mardi , 18 septembre 2018
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Eels

Hombre Lobo

Vagrant Records


Voilà quatre ans déjà qu’on attendait le successeur du sublime BLINKING LIGHT AND OTHER REVELATIONS, album ultra complet et ultra personnel de Eels. Après une tournée acoustique très réussie et une tournée rock’n’roll (passant par Montreux Jazz Festival entre autre), Mark Everett à écrit un livre, sorti un album de raretés, un best of et différentes musiques comme Shrek 3 ou Yes Man, bref “E” n’a pas chômé, loin de là. HOMBRE LOBO apparaît enfin pour le plus grand plaisir des fans et comme à leur habitude, ils ne sont pas là où on les attend. Abordant le thème du désir, qu’il soit bon ou mauvais, sexuel ou amoureux, L’album commence par “Prizefighter” une chanson bluesy, le son est crade, Mark Everett hurle avec beaucoup de distorsion sur sa voix, mais le tout est énorme. On ne peut pas s’empêcher de taper du pied et d’apprécier le son très vintage. Ce premier titre annonce un retour à un son plus proche de SHOOTENANNY sortit en 2003 (le retour de Koool G Murder en tant que bassiste et compositeur y est sûrement pas innocent). “That Look You Give That Guy” est une ballade plus traditionnelle. Mais comme souvent avec “E”, les paroles sont d’une rare beauté et l’émotion à son comble. De plus le son de basse vintage est simplement magnifique. La chanson fera pleurer le plus baraqué des camionneurs. “Lilac Breeze” annonce le retour du bon vieux son lourd de l’orgue qui a fait la réputation de Eels à l’époque de DAISIES OF THE GALAXY entre autre. La chanson est fun mais pas la plus marquante de l’album. “In My Dreams” est un titre variant simplicité, douceur et émotion, du pur Mark Everett. On ne peut que se laisser convaincre par la voix rocailleuse du barbu.

En parlant de poil, “E” avoue avoir été très influencé par la barbe à la ZZ Top, en fait d’après lui, l’album nous parle de l’évolution du “Dog Faced Boy”, qui est maintenant devenu un “Hombre Lobo” (loup-garou). Il le clame haut et fort dans la chanson suivante, “Tremendous Dynamite”. Un riff entêtant, de l’énergie à revendre, ce titre est l’un des meilleures de Eels. On a rarement entendu autant de bestialité dans ce groupe et c’est avec plaisir que l’on découvre une nouvelle facette de Everett. “The Longing” est une ballade un peu plus folk que le reste de l’album, un tire agréable sans surprise. “Fresh Blood” est le premier single de l’album. Appuyé par une vidéo très étrange, dans laquelle on voit Mark “Hombre Lobo” Everett poursuivre de façon malsaine une fille dans la nuit sombre, la chanson aborde le thème du désir de sang du loup-garou. Le refrain est d’ailleurs un simple hurlement. L’ensemble reste assez expérimental et sombre, bref un prochain classique de Eels. Un riff énorme, purement rock up tempo annonce “What’s A Fella Gotta Do”. Encore une fois le groupe étonne par sa puissance et par un son beaucoup plus fun, à des années lumières du magnifique Electro-Shock Blues, mais quelle plaisir de les entendre s’amuser.

La tournée rock’n’roll du No String Attached Tour a forcément influencé ce retour à un son très garage. “My Timing Is Off” est une chanson pop d’une justesse qu’on envie. On aurait voulu écrire une chanson autant belle et simple. Une fois de plus “E” nous prouve son talent de songwriter qui ne faisait pas de doute. Continuant sur sa lancée, il offre “All The Beautiful Things”, le son Eels le plus facilement reconnaissable. Une voix enrouée, une guitare acoustique et bien évidemment une mélodie riche. “Begginer’s Luck” commence doucement par une guitare jouant les guitares, la basse entre (le son de basse vous fera avoir une érection des oreilles), et ensuite la batterie. Une chanson up-tempo, très fun, un rock nous faisant rappeler “Last Nite” des Strokes ou une bonne vieille song vintage des 60’s. Le refrain est juste incroyable, puissant et encore une fois vraiment fun. Ce titre est comme une bonne journée de vacances, on a envie de sourire et de la vivre à 100% dès son début. Le solo de guitare final est le point d’orgue de l’album. Le moment où l’on se dit : putain mais cette album est le meilleur que j’ai entendu depuis très longtemps. Une réussite. Pour nous souhaiter un “au revoir” bien mérité, “E” offre “Ordinary Man”, une chanson mélancolique, parfaite, qui donne envie de rêver. Le son cristallin de la guitare et les paroles y sont pour quelques chose.

En bref, HOMBRE LOBO est simple. Mais cette simplicité est l’essence même de la musique de Eels, de la musique profondément humaine, pure et franche. “E” a déjà offert des classiques à la musique alternative depuis le milieu des nineties, mais il n’est pas prêt de s’arrêter et c’est tant mieux. Un album rassurant, qui nous laisse dans l’attente d’une tournée mondiale, car au final, on a un désir qui surpasse tout les autres, pouvoir entendre ces petits chef-d’œuvres en live N direct. Merci “E”.


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