dimanche , 23 septembre 2018
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Festi’Neuch

Review

Neuchâtel Openair Festival


Pour cette nouvelle édition de Festi’Neuch, les organisateurs ont sorti les grands moyens. Des têtes d’affiche,
un nouveau lieu, un jour de plus, une organisation au poil. Certes mais quand on regarde le programme, on se dit
que c’est un peu décousu. Et oui, qui a encore envie de voir Fred Durst ? Eh pourquoi mettre Peter Doherty avec
un groupe de rap et Keziah Jones? Bref tout ces petits détails peuvent laisser songeur. Mais laissons-nous aller
pour le premier open air de la saison, ne nous posons pas trop de questions.

 

Arrivé sur le lieu, on est tout d’abord surpris par la beauté du coin, le lac, le petit vent agréable, les millions
de bars et autres stands; les gens marchent par-ci, par-là, l’air heureux. Il y a quand même un petit air de Fête
des Vendanges qui traine, si l’on regarde l’âge moyen et le fait que la plupart des gens sont accoudés au bar plutôt
que devant la scène. Après un prestation discrète du Klub des 7, suivit par un nombre minime de personnes, c’est
à l’évènement de la soirée de prendre place : Peter Doherty.

Pile sur le coup des 20h45, l’annonceur arrive sur scène en disant : “On a une mauvaise nouvelle à vous annoncer…
Il va commencer à pleuvoir, voilà une bonne raison pour se rapprocher de la scène” (qui en passant est un châpiteau).

 

Voilà que Peter arrive sur scène, l’air heureux, avec un style sobre, une guitare acoustique et bien sûr son fameux
chapeau. Qui serait assez franc pour avouer ne jamais avoir eu l’impression que Pete était un imposteur ? Que le fait
de le voir plus dans les magazines people que dans les concerts était recherché ? Qu’être une rockstar n’était pas seulement
“jouer” la rockstar ? Bref, pour tous les incertains (dont je faisais partie), cette tournée solo est là pour nous prouver
le contraire.

Doherty se trouve avec sa guitare acoustique, son petit ampli et son verre de wishky coca seul sur la scène, et il
assure. Enchaînant les titres avec une facilité déconcertante, il joue avec le public, vit sa musique et impressionne.
Bien sûr, les premiers rangs sont remplis de fille de quinze ans habillées telle Kate Moss, bien sûr Peter donne l’impression d’être
imbibé sans vraiment l’être. Biensur il joue son rôle en disant : “pour aider le gouvernement Suisse, vous pouvez
envoyer toute la drogue que vous avez sur vous, je la ramenerai chez mo
i”. Bien sûr, il ne chante pas parfaitement. Mais
il est impossible de nier qu’il a un talent de compositeurs obsédé par la mélodie.

 

Au fond aussi punk que son attitude
peut l’être, la musique qu’il joue reste de la pop. Les titres de son album solo défilent agréablement, il
nous offrira quand même quelques classiques tels que “Fuck Forever” ou “Music When The Lights Go out”- c’est d’ailleurs
ces derniers qui remporteront le plus du succès. A un moment du show il jonglera même avec un ballon qu’il a reçu
en cadeau sur scène. Mais le concert restera sage: on peut s’attendre à tout de Peter, mais pour cette tournée solo, il
nous montre une de ses nouvelles facettes, le Doherty qui se contrôle, qui réfléchit, qui apprécie, qui savoure chaques
instants passé sur scène. Bref, on ne peut qu’être séduit par sa prestation, mais on a un seul regret: le concert aurait sûrement
été beaucoup plus intimiste dans une petite salle londonienne, plutôt que sur la scène d’un festival tout public. Cela dit, on ne peut pas tout avoir…


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