exactement de la même manière ! Ce qui fait la différence est que nous avons composé sur des instruments différents : à la place de composer sur une guitare, nous avons composé sur un synthé. Il n’y a rien de pire quand tu répètes et que la sauce ne prend pas, que tu n’as plus d’idées… Là, nous avions tous des idées différentes, tous quelque chose à faire, à amener.

 

Mais quelle a été l’étincelle initiale qui a fait que vous vous disiez « Ne faisons pas un album similaire aux autres ! » Car énormément de vos fans ont été surpris voire déroutés !

Ed : On était arrivé à un point où on se réjouissait vraiment de retourner en studio, redevenir créatifs. Mais dès qu’on est entré en studio, on a bossé sur des titres et nous n’étions clairement pas créatifs : on reproduisait juste des trucs qu’on avait fait auparavant, la même routine. Ça n’était pas excitant. Nous avons alors su qu’il fallait repenser notre manière de travailler. On s’est alors très rapidement tourné vers les sons électroniques et nous avons essayé d’en tirer nos propres sons. Cela nous a ouvert tellement de portes ! Tout a été très vite ! Alors oui, cela a probablement surpris pas mal de gens qui voulaient quelque chose de plus « guitaristique ». Mais nous ne voulions pas de cela, et nos fans n’auraient pas aimé le résultat de ce que nous avions commencé à ébaucher.

 

« A Start Has An End » en somme… (silence)

Chris (mimant la batterie) : poutoum poum !! (tout le monde rigole)


OK, elle était mauvaise ! On efface tout et on recommence !

Chris : Nan, j’aime bien, je t’assure !

 

Chris, le journal 20 minutes t’a demandé ce à quoi ressemblait votre jeu de scène actuellement. Ta réponse était « Plus intéressant à écouter, et il y a plus à regarder ».

Chris : Je le pense, oui.

 

Pourtant, au Caribana Festival cette année, en juin, vous étiez passablement statiques sur scène…

Chris : Mmmh… Lorsqu’on est arrivés à la fin de notre dernière tournée, on a eu pas mal d’écho de gens qui pensaient que c’était un peu toujours la même chose. Peut-être pas du copier/coller, mais en tout cas nous faisions la même chose sur scène. Maintenant, si je joue du synthé, okay, je ne bouge pas tant, mais en même temps je ne joue pas toujours et encore de la guitare. Tu sais, je n’utilise pas moins de 5 instruments sur scène ! Ce qui fait que les anciennes chansons aussi sont ou redeviennent intrigantes pour le public.

 

Est-ce que « Papillon » a été choisi en tant que single parce qu’il trouvait un juste milieu entre ce que vous avez fait par le passé et votre nouveau son ?

 

Chris : Non, on a choisi ce titre car c’était le plus pop sur l’album. Les autres titres ne sont pas aussi accessibles que « Papillon », d’une part, et d’autre part certains de ces autres titres sont longs et ils ne peuvent pas être choisis comme singles. « Papillon » a aussi plus de groove que les autres, c’est le seul titre qui est structuré comme un titre pop.

 

« In This Light And On This Evening » donne l’impression que c’est un autre groupe qui joue que celui qui a créé The Back Room ou An End Has A Start.

Chris : C’est étrange, car cela n’a pas semblé très différent lorsque nous l’avons créée. C’était une des premières chansons que nous avions écrite, elle figurait sur notre démo 7 titres. On a rapidement su qu’elle se trouverait sur l’album et qu’elle donnerait le ton à celui-ci. C’est un morceau intéressant, sans queue ni tête, sans refrain, avec un côté cinématique, me faisant penser un peu au film Blade Runner, avec ce côté futuriste et apocalyptique. Bien que je déteste ce mot, c’est le morceau le plus « prog » de l’album.

 

 

” Nous voulions tous un son agressif et méchant “

 

 

Justement, il semble que le producteur Flood (Depeche Mode, U2, Nick Cave, NIN, Smashing Pumpkins, Killers… – NdlA) ait été un bon coach pour cet album. Comment sa collaboration s’est-elle imposée à vous ? Y a-t-il une de ses contributions que vous avez particulièrement aimée ?

Chris : Tiens ! « coach » est une bonne manière de l’appeler, plutôt que « producteur ».

Ed : Oui, j’allais dire la même chose. On avait déjà une bonne idée de l’aura qu’on voulait donner à notre album – synthétique, risqué, tout ça. Dès qu’on a pris conscience de ceci, le premier producteur sur la liste de ceux auxquels nous avions pensé était Flood, vraisemblablement pour son expérience et sa faculté potentielle à reproduire les sons que nous avions en tête. Il a les connaissances pour reproduire ces sons. Dès qu’il est venu en studio et qu’il a entendu les titres il était emballé ! Son enthousiasme a vraiment joué un rôle. Nous avons le même sens de l’humour, nous voulions tous un son agressif et méchant. Il était la personne parfaite.

 

La pochette montre un dessin en 2 parties. Pourquoi cette dualité ? Qu’avez-vous voulu exprimer ici ?

Chris : Ce tableau, originellement sans les bâtiments et seulement avec les vagues et les lignes de couleur, a été commandé par une artiste de New York dans les années 70. Cela représente simplement le jour et la nuit. On nous a proposé ceci et lorsque je l’ai vu je l’ai immédiatement aimé. Mais nous avons décidé que nous voulions quelque chose de plus urbain, car notre album contient énormément de références à la ville et le son qui s’en dégage est clairement urbain. Nous l’avons alors renvoyé avec la demande d’y apposer des références à la ville justement. Voilà le résultat !

Ed : Nous avons fait bien attention à ce que l’image modifiée reflète la même émotion que le tableau originel. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons gardé les deux parties.

 

 

 

Vous n’en avez pas marre d’être systématiquement comparés à Joy Division et New Order ?

Ed & Chris, en chœur : Naaaa !

Chris : Peut-être quand nous étions plus jeunes et essayions d’être créatifs, oui. Maintenant je m’en fiche. J’ai d’autres chats à fouetter !

Ed : Moi je trouve juste les comparaisons ennuyeuses, mais elles ne m’énervent pas.

 

Vous aviez 20 titres potentiels qui pouvaient figurer sur l’album au départ. Maintenant, seulement 9 figurent sur votre dernier effort. C’est relativement peu pour un album aujourd’hui.

Chris : On s’est basé essentiellement sur le flux de l’album ainsi que le timing.

Ed : Oui, c’est un album passablement long pour un 9 titres !
Chris : L’un de notre souci avant que l’on ait fait la sélection était que l’auditeur ait envie de rejouer l’album une fois arrivé à la fin de celui-ci. On a essayé avec 10 titres, avec 11 titres, et avec TOUTES les combinaisons possibles. Avant qu’on se dise que le résultat nous plaise à tous, il y a eu une phase passée à écouter les avis de tout le monde et de réentendre leur sélection. Frustrant ! Au final nous avons laissé quelque 11 titres de côté, notamment « Last Day » et qui était clairement ma favorite mais ne figure pas sur l’album. Elle sera ré-enregistrée j’espère.

 

Ah… une chouette face B en vue ?

Chris : Non, c’est assez bon pour sortir sous forme de single ! Mais nous voulons encore rajouter quelques lignes etc. J’aimerais le sortir rapidement, mais on est tellement occupés. On essaiera de sortir ça avant les festivals en tout cas, histoire d’avoir un truc neuf avant l’été !

 

 

LIRE EGALEMENT:

Chronique du dernier album, In This Light And On This Evening (2009)

Chronique du deuxième album, An End Has A Start (2007)

Photos lors de leur passage estival au Caribana Festival (2009)

 

 

 

 

 


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