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Hellfest 2016

Compte-rendu des trois jours

17 - 18 - 19 juin 2016

REVIEW - Pour cette édition 2016, les grands de ce monde prévoyaient une météo épouvantable. Clarifions ce point tout de suite, la météo fut de notre côté. Ça tombe bien car pas moins de 180 000 merdeux étaient là pour en prendre plein les esgourdes et se taper la cloche pendant trois jours!

Vendredi 17 juin

En arrivant sur le site du Hellfest, les nuages sont lourds et gris pourtant le soleil cogne. Il faut dire que la météo est sensée être moins clémente que les années précédentes si j’en crois les prévisions météo des grands de ce monde. Clarifions ce point tout de suite, la météo fut clémente, deux petites averses et température impeccable, 22°c en moyenne. Bilan : 180 000 merdeux venus écouter la messe métallique ! On y va !

Le site est BLINDÉ ! De toutes les éditions celle-ci est indéniablement la plus dense niveau public.

Les points de contrôle à l’entrée de la cathédrale sont drastiques, la faute aux événements récents que vous connaissez. Les vigiles s’attèlent à fouiller scrupuleusement tous les festivaliers massés aux portes du site, des femmes pour les femmes et des hommes pour les hommes. Je ne sais pas si les ceintures d’explosifs furent si nombreuses mais j’ai vu passer quelques canettes de 8/6 et même un chien accompagné par une bande de keupon… Bref.

Le site est toujours aussi somptueux et accueillant. Comme le disait Ben Barbaud chaque euro est investi dans le festival. Jugez plutôt : au sol un gazon verdoyant, des écrans géants à l’entrée de chacune des scènes, des foods trucks à toutes les sauces y compris le vegan qui semble avoir le vent en poupe, et même une tyrolienne qui permet de faire le veau en contemplant les deux Mainstage, la fameuse grande roue toujours présente, et j’en passe !

Je remarque immédiatement que le site est « archi » propre et le restera pour l’essentiel pendant près de trois jours. Les gens sont relativement respectueux, en ne jettant pas systématiquement leurs ordures au sol. Ce qui me frappera pendant ces trois jours, c’est un certain calme sur le site. L’ambiance est excellente et les festivaliers sont comme à la maison, d’ailleurs, je ne compte plus le nombre de personnes posées sur des chaises de camping en claquette, incroyable ! Toutefois, je trouve ce côté pépère un peu pénible surtout quand des gens se permettent d’occuper de l’espace avec leur putain de chaise et leur putain de glacière.

Je suis comme un coq en patte et m’apprête à (enfin) commencer cette édition 2016 du Hellfest. Il faut dire que j’ai tardé à démarrer suite à une certaine négligence (merci  à Fabienne et Roger de m’avoir sorti du pétrin !) sur laquelle je ne m’attarderai pas.

En arrivant sous la Temple, j’attends avec impatience les norvégiens de Kampfar qui arrivent dans un chaos sonore indécent, ça balance des décibels et ça cogne fort, 120 dB hein ? Ambiance surplombée de superbes croix à l’envers lumineuses. Le diable est là ! Le black folk des nordistes fait mouche, le teint blafard et la maigreur maladive du chanteur donne à ce concert les allures malsaines tant redoutées par Mme Boutin. Pour ma part je passe un excellent moment, mais bordel : que ça joue fort.

Je ne tiens plus il me faut me restaurer et surtout m’hydrater ! Mes pauvres amis, sachez qu’au bar VIP c’est la bouteille complète de Jack qui est en vente… Et j’en dis pas plus…

Turbonegro les amis… Comment vous expliquez ?! Niveau son c’est du rock scandinave bien léché, celui qui a fait ses preuves depuis bien longtemps (Imperial State Electric, Volbeat, Royal Republic) Niveau look on a un peu l’impression d’avoir en face de soi la gay pride sous cortisone ! Des mecs ventripotents et burinés vêtus de shorts ultra moulants et décorés de tatouages plus ou moins discutables sur le plan artistique. Si en plus les mecs se droguent alors ça c’est le rock ! Perso j’ai adoré, à la croisée du punk, de la new wave et des Ramones un putain de cocktail rock qui vous donne la pêche.

La foule agglutinée d’un seul homme devant la Mainstage 1 pour saluer les Danois de Volbeat signale qu’il est temps de mettre les pendules à l’heure. J’imagine qu’il ne doit pas y avoir grand monde sous les scènes couvertes à en juger la densité de peuple ici présent au m2. L’air est irrespirable mais les stars sont là alors tout va bien ! Comment ne pas évoquer l’excellent « Born to Raise Hell ». Un superbe medley « Heaven not Hell/A Warrior’s Call/ I Only Want to be With You » précède l’intro de « Ring of Fire » étonnement le public n’a pas l’air de savoir de quoi il s’agit.. Poulsen ne manquera pas de s’étonner que le public connaisse par cœur « Lola Montez » et pas le titre de l’illustre Johnny (Cash pas Jean-Philippe Smet hein ?!). Que voulez vous c’est comme ça ! S’ensuivent les brûlots que l’on connaît « Dead but Rising » « Fallen » « Doc Holliday ». Le concert se déroule à une vitesse terrible et le public à genou devant les danois en redemande. Il faut dire qu’une partie du public n’est venue « que » pour Volbeat ce que j’apprends en discutant avec un père et son fils. Le succès rencontrés hors de France est spectaculaire, du coup, je ne suis pas surpris de voir l’engouement des festivaliers, ici à Clisson. Pour ma part, j’écoute le combo depuis des années et j’avais remarqué que les français restaient, jusqu’ici, assez frileux à nos amis danois.

Bref. C’est déjà la fin d’un excellent gig et surgit sur la Mainstage 2 les plus irlandais des américains de Dropkick Murphys. Il est 22H00 et le site est littéralement « bondé », impossible d’aller aux toilettes en cas d’urgence ou d’aller se boire une pinte. C’est mort ! « The Boys are Back » met immédiatement les pendules à l’heure. On distingue bien tous les instruments, ce qui n’est pas évident lorsqu’on est si nombreux sur scène, et le groupe joue carré de chez carré. La cornemuse et le banjo font mouche. Casquette d’ouvrier visée sur la tête, Al barr a fière allure. La musique est entrainante, il faut dire que le concept à la croisée de la musique celtique et rock est taillé sur mesure pour picoler et faire la fête en bande. Le groupe rencontre un franc succès et c’est peu dire ! Tous les classiques sont présents : « Prisoner’s Song », « Walk Away », « Sabdlot », « Rose Tattoo », « I’m Shipping up to Boston » défilent à la vitesse de la lumière tandis qu’un grand drap est en train de se hisser sur la Mainstage 1 puisque Rammstein joue sa neuvième symphonie ce soir. À en juger par les 300 premiers mètres pleins à craquer d’aficionados parés de tee shirt au nom du combo, la soirée risque d’être chaleureuse ! Cette année le temps est contrasté, il fait déjà frais pour un 23h00 à Val des moines, mais on se tient chaud. Beaucoup de personnes ne sont là, ce soir, que pour le combo allemand et je dois dire qu’il est fatiguant d’avoir devant soi des hordes d’Ipad en train de filmer le concert et d’entendre râler à cause des bousculade. Le Hellfest n’est pas la fête de l’huma ou les vieilles charrues ici l’ambiance est vraiment conviviale. Alors oui, parfois on se fait marcher sur le panard par un gros malabar tatoué et gras qui sent un peu la sueur, peut être que ce mec, c’était moi, mais bon, à ceux qui n’ont pas l’habitude d’aller en festival, ne venez pas râler parce que « ça bouge ».  

Le temps de sortir mon kodak jetable, les teutons investissent déjà les lieux  au son de « Ramm 4 » perchés sur des praticables câblés. Le musculeux Lindemann a des allures de fou échappé de l’asile avec ses yeux exorbités et ses cheveux hirsutes cendrés. Ça commence et Flake tourne le dos au public, tandis que le reste de la troupe ne bouge pas telles des statues de sel. Le show est rodé, les gimmick sont les mêmes depuis des années mais que voulez-vous – bordel – ça fonctionne ! Le spectacle est grandiose, Christophe Schneider ne tape pas un seul coup à côté. L’usine allemande fonctionne à plein régime. Je ne comprendrai jamais cette horrible coupe de cheveux arborée par Richard Kruspe, à la croisée d’Hitler et de Franck Ribery, le mec fait peur à tout point de vue… La set list est géniale «  Reise, reise », « Keine Lust », « Seemann », « Du riechst so gut », « Links », « Ich Will », « Du hast », « Amerika » et j’en passe et des meilleurs ! Le feu toujours le feu ! Flake joue toujours les idiots de service avec son costume disco et son tapis roulant. Que c’est bon, ces flammes, ces écrans, ce bruit et Till qui vole dans les airs tel un castra bodybuildé de l’opéra Garnier ! Nous sommes bien au Hellfest. C’est déjà la fin de la première journée et j’en redemande. Comme dirait l’humaniste Monsieur Burns : « excellent ».  

Samedi 18 juin

Chaque année je me dis qu’il me faut me lever plus tôt pour profiter davantage du spectacle et qu’il est nécessaire de bouger mon cul blablabla blablabla. Cette année c’est chose faite. 8h00, je suis débout, le temps de prendre un kawa avec des keupons qui crèchent à quelques mètres et je suis de retour sur le site.

En arrivant sous la Temple très honnêtement je ne sais pas à quoi m’attendre avec Myrkur combo danois emmené par des musiciens issus de la scène black atmo à l’exception d’Amalie Bruun chanteuse pop et égérie de Chanel ! Je connaissais le groupe sur disque et j’adhérais à cette musique envolée et froide comme les pierres. Sur scène, à part le contraste jolie blonde fluette en robe qui hurle comme un seul homme, ca n’a pas grand intérêt même si le groupe est emmené par un excellent batteur! Pourtant, ce que j’entends le plus dans le public ce sont les remarques grivoises sur le physique avantageux d’Amalie Bruun dont la voix growlée est clairement trafiquée. Mettez donc un gros barbu dégarni, au hasard : Shane Embury, en frontman et un verra si autant de monde se presse sur le devant de la scène. Pas convaincant en concert donc.

Entrails est une valeur sûre. Sale, lourd et sans concessions. Les suédois débutent leur show devant un parterre remplie au un tiers. Il y a fort à parier que la nuit fut difficile pour certains festivaliers qui affichent des mines terribles, cadavériques, et qui jonchent le sol de la Altar « In pieces » ou encore « Eaten by Dead » sont joués avec la rigueur nécessaire. Pas de sourires, pas de pauses pas de bavardages, le death old-school des scandinaves fait mouche puisque quelques garennes viennent remplir la fosse et un bon pogo s’ensuit. La foule est là ! Pari réussi pour Entrails qui termine son excellent show dans une salle quasi comble !

En me restaurant au vip j’entends l’immense Glenn Hughes (Deep Purple, Black Sabbath, qui a eu la main lourde sur le fond de teint. Peu importe car ça joue, ça balance des décibels sur la Mainstage, ce fringant sexagénaire a bel et bien toujours la niaque ! Le batteur qui n’est autre que l’extraordinaire Joey Castillo, massacre ses futs comme un bucheron. Des titres de Deep Purple et Black Country Communion sont assénés avec un enthousiasme qui fait plaisir. L’ambiance est excellente, le soleil cogne et le son est réglé au poil. Quelle énergie, quel charisme. Résumer ce show en une phrase ? Le groove du blues et l’énergie du hard rock, la classe quoi !

Le temps de croiser « la pive » d’Yverdon et je me remets au travail !

Lorsque Sixx Am déboule sur scène le ton est donné : attention gros groupe ! Comprendre que Dj Ashba (Ex Guns and roses) et Nikki Sixx (feu Motley Crue) sont « les » stars. Franchement ce fut un énorme concert. Un son splendide et puissant, des tubes à chaque titre, des gimmicks glam rock excellents, le tout desservi par d’excentriques protagonistes : hirsutes, tatoués, parés de vêtements bariolés. Rien à faire, le naturel revient au galop. James Michael fait un excellent boulot, on sent bien tout le talent de l’ingé son aux réglages millimétrés des niveaux sonores. Franchement, le groupe aurait largement pu faire la tête d’affiche au vu du succès remporté à cette heure de la journée. Le dernier disque est une tuerie et c’est encore mieux sur scène. Un excellent moment passé, malheureusement un peu court à mon goût.

Les italiens de Fleshgod Apocalypse ont font des tonnes et c’est ca qui est bon. Imaginez une seconde des types habillés avec de la sape du XVIIème siècle, chemise à jabot, broderies, haut-de-chausse qui jouent à 260bpm et hurlent comme des damnés leur death technique ultra élaboré. Le son est clair mais les trigger batterie et l’énorme réverbération de la voix rendent l’ensemble assez indigeste. L’impression de « too much » qui se dégage de ce concert fait qu’il est pénible de rester jusqu’au bout. Dommage car le côté cinglé du combo transalpin confère à l’ensemble une dimension vraiment atypique.

Mais de quelle planète sort Satriani. Zen. Archi zen. Emmené par le cultissime Marco Minnemann, batteur de génie ayant enregistré des centaines (oui des centaines !) d’albums. Alors, à ceux qui se demandaient ce que foutait Satriani au Hellfest, il fait du rock métallique ! Les titres joués au tempo Minnemann (sans clic s’il vous plait !) impressionnent par leur qualité et donnent une nouvelle couleur aux titres du maitre. La fluidité et le son cristallin des guitares sont un régal pour les oreilles mais aussi pour les yeux. Qu’il est bon de voir le six cordiste pianoter comme un enfant les « Flying in a Blue Dream » « Crystal Planet » « Summer Song » «  Surfing with the Alien » qui sont d’une beauté éclatante et offrent, en outre, un repos salutaire pour les oreilles mais aussi pour l’esprit. Un moment magique à Val de Moine. Avec le soleil qui se couche à l’horizon et les lunettes argentées de Satch, on a vraiment l’impression d’être sur une autre planète. C’est ça le génie : réussir à vous emmener dans un univers unique. Bravo donc et merci à Ben Barbaud d’avoir convié cet hôte de qualité.

Puisqu’on parle de moment magique, Disturbed nous  a offert une très belle prestation ce soir. Le combo de Chicago qui a su s’imposer avec le temps comme une valeur du nu metal comptant sur la voix rocailleuse de David Draiman, que j’avais baptisé il y a quelques années « le Phil Collins du metal », nous enchante en ce début de soirée avec une set list du plus bel effet « Then Thousand Fist » « Inside the Fire » « Indestructible » et des reprises qui font mouches, notamment : « The Sound of Silence » moment solennel où se mêlent la douceur de la folk de Simon & Garfunkel et la rage du metal. Superbe donc ! Un « Shoot at the Devil » accompagné par ce veau de Nikki Sixx et un « Killing in the Name » des excellents RATM permettent au public de se chauffer pour ce qui arrive.

Je ferai très vite sur Bring me The Horizon. Je n’aime pas. Je n’aime pas ce gars maigrichon, tatoué de partout, déprimé, coiffé avec un pétard qui joue les blasés. Je n’aime pas ce bruit de fond qui me casse les oreilles. Je n’aime pas ces chansons larmoyantes dont on ne retient rien. Je n’aime pas. Point fort toutefois, le son est puissant et entrainant, si j’en crois toutes les personnes qui gesticulent autour de moi. Personnellement, je suis venu me faire une idée et j’ai complètement subi cette heure de concert espérant quelque chose pour me faire dresser le zizi. Rien. À la place, un gaillard qui finira par balancer son micro par terre comme un ado mécontent à la fin du concert. Bon débarras.

Within Temptation est très très très attendu en ce début de soirée croyez le bien. La foule est dense, compacte, transpirante, sautillante, affable ! Ca me semble incroyable que de gros barbus connaissent par cœur « Stand by Ground » et «Mother Earth» !

Pour ma part, je suis les bataves depuis leur début. Je trouve qu’ils ont su se renouveler et ne pas sombrer comme la plupart des groupes à chanteuse qui n’ont souvent rien d’autre à proposer que des frontwoman, parfois – voire souvent –  d’un charisme discutable. Malheureusement, sur ce point, les groupes français se posent-là. Je ne sais pas pourquoi, les bataves sont, quant à eux, excellents (The Gathering, Epica notamment). Tout y est : costume, feu, les « ho-ho-ho », set list qui a des allures de best of. Aucune surprise mais un son réglé aux petits oignions et de belles orchestrations.

Dee « Fucking » Snider va, remettre les pendules à l’heure du rock grâce aux légendaires sœurs tordues de Twisted Sister. Que de vieux briscards dans ce public enfumé par la beuh! Tout le monde a le sourire aux lèvres et on peut dire que d’entendre le public entonner d’un seul homme «  We’re not Gonna Take it » de longues minutes durant, c’est un vrai plaisir d’être là. La set list est classique et le son réglé comme il le faut : ni trop fort ni trop faible. Franchement,  Portnoy aux baguettes, c’est un régal pour les yeux et les oreilles. C’est ça qu’il fallait pour remplacer le grand A.J Perro décédé. Quel putain de moment passé les amis. Je vais au dodo car la journée de demain nécessite d’avoir du jus. Un verre d’eau, un supo, une prière et au lit. Amen.

Dimanche 19 juin

Les choses démarrent très fort avec Municipal Waste, qui n’avait pas foulé le vieux continent depuis plus de 4 ans ! Le cross-over de la clique à Foresta fait mouche en cette fin de matinée. Il faut dire que le soleil au zénith et le backdrop flanqué d’un Trump suicidé entraîne le public dans une joie qui fait plaisir à voir. Les classiques sont là : « Mind Eraser » « Beer Pressure » «  Toxic Revolution » « Bangover » mettent le feu, et le temps d’un circle pit qui a des allures de cours de récréation, votre serviteur transpire comme un âne et s’amuse en entendant le chanteur déclamer sa haine du candidat républicain. Le public est invité à tuer le président sur «  I Want to Kill the President » rebaptisé pour l’occasion « I Want to Kill Donald Trump ». Le même candidat réchappant à une tentative de meurtre le lendemain même lors d’un meeting à Vegas !

Orphaned Land combo israélien assène un metal oriental technique avec une précision sans failles. La troupe à Yossi Sassi possède un son puissant et claquant qui met le feu. « All is One » « Barakah »  ou encore « The Kiss of Babylon » démontrent qu’il est tout à fait possible de jouer metal tout en conservant l’esprit et les notes d’une culture tout-à-fait éloignées de celui-ci. Excellent concert.

Vision Bleak reste absolument l’ovni de ce Hellfest. Je suis bien incapable de vous décrire le style pratiqué par le combo. Décapant, cynique, froid, industriel, gothique mais assurément entrainant. Les allemands pratiquent un metal malsain qui a ce, je ne sais quoi, d’allure soviétique. Visiblement très imbibé le chanteur harangue le public sans difficulté. Les titres glauques « Carpathia » ou encore « Kutulu » donnent des allures de secte à ce moment passé sous la Temple.

Je passerai très vite sur Gojira qui a littéralement explosé le sol du Hellfest. Les grosses caisses de Mario sont un calvaire pour les plaques tectoniques. Le sol tremble. Et ça n’est pas la basse de Jean-Michel, supplice pour les oreilles  qui arrange les choses. Définitivement la lourdeur du combo, les grattes écorchées desservies par une saturation, qui au fond, n’a rien de metal, donnent ce truc unique, la marque de fabrique du combo landais qui sort ce jour même son nouvel album.

Concernant les suédois d’Amon Amarth, imaginez un drakkar géant sur scène et quelques massifs vikings, le tout entouré par une épaisse fumée. Vous y êtes presque ! Les suédois déroulent un set classique « The Pursuit of Vikings » « First Kill » « Death in Fire » « Deceiver of the Gods » et le fameux « Twilight of the Thunder God » dans une rigueur métronomique. L’excellent Jocke Wallgren recruté quelques mois plus tôt  y est pour quelque chose, sa frappe puissante et incisive donne une fluidité (je trouve) supplémentaire aux titres déjà bien véloces. Le couché de soleil, la chaleur et l’épais brouillard qui se dégage de la scène à 20H30 confèrent des allures d’apocalypse à ce show ! À noter que la voix au naturel de l’excellent Johan Hegg est réellement impressionnante « en vrai ».  J’imagine que dans la vie courante lorsque le gaillard hausse le ton ça doit quelque peu interpeller.

Je ne compte plus les fois où j’ai eu la chance de voir Slayer avec où sans le regretté Hanneman décédé en 2013. Superbe prestation. Araya tout sourire (ça change !) barbe taillée affiche une bonne mine. Le bougre rigole aux éclats en entonnant ses titres glauques « Mandatory Suicide » ou « Dead Skin Mask ». Il faut dire que le public hystérique (et je pèse mes mots) parvient presque à couvrir le son de sa voix ! Un excellent moment passé, encore une fois. Anecdote assez invraisemblable, le soleil est encore haut, il fait même chaud mais soudain au moment d’introduire le fameux « Raining Blood » un vent glacial traverse le pit et le soleil ce couvre d’un gros nuage gris. Je vous assure que ça fout les boules ! Araya lui même regarde le ciel comme un possédé et semble se demander ce qu’il se passe sur Val de Moines ! Flippant.

Avoir le plaisir de voir Mustaine souriant et Dirk aux baguettes, obligé de dégraisser son jeu au  maximum (!!) vaut son pesant de cacahouètes, sachant que le chanteur de  Megadeth fut particulièrement nonchalant au cours de la conférence de presse — quelques heures avant –, bref, le set est au sommet. Jugez-plutôt : « Hangar 18 », « Post American World » « Dystopia » « A tout le Monde » « Symphony of Destruction » « Holy Wars ». Un son, là aussi, très clair et ça n’est pas la guitare (ultra) précise du fraichement recruté Kiko Loureiro (ex Angra) qui me fera mentir. Avoir la chance de voir en 2016 le combo affublé de deux excellents musiciens tels que Dirk et Kiko me fout le bois (il était temps !). le regretté Nick Menza décédé quelques mois auparavant (RIP) n’a donc pas de soucis à se faire d’où il est car la relève est bien assurée. Excellent set donc ! En 2016 la star n’est pas Metallica. Que notre ami roux calme sa névrose, ce soir la star c’était Megadeth.

Certains tueraient père et mère pour toucher leurs idoles. Croyez moi, s’il y a bien un groupe qui déclenche l’hystérie générale c’est bien Ghost. J’aperçois quelques jeunes filles seins nus, poitrines (très) opulentes perchées sur des épaules. Seul les suédois ont se pouvoir. On aime ou pas le combo suédois, n’empêche que le spectacle vaut la peine ! Les éclairages, le son, les compos qui sont de véritables hymnes sur scène, les bonnes sœurs (dotés de piercings !) qui balancent des capotes, aidant le public par là-même, à mieux préparer l’ « après concert » sont assez étonnants. Tout ce spectacle, desservis par des chansons entrainantes et de qualité renforcent la qualité de ce véritable spectacle vivant. Je m’étonne de voir l’abondante chevelure de Papa III qui contraste avec sa voix et sa gestuelle qui pourraient appartenir à un homme d’au moins 50 ans! Qui se cache derrière ses masques ? Le secret reste quand même bien gardé, même si votre serviteur connaît le nom et le vrai visage de quelques un des membres du combo… Je ne dirai rien à moins d’obtenir des faveurs sexuelles !

Black Sabbath avait déjà atomisé le Hellfest 2014 et cette année c’est la dernière puisque la tournée s’intitule « The End ». L’émotion est à son paroxysme. Le son est éno-rme ! Les écrans HD font aussi leur petit effet balançant ça et là des images piochées dans les différentes périodes Ozzy. En voyant le combo au complet, tout de noir vêtu, à l’exception de Bill Ward, moi qui suit en train de lire la biographie d’Ozzy, je me dis qu'il est incroyable que le groupe soit encore là après presque 50 ans d’excès en tout genre. La ressemblance entre Clufetos et Bill Ward – années 70 – est stupéfiante. Ce qui l’est davantage, c’est l'esprit 70’s agrégé à la puissance moderne qui se dégage des enceintes en facade. On a vraiment l’impression de remonter le temps. La voix écorchée d’Ozzy est puissante et juste ce soir. L’ensemble est renforcé par la froideur du duo Butler/Iommi caché derrière des lunettes fumées, les deux comparses statiques et concentrés sont un spectacle à eux tout seul. La ressemblance entre le bassiste et le guitariste est de plus en plus prégnante avec les années. La set list va puiser dans les anciens albums « Black Sabbath » « Fairies Wear Boots » « Snowblind » « War Pigs » « Iron Man » « Dirty Women » « Children of The Grave ». Quel putain de concert. Sachez qu'Ozzy est vraiment un sacré bonhomme et ce groupe complètement atypique et donc inclassable. Les riffs qui sortent de la guitare de Iommi restent des mystères d’invention et d’intelligence. Superbe prestation, je le redis. Quel dommage que tout s’arrête là.

Excellente édition du Hellfest. Personnellement la meilleure ! Un grand merci à Fabienne et Roger, le staff Sailor Jerry d’avoir accepté de me désaltérer, le Jack Daniel’s Crew du V.I.P (avec du Breiz Cola c’est meilleur) et Gilles Lartigot pour sa disponibilité et ses excellents conseils. Salut Clisson. « Salut Christophe ». Rideau.


6 commentaires

  1. Merci pour cet excellent review ! Quelle belle édition ! Hâte de se retrouver l'année prochaine !

  2. Bonjour Gilles, merci d'être passé par ici! J'ai hâte de poursuivre cet excellent échange que nous avons eu au Hellfest. Je te joins par MP. Manu

  3. je n'y étais pas, je n'y serai pas l'annnée prochaine, mais superbe compte-rendu de ces 3 jours métalliques…

    • Merci d'avoir pris le temps de lire ce "long" compte rendu. Cette édition fut magnifique. J'espère que tu auras l'occasion de t'y rendre et de savourer ces trois jours. Keep on metal. Emmanuel

  4. merci pour ce compte rendu ! 

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