dimanche , 18 novembre 2018
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Chant du Gros

Review


Le festival jurassien a tenu toutes ses promesses. L’alléchante programmation, la météo plus que clémente et la bonne humeur des festivaliers ont contribué au succès de cette 18ème édition du Chant du Gros. Reportage.

Jeudi 10 septembre

Relativement célèbre dans la région lémanique avec ses groupes (Inna Crisis, The Passengers), le sympathique anglais Mark Kelly à la lourde tâche d’ouvrir les festivités. Toujours aussi à l’aise avec une guitare entre les mains et avec une bonne blague entre les lèvres, le mancunien a délivré une très belle prestation teintée de folk, rock et reggae.

Avec quelques aprioris, je me dirige vers la Sainte Scène pour assister au concert d’Amadou et Mariam. Je l’avoue, la musique africaine n’a jamais été ma tasse de thé. Et là, quelle bonne surprise ! Beaucoup d’énergie dans cette musique, un côté très rock et une merveilleuse ambiance. Amadou est en outre un virtuose avec sa belle guitare dorée. L’ombre de Jimi Hendrix planait au dessus de la Sainte Scène.

On repart du côté de la plus petite scène pour découvrir ce Monsieur Roux qui est présenté comme un chanteur à texte cynique. Sa chanson “Petit Rasta” lui a apporté un certain succès, mais le public a pu découvrir d’autres titres très forts. On pense notamment à “Marie-Chantal”, “Ma mère la pute” ou encore “Un été caniculaire”. Excellente prestation, beaucoup d’humour, peut-être le concert qu’il ne fallait pas manquer ce soir-là.

Starsailor en tête d’affiche pour une fin de soirée pop-rock. Le public n’est pas très réceptif aux titres proposés et même lorsque James Walsh s’adresse aux festivaliers, on n’entend pas beaucoup de réactions. Il faut reconnaître que Starsailor propose une musique calme parfois plate et du coup l’ambiance n’est pas folichonne. Au fil des morceaux on monte tout de même en intensité, mais on est encore loin de s’éclater. On retiendra les tubes de Starsailor “Alcoholic” et “Four to the Flour”, seuls titres que le public aura reconnu.

Vendredi 11 septembre

 

Le canton du Jura retiendra cette date comme le jour où Deep Purple est venu jouer au Noirmont. Avant que les pères fondateurs du hard rock viennent sur scène, le rappeur helvétique Stress avait chauffé la Sainte Scène. Cette date étant sold out depuis longtemps, le public du vendredi n’était pas des plus jeune et le perfecto Kiss était de nouveau à la mode. Stress a toutefois trouvé un jeune public à casquette ainsi que quelques curieux. L’ouverture musicale et générale du musicien a permis aux festivaliers rockeurs de s’éclater sur des reprises de Lenny Kravitz et de Blur. Sympa. Deep Purple va-t-il ressortir un tube de 50 Cent ou de Vanilla Ice ? Avant cela, on retiendra aussi l’énergie débordante des musiciens de La Phaze qui ont mis le feu à la Scène Déménage.

Le public attend donc impatiemment l’arrivée des mythiques Britanniques. On entre directement dans le vif du sujet avec “Highway Star” pour débuter le show. Malheureusement quelques problèmes de son ont terni ce superbe morceau. Depuis quelques années Deep Purple ne varie pas trop sa play list, On entend les mêmes titres qu’au Jazz Festival de Montreux. Le public est venu pour entendre ces fameux succès qui ont porté les Anglais au rang de Dieu du Rock (Black Night, Hush, Woman from Tokyo, Strange Kind of Woman). On les a donc tous eu avec d’autres titres moins connu. On a même eu droit à un nouveau single “Smoke On the Water”, personne ne connaissait ce nouveau titre… Plaisanterie mise à part, on sent tout de même qu’ils commencent à tirer sur la corde. Ian Gillian pousse sa voix, mais n’atteint plus les sommets d’antan. La guitare de Steve Morse est aussi parfois si forte qu’il couvre tout le groupe. Alors oui, il est très bon, il le prouve avec ses solos démentiels, mais on aimerait bien entendre les autres jouer.
Quoi qu’il en soit, le public a apprécié ce spectacle. Deep Purple a assuré comme toujours, le festival du Chant du Gros a réussi son challenge et malgré la froide nuit, il a fait bon chaud sous le chapiteau de la Sainte Scène. Rock n’roll brother !

 

Samedi 12 septembre

 

Le canton du Jura retiendra cette date comme le lendemain du jour où Deep Purple est venu jouer au Noirmont.
Dernière soirée du festival, placée sous le signe de la francophonie. Le Franc-montagnard Vincent Vellat ouvre la Scène Déménage avec son humour et son franc-parler local. Les cuivres des Skatelites pères fondateurs du Ska ont ensuite motivé le public. Ce groupe a été formé en 1964 en Jamaïque. Le batteur Lloyd Knibb était déjà présent il y a 45 ans.

En début de soirée, le groupe français As de Trèfle a conquis le Chant du Gros avec son rock acoustique. Super ambiance, textes drôles et incisifs, on a eu la chance d’entendre les très bons titres “Jessica”, “A l’oreille de ta femme”, “Si t’es bonne” et “Haut les mains”. Ils reviennent le mois prochain à Genève et Vevey !

Toujours sur la scène Déménage nous retrouvons avec plaisir les Bordelais d’Eiffel. Cette date au Noirmont est la première de la tournée pour le groupe de rock français qui par ailleurs sort un nouvel album début octobre. L’occasion donc de découvrir quelques nouveaux morceaux ainsi que deux nouveaux musiciens.
Le set d’Eiffel permet aux jeunes rebelles des premiers rangs de se défouler. Beaucoup de pêche, un son qui n’est pas lisse, du vrai rock et des textes à la Romain Humeau. Eiffel dégage une noirceur underground attirante.
Les nouveaux titres sont prometteurs, nous avons eu la chance d’en entendre 3-4 parmi la play-list choisie. Romain Humeau continue à se rouler par terre sur “Hype” pour notre plus grand bonheur.

On change de style, on change de genre pour la tête d’affiche de la soirée, la charmante Olivia Ruiz. Un concert bien rodé, un son propre, un spectacle sans surprise, comme il se doit. Le nombreux public présent a pu chanter à tue-tête les célèbres chansons entendues si souvent à la radio. La Femme Chocolat devenue Miss Météores est une valeur sure de cette nouvelle scène française. Elle touche un large public, mais perd peut-être un peu la spontanéité de ses débuts.

 


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