Vous êtes ici : Accueil » Chroniques CDs » HOBO

HOBO

Bamboo Town

BLUES - Porter le blues acoustique en France n’est pas une tâche aisée, et pourtant HOBO avec leur album Bamboo Town choisissent de le faire avec douceur et style. Ce n’est pas pour rien qu’ils ont fait partie des finalistes du tremplin de Blues Sur Seine. Ce festival étant un des trois plus gros festivals de Blues en France. Se faire une place parmi les Fred Chapelier, In Volt et Montain Man n’est pas donné à tout le monde. C’est pourtant avec leur blues tranquille teinté de Jazz que les p'tits Orléanais de HOBO réalisent ce tour de force.

Plantons le décor : nous sommes à la Nouvelle Orléans, berceau du Jazz et de la musique live. C’est un samedi après-midi printanier, sur les bords du fleuve Mississippi. L’eau s’écoule inlassablement, le vent souffle légèrement dans les feuilles, nous sommes allongés dans l’herbe tranquillement. Quelques notes s’élèvent … ce sont les 5 musiciens de HOBO qui se sont posés là et qui entonnent leurs airs blues, légers, tranquilles, jazzy.

Une bonne vision de la musique, aux couleurs métissées, dans le respect des racines de ces styles. Le style est là, décomplexé et assumé. Nous avons affaire à un savant mélange de rythmes blues tranquilles, alternant entre quelques notes d’harmonica acoustique et non distordues, guitare jazz manouche, et dobro pur blues tantôt bottleneck bien émotif, tantôt sur des riffs plus simples mais tout aussi colorés. « Calamity Jane », premier morceau de cet album résume à lui seul la suite. Un leitmotiv au dobro très simple à comprendre suivi de près par la guitare, dont le groove vous prendra par les hanches. Des paroles savamment articulées autour d’une femme qui se perd sur la route du Texas… Miss Calamity Jane. Soulignée çà et là par des nappes d’harmonica venant renforcer l’ambiance Mississippi/Louisiane/Texas de l’ensemble. Le même cocktail doux et sans alcool se prolonge tout au long de l’album. D’où cette impression d’après-midi sur l’herbe au soleil chauffant sur les bords du fleuve. « Louisiana »
résonne comme un hommage à 
Eric Clapton et son « While My Guitar Gently Wheeps » sur un riff de guitare acoustique d’une efficacité sans pareille. C’est d’ailleurs une des bonnes surprises de cet album, les riffs et les couplets reviennent facilement en tête. On prend un plaisir simple à les marmonner au fil de la journée, « Jazz me up, jazz me up, Bluesin’ me doOOown », ou encore « Hey O’ Way O ‘ » qui donnent l’impression de sortir d’un dessin animé noir et blanc d’époque.

Douceur okay, mais joie et bonheur sont aussi au rendez-vous, avec « Carnivalacrazy Tour » et « Bamboo Town » qui rappellent que New Orleans est aussi la ville du carnaval et de la fête jusqu’au bout de la nuit ! « Sweet Home Lazy Town » sonne le glas de ce voyage en Louisiane. Un peu comme leur propre histoire, le jour où il faut enfin rentrer à la maison. Dans une ville que l’on connaît trop bien après un voyage coloré ! Il n’est pas étonnant de retrouver ce genre de groupe en finale des tremplins de festival spécialisé dans ce style. Porter le blues acoustique dans sa version épurée doit se faire avec verve. Quand on voit la qualité d’écriture et de composition de Pascal Enjoubault, Gerald Vausort et Gilles Cureau on sait que le blues est entre de bonnes mains aujourd’hui, avec HOBO !

2 commentaires

  1. Immense merci pour cet article! Mais comment êtes-vous tombés sur notre CD?

    Cordialement  Gg

     

     

     

  2. Nous sommes partout Gérald… nous sommes partout ! (mais la vraie histoire c'est un certain Pascal E. qui la connait)

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Revenir en haut de la page