dimanche , 23 septembre 2018
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Foreign Born

Person To Person

Secretly Canadian / Irascible


Lu sur le net : « Secretly Canadian fait partie de ces labels qui vous donnent envie d’acheter tout ce qu’ils sortent… ». Paru sur ledit label (import. Irascible), le deuxième album de Foreign Born ne freinera pas le bel élan de cette petite famille américaine qui a en son sein, excusez du peu, des têtes d’affiches de la trempe d’Animal Collective ou Antony and the Johnsons, mais aussi des merveilles cachées telles que The War on Drugs, Windsor for the Derby ou encore I Love You But I’ve Chosen Darkness. Voilà pour situer les choses, ce qui dénote la valeur de Foreign People. Ceci dit, ils semblent –  cela devient rare pour un groupe indé– ne pas trop se reposer sur l’archi-puissance-illusion-car qui croit encore devenir riche grâce à Myspace et consort ?- d’Internet.

Foreign Born est Lewis Pesacov, Matt Popieluch, Garrett Ray et Ariel Rechtshaid. Ils viennent de San Francisco. Ce que l’on ignore, c’est que l’an 2005 avait vu ON THE WING NOW fournir les bacs. Mais des petits bacs, et de préférences dans un coin de shop: 500 copies avaient été réalisées, en “home-made“. Jeunes gens de bonnes factures, ils font de ce PERSON TO PERSON un des albums de 2009 : des mélodies à se taper la tête contre un bambou ou à surdoser la mesure d’hallucinogène, à choix (prenez ce “Early Warnings“ et ses guitares maliennes) ; un jeu souple, à la fois extrêmement mélodique et subtilement rythmique ; un chapelet d’accompagnateurs qui assigne à cet LP toute sa richesse (percussions, trombone, un chœur et même une double basse), etc (pour faire court).

Le plus énervant avec Foreign Born, c’est que tout semble naturel pour eux, baignant sans doute comme tout contemporain dans un tourbillon polychrone musicologique, mais gardant corps et esprit intègre. Leur trouver des semblables est aisé (Cold War Kids pour la pop rocambolesque, Vampire Weekend pour cette intonation dépouillée, Fleet Foxes pour la réunion organique). Mais bien heureux qui trouvera des objets plus aboutis (bien sûr, messieurs dames, Grizzly Bear sera presque du même accabit !). Il y a des titres occasionnellement narquois, à l’instar de cet hymne olympien et ardent “Winter Games“, quelquefois des grandes chansons brillamment orchestrées (prendre ici “It Grews On You“ mais surtout “See Us Home“), le tout sans jamais paraître blasé.

Dans le flot incessant de sorties d’albums indés, Foreign Born marque dès la première écoute au fer rouge. Au jeu de la belligérence anglo-américaine, sans vraiment forcer, ces Californiens viennent de mettre un sacré coup derrière la tête à leur vieux frère via une admirable leçon de pop.


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