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Ian Gillan

One Eye To Morocco

Edel


Le charismatique Ian Gillan nous revient, entre deux tournées Purple, avec un
nouvel album : ONE EYE TO MOROCCO assez éclectique musicalement comme à son
habitude. Les communiqués de presse ont évoqué une forte ressemblance avec
l’album GILLAN / GLOVER de 1988. C’est effectivement le cas et j’ajouterai
un soupçon de DREAMCATCHER ( 98 ) et une pointe de NAKED THUNDER ( 89 ). Le
résultat est au final assez mitigé et je ne vois pas très bien où a voulu
en venir Ian Gillan. Tout d’abord, la production ne tient pas la route et la
première impression est d’écouter l’album en version compressée mais
malheureusement, c’était déjà le cas sur les précédents LP solo, seul TOOLBOX s’en sortait à peu près bien. Le tracklisting, mal agencé, ne
prédispose pas non plus à se mettre dans la poche l’auditeur.

“One Eye To
Morocco” ouvre l’album sur un mid tempo agréable… quand on flemmarde en
terrasse le dimanche après-midi après le trop lourd gigot de la belle-mère.
“No Lotion for That” distille un rock sympathique sans plus et il faut attendre
le morceau suivant, “Don’t Stop”, pour sentir ses doigts de pieds bouger quelque
peu grâce au jeu de congas tout en finesse de Mr.Gillan. “Change My Ways” est
transparente comme David McCallum dans l’Homme Invisible et “Girl Goes To Show”
transpire l’ennui profond. Arrivé à ce stade de l’écoute, l’envie
d’appuyer sur le bouton d’avance rapide se fait grandement sentir mais tenons
bon car “Better Days” et “Deal With It” sauvent cette moitié d’album.

“Better Days”
est un blues soigné où la voix d’Ian Gillan est magnifiquement mise en
valeur par le jeu soft de Michael Lee Jackson. Voix de basse profonde et
décrochages qui ne sont pas s’en rappeller “Place In Line” sur, ouh là, “Who Do They Think We Are” de 73 ! “Deal with It”, mid-tempo dirigé par la basse de Rodney
Appleby
, sent bon le “Accidentally On Purpose” de GILLAN / GLOVER vingt ans ( ! )
plus tôt, Ian Gillan semblant interpréter sournoisement son morceau. “It Would Be Nice” et “Always The Traveller” montrent un Ian Gillan inspiré, dansant et
grave, sympathique et mélancolique, le reste de l’album quant à lui demeure à
l’image des autres titres. L’impression générale qui me revient le plus à
propos de ce nouvel opus est : fatigué. Où est passé le Ian Gillan du LIVE AT ANAHEIM, de NAKED THUNDER ou TOOLBOX ? Trop de tournées DP ? Le poids de
l’âge ( je n’ose y penser ) ? Mauvais choix de co-compositeurs ( quand même
! ) ? Ou tout simplement pas le bon moment : le sien ou le nôtre ? La question
reste entière. Grandement déçu…


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