jeudi , 20 septembre 2018
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Harlem

Hippies

Label: Matador (distr. Musikvertrieb)


GARAGE Les Harlem viennent de Austin Texas et, selon leur influence Myspace, n’aime qu’un groupe, qu’un album et qu’une chanson : “Smells Like Teens Spirits” sur NEVERMIND de Nirvana. Signé chez Matador (Sonic Youth, Cat Power, Mogwai), on a eu la chance des les voir gratuitement à la Brasserie du Château (Lausanne) ce lundi 31 mai alors qu’ils revenaient du Primavera Festival (la grande superette) qu’ils s’embarquaient dans leur première tournée européenne dans des lieux inconnus au bataillon. Dur transition? Pas tant que ça au final. Une occasion pour nous de parler de ce petit phénomène ainsi que HIPPIES leur deuxième album sorti il y a peu (date officielle 26 avril).

Comment
parler d’Harlem? Disons qu’il sont à Animal Collective ce que les Ramones sont
à King Crimson, c’est à dire l’exact opposé : une musique simple sans
effet à niveau humain, ou plutôt très amateur avec des chansons à
couplet/refrain très courtes. « C’est pas grave si vous ne savez pas très
bien jouer de votre instrument, l’important c’est de jouer » disait Joey
Ramones aux futurs Clash en 1976 et ceci semble aussi s’appliquer dans une
certaine mesure à Harlem. C’est le retour des chansons à trois accords dans un
style rock garage lo-fi sans solo ni synthé aux paroles gentillettes (par
exemple “Friendly Ghost” donc les paroles sont : « bouh,
je suis casper le gentil fantôme, je vis dans un cimetière, c’est marrant de
pouvoir disparaître »). En ceci, HIPPIES et très semblable à FREE DRUGS, leur premier album : la guitare à droite, la
basse à gauche, la batterie et les voix au centre, ce qui donne l’impression
que l’album que l’album a été enregistré en deux semaines. Bref, un groupe de
garage parmi tant d’autres me direz vous? Oui, mais Harlem a de très bonnes
chansons, des chœurs et un charisme comme peu en ont. Malgré la simplicité de
leur musique, ils ont dans leur composition le truc en plus qui fait qu’on ne
se lasse pas et qu’on n’arrive pas à s’empêcher de taper du pied comme une
abruti. Très efficace chaque chanson dépasse rarement les 2 minutes : HIPPIES est une réussite, un très bon disque de punk-rock.

La guitare à droite, la
basse à gauche

Et sur
scène? La même chose, avec quelque erreur, des pédales qui se débranchent, des
discussions qui frisent l’engueulade entre les membres pour savoir quelle chanson
jouer après. A l’ancienne. C’est aussi l’association d’un sosie de Droopy, d’un
vendeur de chez Fust et d’un serveur dans un club house : difficile à
comprendre ce qui les a réuni, mais sur scène une énergie commune, où tout le
monde chante et s’échange les instruments. Un groupe qui voyage léger et qui
tourne énormément, essentiellement dans des petites salles ou des bars et, en
ceci, on aurait pas pu imaginer meilleur endroit que la Brasserie du Château
pour les accueillir. Un sorte de renouement avec le pub-punk-rock originel qui
fait plaisir quand certains groupes actuels remplissent dans des stades avec
des équipes techniques énormes et des cachets égaux au PIB de la Belgique. De
toute manière, est-ce que c’est un vrai métier « rocker professionnel »?
On souhaite bonne chance aux Harlem.


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