mercredi , 19 septembre 2018
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Hole

Nobody's Daughter

Label: Mercury


Rock Courtney Love par l’intermédiaire de son groupe Hole sort un nouvel opus. Est-ce qu’il s’agit d’un retour gagnant ? Va-t-elle enfin quitter les tabloïdes pour retrouver une place de rockeuse ? Doit-on vous conseiller cet album ? Tant de questions qui tournent dans nos têtes…

Nous ne rêvons pas, il s’agit bien d’un album de Hole ?? Il faut dire que l’on a d’avantage l’habitude d’entendre parler de Courtney Love dans la presse à scandale que dans la presse musicale. Entre droit de garde, frasques, procès, dope et j’en passe, il y avait de quoi alimenter la presse people quotidiennement. Cette fois-ci Courtney Love est bien de retour pour nous parler musique et c’est une très bonne nouvelle. Nous avions quitté Hole en 1998 (C’est plutôt Hole qui nous avait quitté) avec un disque incroyable, CELEBRITY SKIN, où les tubes s’enchainaient l’air de rien avec un facilité déconcertante. En 2004 Courtney Love sortait un album solo. Une partie de la presse a vite eu fait de lui tomber dessus et de décrier cet album. Pourtant AMERICA’S SWEETHEART est un disque que je défends et que j’ai su apprécier. Ce n’est peut-être pas aussi bon que CELEBRITY SKIN ou LIVE THROUGH THIS, mais certains titres sont très bons (Mono, Hold on to me, Sunset Trip, All the Drugs, I’ll Do Anything). Ce qui est sur, c’est que le public a plutôt boudé cet effort solo, car Courtney n’en a pas vendu autant qu’escompté.

Serait-ce la révolution de Courtney ?

Courtney Love revient donc avec de nouveaux musiciens et reprend le nom du groupe qui l’a fait connaître (OK c’est aussi à son mariage qu’elle doit ce succès). Hole version 2010 arrive donc en force avec NOBODY’S DAUGHTER. Est-ce que par hasard elle parlerait de Frances Bean Cobain avec ce titre évocateur ?? En tout cas, Madame Love n’a pas perdu son sens du second degré en imageant son dernier opus avec des têtes couronnées qui ont justement perdu leur tête. On reconnait Marie-Antoinette « L’Autrichienne » sur la pochette et derrière on découvre le haut du corps d’Anne Boleyn, sans sa tête non plus. Serait-ce la révolution de Courtney ? Quoi qu’il en soit ce n’est pas une révolution musicale. Il y a bien quelques titres intéressants qui feront le bonheur de tous, mais dans l’ensemble ce n’est pas incroyable. En tout cas, ça n’arrive pas à la cheville d’un CELEBRITIY SKIN ou d’un LIVE THROUGH THIS. Après 12 ans d’attente, on pouvait espérer mieux, même si on se doutait que Courtney Love n’allait plus être aussi brillante que par le passé. Alors dans les titres qu’on sauve, il y a “Nobody’s Daughter” qui ouvre l’album. Efficace, bonnes mélodies, dans la lignée de ce qu’elle faisait auparavant.
“Honey” a aussi tout pour briller en société, un début plutôt calme avant que le refrain vienne et nous explose à la tronche. “Pacific Coast Highway” a de bons arguments dans un registre plutôt calme et mélodique. Pour contrebalancer on va encore sauver “Skinny Little Bitch” qui est très punchy. Ça gueule sec, les guitares crachent des riffs bruts et sans rondeur, grunge à souhait. En fin d’album “Letter to God” mérite d’être comprise. Courtney écrit un texte assez fort où elle se met à nu (au sens figuré cette fois) et le résultat est plutôt pas mal. Un titre qui monte en intensité. A lire et à entendre. Par moment, il y a ce côté « Too much » comme par exemple lorsqu’elle chante les couplets de “Someone Else’s Bed” et sur “Never Go Hungry” (pas si mal) en forçant la voix défonce. Mais bon… on connait le personnage et Courtney est une très bonne actrice, ne l’oublions pas.

Au bout du compte, il manque quelque chose, même si l’album s’écoute facilement. Ce petit trait de génie des années grunge, cette mélodie improbable mais si belle ou ce riff carré et efficace. Peut-être qu’il faut mettre NOBODY’S DAUGHTER quelque temps de côté et le ressortir un soir à tout hasard. Parfois les disques se bonifient comme les grands vins. Mais je ne pense pas qu’il y ait de quoi se saouler avec Courtney. Dommage.


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