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Electrelane – Interview

Interview

Nox Orae, Parc Roussy, La Tour-de-Peilz (CH), dimanche 14 août 2011

INTERVIEW - Dimanche dernier, seconde et ultime soirée du festival Nox Orae, à La Tour-de-Peilz, était définitivement celle des cordes. D'abord parce qu'un authentique déluge s'est abattu sur la tête des festivaliers, en fin de soirée. Sans pour autant déclencher le moindre plan pluie. Et, il y a surtout eu ma corde sensible, qui a vibré à se rompre. Comme 87% des hommes ayant assisté à l'un des concerts d'Electrelane, j'ai succombé au charme de la guitariste Mia Clarke. La fille qui lâche des sourires à vous faire fondre et martyrise sa six cordes la seconde d'après, prostrée sur son ampli. La petite anglaise balance des coups de pied rageurs sur le sol et lâche des accords criards sans rien laisser paraître. Mes longs regards amourachés resteront vains, car l'incendiaire n'est autre qu'une éminente queer.

 

L'événement de la soirée était bien la présence sur scène d'Electrelane. Quatre ans après leur dernier passage dans la Riviera, les quatre filles ont à nouveau prouvé la valeur de leur prose garage rock. Eprouvée par d'incessantes tournées et sollicitations, elles avaient préféré mettre fin à leur aventure, en 2007. A tout jamais, a-t-on pensé. L'envie de se retrouver a finalement eu le dessus. Quelques semaines après leur retour sur les routes, les membres du groupe esquissent de nouveaux projets et n'écartent pas l'idée d'un nouvel album. Interview par le menu, avec Verity Susman (Clavier, Chant, Guitare, Saxophone) et Ros Murray (Basse).

Lords: Salut! On peut faire l'interview en français?
Ros Murray: Pour moi, il n'y pas de problème. Verity?
Verity Susman: Oh non, même si je comprends, je n'arrive pas à m'exprimer correctement en français.

Ce n'est pas grave. Qu'est-ce qui vous a poussé à vous retrouver?
Verity: Je crois surtout que suite à cette séparation, on se manquait mutuellement et on souhaitait se revoir. Mia (ndlr Clarke, guitariste et chanteuse) et Emma (ndlr Gaze, la batteuse) vivent désormais aux Etats-Unis, Ros et moi à Londres, les occasions de se rejoindre sont donc rares. Et, notre séparation a été très douloureuse, car nous étions depuis tellement longtemps ensemble.

Durant cette période, vous avez tout de même gardé le contact?
Verity: Oui, surtout par e-mail, puisque c'est ce qu'il a de plus économique.

Et, qui a pris l'initiative de vous réunir à nouveau?
Verity: Je crois que c'est moi, mais je ne m'en souviens pas…
Ros: Il me semble que Mia nous a envoyé un e-mail, demandant si on était motivées à jouer à nouveau ensemble. Et on a toutes été d'accord.

 

Les fans, les concerts… De petites choses vous ont manqué?
Verity: Rien que le fait de faire de ne plus faire de musique ensemble, en groupe, a représenté un vide.
Ros: Egalement les concerts. Sur scène, il se passe vraiment quelque chose entre nous.

Sur la scène de la Nox Orae, ce lien était-il présent?
Verity: Oui, tout à fait. C'est l'antépénultième performance de notre tournée et à chaque fois, c'est au-delà de nos espérances. On y prend aussi plus de plaisir que par le passé. Ca valait vraiment la peine de se retrouver (rires).

Qu'avez-vous fait durant ces quatre années de séparation?
Verity: Je suis retournée à l'université, accomplir un master en sciences politiques. Je me suis aussi impliquée dans une école de charité, à Londres. Et puis, il y a aussi eu projet parallèle, Vera November.

Du sérieux?
Verity: Un single est sorti, mais c'était en 2009. Mais, par la suite, je n'ai plus joué de musique durant deux ans. L'an dernier, j'ai repris les concerts avec Vera November.

 

 

Et toi, Ros?
Ros: Tout comme Verity, je suis retourné à l'université. Je me suis aussi investie dans une autre formation, appelée Trash Kit. On a publié un album, l'année passée. Ce n'était pas un projet à plein temps, puisque j'étais très concentrée sur mes études.

Cette séparation a-t-elle modifié vos relations?
Verity: Musicalement parlant, on ne mesure pas de changement pour l'instant, puisque l'on interprète des morceaux que l'on a écrit depuis un certain temps déjà. Entre nous, on ressent une nouvelle énergie, l'ambiance est aussi plus décontractée. Avant que l'on se quitte, nous avons cohabité sur une période de dix ans et sur la fin, nous étions un peu fatiguées. Aujourd'hui, on ressent moins le stress des répétitions, tout va mieux.

En 2007, vous vous êtes produites à Vevey. Il vous en reste des souvenirs?
Ros: Cet endroit est magnifique. Nous avions aussi beaucoup aimé le Montreux Jazz, où nous avions joué la même année. L'accueil avait aussi été super. Nous avons ici retrouvé quelques personnes du Rocking Chair, déjà présentes lors de notre premier concert.

Cela vous a encouragé à revenir?
Ros: Bien sûr, mais en fait, on revient dans tous les lieux où nous nous sommes déjà produites.

 

 

J'imagine que les projets ne doivent pas manquer pour vous…
Verity: Après cette série concert, nous allons avoir un peu de temps libre. Je dois avouer que nous avons beaucoup apprécié de rejouer ensemble. Beaucoup plus qu'on ne l'imaginait. Maintenant, je crois que nous sommes prêtes pour un nouvel album. Mais, c'est difficile au niveau organisationnel, puisque deux d'entre nous sont aux Etats-Unis. Alors, c'est surtout un problème de temps…

Mais vos fans rêvent d'un nouveau disque…
Verity: Peut-être pas cette année, ni l'an prochain, éventuellement en 2013.

Avez-vous déjà de nouveaux titres?
Verity: Non, mais depuis deux semaines, on répète tous les jours. Et, après quelques temps, c'est vite devenu ennuyeux de jouer les même chansons. Chacun a envie de faire de nouvelles choses.

Alors vous devez déjà avoir quelques idées?
Verity: Pas vraiment. La composition est un processus que l'on fait en commun, en improvisant. C'est donc difficile de savoir, à l'avance, ce que chacune va jouer et comment ça va se présenter. Je crois que ce sera surtout instrumental, lourd et sombre. Une chose est sûre, on ne fera plus dans la pop, comme sur notre dernier disque, NO SHOUTS, NO CALLS (2007).

 

 

Et, pourquoi pas un disque plus électro?
Verity: On ne va pas changer l'instrumentation.
Ros: Nous n'avons jamais utilisé de boîte à rythme et ça ne devrait pas arriver. Mais je peux bien imaginer quelques sons plus électronique.

Ce soir, vous avez interprété "Smalltown Boy", de Bronski Beat. Cela n'a rien d'anodin pour vous qui appartenez à la communauté lesbienne…
Verity: Oui, mais nous aimons aussi beaucoup cette chanson et elle s'est rapidement imposée lors des répétitions.
Ros: Quand nous avons répété, tout s'est très rapidement mis en place.
Verity: Et aussi, j'adore les hommes qui chantent avec une voix de très haut perchée. Dans la chanson, Jimmy Sommerville pousse vraiment dans les aigus.

Peut-on s'attendre à vous revoir prochainement en Suisse?
Ros: Oui, c'est certain!
Verity: Nous avons à chaque fois eu un excellent accueil dans ce pays, c'est sûr que l'on va revenir.

 


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