mardi , 25 septembre 2018
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Iaross

Ventre

Label: Trame / Disques Office

CHANSON – Entre le rock, la chanson à texte, le slam et le folk, Iaross sort de son ventre un premier album muri et abouti aussi bien musicalement que textuellement. Suivre l'archet du trio, c'est partir à l'exploration des sentiments en allant de l'indignation à la tendresse.

VENTRE est un de ces albums qui mérite plusieurs écoutes pour pouvoir pleinement en savourer tous les détails. La première écoute est nécessaire pour se débarasser des influences, parfois un peu trop évidentes, du groupe de Montpellier. Difficile en effet de ne pas penser à Noir Désir ou à Miossec, autant en terme de sons que de paroles engagées. Mais passé ce sentiment de déjà-vu, on peut rentrer dans leur univers musical propre à la deuxième écoute.

Iaross c'est d'abord Nicolas Iarossi, compositeur, interprète et multi-intrumentiste de talent qui manie l'archet avec merveille. Le violoncelle vient nous murmurer à l'oreille, réchauffe les percussions et une voix parfois saccadée en l'enveloppant d'un voile mélodieux. Germain Lebot à la batterie et Colin Vincent à la guitare et au piano compètent le trio et s'essayent à toutes les expérimentations. Nouveaux rythmes, variations de volume, subtils accords, tout est prétexte à jouer avec leurs instruments. Rien d'étonnant donc à ce que les trois comparses aient fait des études de musicologie. "Un jour" par exemple, superpose une voix à la limite du slam à un violoncelle vibrant et une guitare jouant les boîtes à rythmes. Iaross aime répéter un accord, le travaillant au fil du morceau pour l'enrichir ou le torturer comme dans "D'ici je vois".

 

 

La troisième écoute permet de plonger au cœur des mots. Engagées, tourmentées poétiques, politiques, les paroles de Iaross ont été ciselées avec autant de précision que l'écrin musical dans lequel elles viennent se loger. Les mots sont vécus comme une exutoire, "j'ai tué l'ivresse avec un crayon", dit-il dans "J'ai tourné la tête". Les jeux de mots et la rime serve le propos sans le noyer. Nicolas Iarossi vit les mots qu'il chante ou plutôt qu'il crie, murmure ou scande, la voix toujours sensible, troublante même si parfois pas assez troublée.

Après trois écoutes, VENTRE continue de nous prendre aux tripes, de nous hypnotiser. Son violoncelle nous caresse, ses percussions nous réveilllent, sa voix nous invite à l'écouter sans relâche.

 


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